Architectures de terre dans l’ouest africain
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Jean-Paul Colleyn (textes) - Cécile Tréal et Jean-Michel Ruiz (photographies)

Architectures de terre dans l’ouest africain

Bleu à l’ombre, ocre au soleil, Imprimerie Nationale / Actes Sud, 2016, 200pages, 55€

Christiane Peyronnard
lundi 24 octobre 2016

Un beau livre qui propose un voyage en Afrique du Nord et de l’Ouest. De très belles photographies de paysages mais aussi de détails architecturaux et d’habitants au quotidien qui invite à s’interroger sur les moyens de construction et les modes de vie de ces bâtis petits ou grands. Un texte souvent poétique, toujours très documenté accompagne la découverte.

Bleu à l’ombre, ocre au soleil

Une architecture fragile ; sala pérennité longtemps assurée par des organisations communautaires et religieuses solides est aujourd’hui menacée. Elle est conditionnée par un développement de nouveaux débouchés économiques et une politique de sauvegarde du patrimoine

L’architecture de terre

L’auteur rappelle que les termes qui la désignent banco [1] ou adobe [2] doivent leur nom à l’Afrique.
Cette architecture concerne aussi bien les mosquées que les maisons, les forteresses que les greniers. Une technique simple est décrite et surtout photographiée du Mali à l’Algérie, du Maroc à la Mauritanie : briques de terre, pisé, tassé entre deux coffrages qui autorise les constructions en hauteur, dans le désert comme la vallée Ait Bouli ou de pierres et terre mêlées.
Cette technique exigeante en main-d’œuvre et sensible aux intempéries a pourtant donné, à travers le temps, de remarquable constructions, des enduits au décor en relief [3], ou peint [4].

Entre art et technique

Longtemps méprisée cette architecture protège de la chaleur comme du froid. L’auteur évoque les contraintes et s’interroge sur les usages et les populations qui les occupent : une architecture utilitaire mais aussi religieuse adaptée au terroir.
De beaux clichés d’une architecture faite pour impressionner le visiteur comme la mosquée de Djenné, de la mosquée Djingareyber à Tombouctou, emblématiques constructions de la zone sahélienne ou les casbahs de la vallée de Dadès ou d’Ouarzazate.
Cette civilisation urbaine est illustrée par une présentation des réalités de la ville d’Oualata (Mauritanie) ; organisation sociale, économie marchande. Le voyage devient ethnographique pour mieux faire découvrir la richesse et la spécificité de l’architecture de terre de ces régions du monde.

Écrire la terre ou la photographier

C’est une évocation en texte et en image des montagnes de l’Atlas marocain, du désert de sable, pierre et oasis, du Sahel grâce à des références d’Ibn Khaldoun à Pierre Gourou.

L’image et l’histoire

Une manière de montrer les traces sur ces paysages d’une histoire sociale, économique mais aussi une histoire des querelles politiques, religieuses, des dominations, une histoire de longue durée. Une histoire où l’or et le sel ont joué un rôle majeur.

Dépaysement

Existe-t-il un avenir touristique ?
Certes le tourisme apporte l’argent nécessaire à l’entretien de ce fragile patrimoine mais comment ne pas trahir ce bâti complexe produit du temps ? Comment ne pas l’artificialiser ?

Un beau livre à offrir pour les fêtes de fin d’année.

Par Christiane Peyronnard

[1en langue Mandé

[2en arabe

[3à Timimoun, Algérie p. 51

[4à Oualata, Mauritanie pages 58-59, 128-129

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