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L’Afrique des idées reçues.

Georges Courade (dir.),

Belin, 2016. Nouvelle édition revue et augmentée, 418 p., 23€.

Les idées reçues sur l’Afrique sont tellement nombreuses que la mise à jour de l’édition de 2006 était rendue nécessaire pour rétablir la vérité et lutter contre les propos de café du commerce énoncés partout, y compris dans les médias ou par certains partis politiques. Entre les images dramatiques de migrations, de terrorisme ou d’épidémie affectant le sous-continent africain et celles annonçant l’avènement de la Chinindiafrique titre de l’ouvrage de Boillot, paru en 2013 chez Odile Jacob, il semblait nécessaire de faire la clarté sur tout cela. Toutefois, « l’ouvrage n’apporte, en fait, aucune vérité définitive sur ce sous-continent, mais des éléments partiels permettant au lecteur de construire sa propre vision par confrontation de ces différentes facettes, éclairées au travers des clichés ou lieux communs les plus prégnants. Nous renvoyons à la lecture des Afriques au défi du XXIème siècle (2014, Belin), tous ceux qui souhaitent analyser comment nous entrevoyons l’avenir des pays et des peuples subsahariens. » (p. 7).

Georges Courade, directeur de recherches honoraire à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), est la cheville ouvrière de cette entreprise éditoriale de longue haleine. Commencée en 2000, cette aventure a rassemblé les contributions des spécialistes de l’Afrique subsaharienne selon leur sujet de prédilection. Il a été nécessaire de renouveler l’équipe pour cette nouvelle édition, certains étant décédés, d’autres ayant changé de sujet de recherche. De même, le plan de l’ouvrage a dû être repensé pour tenir compte des évolutions « dans la mesure où une vision clairement optimiste du futur du continent s’est fait jour, avec son inévitable lot de stéréotypes et poncifs » (p. 9). Ainsi, si des idées reçues ont la vie dure, d’autres relatives à l’urbanisation et aux changements sociétaux sont apparues, dont l’importance se lit dans le plan de l’ouvrage, les deux dernières parties étant désormais consacrées à « Campagnes archaïques et villes prédatrices » et « Les lions africains sur la ligne de départ ? » en lieu et place de « Le progrès doit être imposé à des paysan(ne)s archaïques » et « L’Afrique est partie… mais dans quelle direction ? » .

L’introduction de l’ouvrage est l’occasion de présenter les deux grandes thèses en œuvre à propos de l’Afrique. Celle de l’optimisme macroéconomique, présentée par une citation du roman de Nicolas Baverez « … les Trente Glorieuses africaines sont marquées par une croissance supérieure à 8% par an. Mais son moteur se trouve plus dans la consommation que dans l’exportation. La création du Très Grand Marché africain en 2027 a encore accéléré son élan… La spirale positive entre les gains de productivité du travail et le niveau de vie et la rentabilité du capital entretient une croissance intensive… La révolution verte valorise le stock de terres arables disponibles, faisant de l’Afrique le grenier du monde. Elle nourrit sans difficultés notre population : 1,8 milliard de femmes et d’hommes ! » Nicolas Baverez, 2014, Lettres béninoises, donne une vision très confiante du futur du sous-continent en pariant sur le maintien d’une croissance économique de 5%/an (en intégrant les activités informelles), porteuse de l’essor d’une classe moyenne bénéficiaire de la « petite prospérité », sans pour autant négliger la place tenue par la corruption, pénalisant le développement. La thèse des afro-pessimistes, introduite par deux extraits de textes fort à propos Hegel, 1965 « L’Afrique, aussi loin que remonte l’histoire, est restée fermée, sans lien avec le reste du monde ; c’est le pays de l’or, replié sur lui-même, le pays de l’enfance qui, au-delà du jour de l’histoire consciente, est enveloppé dans la couleur noire de la nuit… nous voyons l’homme dans un état de barbarie et de sauvagerie qui l’empêche encore de faire partie intégrante de la civilisation. » Hegel, 1965, La raison dans l’histoire. et Sarkozy, 2007 « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. (…) Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès. » Nicolas Sarkozy, Dakar, 26/07/2007, regroupe à la fois la mouvance tiers-mondiste dénonçant la domination économique du Nord sur l’Afrique, la tendance néo-libérale rendant les Africains uniques responsables de leur sort mais aussi l’afro-pessimisme d’inspiration essentialiste estimant que les normes, les cultures et les mentalités des individus et sociétés africaines sont contraires au progrès. Cette mouvance est aussi représentée en géopolitique avec ceux voyant dans la surpopulation et les terroristes que certains territoires abritent, des menaces pour les pays riches. Les deux grandes thèses ne tiennent pas la même place dans le texte puisque treize pages sont consacrées à l’afro-pessimisme contre 5 à l’optimisme.

Chacune des idées reçues est ensuite traitée dans de courts chapitres (de 5-7 pages), accompagnés d’une bibliographie et d’une sitographie. Certaines idées reçues sont particulièrement bien traitées (« Ce sont les Africains les plus pauvres qui migrent vers l’Europe » par Christine Follana, sociologue ; « La forêt recule » et « le désert avance » par Alain Morel, géographe ; « Les guerres de religion déstabilisent l’Afrique » par Maud Lasseur, géographe, « les enfants des rues : enfants du ghetto ou enfants invisibles ? » par Marie Morelle, géographe ; pour n’en citer que quelques-uns) tant le texte est bien problématisé et convaincant. Les chapitres sont ponctués d’encarts faisant le point sur certains pays ainsi que de cartes fort utiles. La lecture de l’ensemble est très aisée et peut se faire de manière linéaire comme plus ponctuelle.

Une lecture à recommander.

Catherine Didier-Fèvre © Les Clionautes

A propos de l'auteur

Catherine  Didier-Fevre

Professeure agrégée d’histoire - géographie en classes préparatoires littéraires au Lycée Sainte-Marie Lyon (69005) Elle a soutenu une thèse de géographie à Paris Ouest Nanterre La Défense le 29/09/2015 : The Place to be ? Vivre et bouger dans "l’entre deux" : Mobilités et jeunesses dans les espaces périurbains. Mention très honorable. http://www.theses.fr/s75353 Activités dans l’association : - rédactrice de la Cliothèque de géographie - administratrice et rédactrice de Clioprépas

L’Afrique des idées reçues

Georges Courade

Belin, nelle édition 2016, 412p., 23€

Les éditions Belin propose une réédition remaniée et augmentée de l’ouvrage paru en 2006 sous le même titre déjà présenté dans la cliothèque. deux CR : http://clio-cr.clionautes.org/l-afrique-des-idees-recues.htmlhttp://clio-cr.clionautes.org/l-afrique-des-idees-recues.html et [http://clio-cr.clionautes.org/l-afrique-des-idees-recues-3650.html->http://clio-cr.clionautes.org/l-afrique-des-idees-recues-3650.html]

L’avant propos justifie cette réécriture partielle 10 ans après dans un contexte de développement d’une vision plus optimiste du devenir du continent malgré bien des ombres (apparition du jihadisme, épidémie Ebola …)

La liste des mots clés qui ouvre le livre a été complétée d’une courte définition mais le renvoi à telle ou telle page du livre a disparu, on peut le regretter car comme il avait été remarqué en 2006 :« il est possible de l’aborder à partir d’une liste d’une cinquantaine de mots clés qui offrent un éclairage sur un point précis ».

La structure générale de cet ouvrage collectif demeure avec cinq parties qui regroupent de courts articles qui font un point des connaissances à propos d’une affirmation.

La refonte est inégale selon les contributions mais bien peu n’ont pas été réécrites et mises à jour au plan statistique.

Dans la première partie « L’Afrique est riche … mais les Africains dilapident les ressources ! »
la question de la dette laisse la place à une très actuelle contribution de Georges Courade sur l’accaparement des terres qui en montre le mécanisme, les motivations, loin de la sécurité alimentaire des populations et analyse le pari de l’agrobusiness comme solution aux dépens des systèmes fonciers traditionnels.

Si le passé n’a pas changé, dans la seconde partie Lire le passé pour comprendre le présent et construire l’avenir la contribution de Maud Lasseur a été actualisée, l’auteur montre que le fait religieux amplifie plus qu’il ne crée le contexte de violence à partir de l’exemple de la Centrafrique. Un paragraphe est consacré aux extrémistes musulmans au Mali. Ce même thème est repris dans la contribution de Karine Bennafla et Georges Courade qui ont totalement revu leur texte : Le Sahara est une barrière.

Dans la troisième partie : « Comportements irrationnels, mentalités rétrogrades » la plupart des articles ont été actualisés. L’analyse des sociétés villageoises dont le mythe égalitaire était mis à mal cède la place à une contribution sur les enfants des rues Marie Morelle avait en 2006 proposé une vision culturelle des enfants des rues dans la dernières partie : « L’Afrique est partie… mais dans quelle direction ? », elle en montre aussi le climat de violence.

La réflexion sur le développement agricole reste prépondérante mais actualisée dans la 4ème partie : « Le progrès doit être imposé à des paysan(nes) archaïques »». Si la culture de rente n’est plus d’actualité, deux nouvelles contributions : Les agriculteurs familiaux subsahariens sont dans l’incapacité de nourrir les villes et le développement urbain se fait au détriment des campagnes qui montrent l’enjeu actuel de sécurité alimentaire dans un continent de plus en plus urbanisé.

En 2006 une question : « L’Afrique est partie…dans quelle direction ? », en 2016 une nouvelle question : « Les lions africains sur la ligne de départ? ». Ce déplacement montre l’évolution en 10 ans vers une nouvelle émergence en Afrique. Il explique que tous les articles connaissent une refonte et qu’une contribution soit consacrée à l’urbanisation galopante.

Un livre riche qui est un bon moyen de prendre du recul sur la manière dont les manuels ont et traitent de l’Afrique.

A propos de l'auteur

Christiane Peyronnard

Je suis historienne moderniste de formation: histoire rurale et histoire culturelle. Par mes engagements associatifs en faveur des actions de coopération et de développement je suis particulièrement intéressée par l'histoire de l'Afrique et d'Haïti et plus généralement l'histoire de la colonisation mais aussi la situation aujourd'hui et l'avenir.

L’Afrique des idées reçues

Georges COURADE

Ed Belin, 2006, 400p., 25€

Un ouvrage important, revisité par Christiane Peyronnard qui représentera les Clionautes et la Cliothèque à Saint Dié du 6 au 9 octobre 2011.
La Cliothèque mettra en ligne les conférences de plusieurs auteurs, une première pour Saint Dié.

Publié en 2006 et mis à l’honneur dans le cadre du FIG de St Dié cette année consacré à l’Afrique, les éditions Belin ont publié dans la collection Mappemonde, après des géographes de renoms: Roger Brunet, Paul Claval ou Michel Lussault, sous la direction de Georges Courade, chercheur à l’Institut de Recherche pour le Développement et professeur à l’université Paris 1: L’Afrique des idées reçues.
Une équipe nombreuse le seconde pour tenter de combattre les préjugés, les petites phrases souvent rapportées sur l’Afrique sub-saharienne.
Ce livre destiné aux enseignants, aux étudiants mais aussi eux intervenants associatifs en Afrique et même au grand public a pour but de diffuser les travaux universitaires et les données récentes sur un continent en mutation et de contrebalancer des écrits journalistiques trop souvent superficiels. Les auteurs souhaitent contribuer à une réelle remise en cause des représentations sur l’Afrique. S’appuyant sur des exemples précis bien que rapidement évoqués que les références bibliographiques permettent d’approfondir, les articles montrent bien le risque des généralisations surtout à l’échelle d’un continent.
La structure de l’ouvrage : quelques pages en réponse à une phrase que l’on peut quelques fois lire dans les manuels, permet à l’enseignant de revisiter son cours pour éviter de propager encore et toujours les mêmes clichés.

Si l’ouvrage est construit autour de cinq grandes parties, il est possible de l’aborder à partir d’une liste d’une cinquantaine de mots clés qui offrent un éclairage sur un point précis. Les nombreuses références bibliographiques comme de sites internet sont autant d’invitations à approfondir chaque sujet.
Une longue introduction évoque les grands traits du traitement de l’Afrique dans les médias. D’une image répulsive, enfants mourants dans les bras des humanitaires, à l’analyse sérieuse mais ponctuelle des crises politiques, le registre est celui de la catastrophe. On retrouve deux discours sur les causes : corruption, terrorisme, conflits ethniques ou conséquences de la colonisation, un continent dépendant de l’aide et soumis au commerce mondial; Georges Courade tente une présentation synthétique de l’Afro-pessimisme et de son refus. L’Afrique est un vaste continent où la généralisation de constats locaux et particuliers conduit à une large production d’idées reçues.

L’Afrique est riche … mais les Africains dilapident les ressources !

Onze contributions, chacune illustrant un mot-clé, en titre une affirmation à mettre en débat.

« L’abondance des richesses naturelles doit permettre le développement de l’Afrique » mais la richesse minière en particulier est souvent synonyme accaparement par les élites étatiques et l’exploitation des richesses devra être rendue plus compétitives dans une économie globalisée.

« L’Afrique reçoit plus d’argent qu’elle n’en rembourse. » Malgré une baisse récente, l’Afrique est le continent qui a reçu et reçoit le plus d’aide avec de piètres résultats. La dette s’est accrue d’autant que la fuite des capitaux n’est pas compensée par l’argent en retour de la diaspora. Aujourd’hui, malgré les allégements de la dette, elle rembourse plus que l’aide qu’elle reçoit. Les références vers des ONG et les statistiques officielles permettent d’aller au-delà de ces quelques pages.

« L’accumulation est impossible parce que la redistribution est sans limite. » La faiblesse du taux d’épargne national, autour de 12% du PIB, est aggravée par la fuite des capitaux. C’est le statut des personnes, du groupe familial qui est au centre du débat sur l’accumulation; les redistributions : solidarité et réciprocité sont une composante importante du lien social. L’auteur présente de façon précise la tontine.

« La corruption est une affaire africaine impliquant l’État et les responsables publics ». Les exemples sont nombreux du haut au bas de l’échelle sociale, clientélisme généralisé non sans liens avec la « Françafrique » mais la corruption est présente ailleurs dans le monde même si elle est moins médiatisée.

« Le Sida va rayer l’Afrique de la carte du monde. » Bilan chiffré, dynamique épidémiologique et évolutions, la propagation est en fait hétérogène (Ouganda, Sénégal). Elle n’est qu’un frein à l’essor démographique.

« Ce sont les Africains les plus pauvres qui migrent vers l’Europe. » Si la pauvreté est bien une motivation à émigrer, c’est vers la ville puis un autre pays d’Afrique que les migrants se dirigent (Côte d’Ivoire, Libye, Afrique du sud). La migration vers l’Europe est le fait de personnes issues de la petite classe moyenne, plus instruits que la moyenne, capable de financer le coût du passage et s’appuyer sur des réseaux, disposant d’un « capital social » de parents déjà installés en Europe. La migration est une stratégie collective du groupe familial qui permet de diversifier les sources de revenus, de faire face aux crises.

« Les « pauvres » dilapident les ressources naturelles. » Après un état des lieux : culture sur brûlis, bois de cuisine, surpâturage, l’auteur montrent que ces pratiques traditionnelles sont aggravées par la pression démographique croissante. De nombreuses études mettent en lumière que c’est la précarité plus que les pratiques qui entame les ressources, gérées autrefois en usufruit et que ce sont les prélèvements exogènes (écrémage du talus continental par la pêche industrielle, exploitation forestière…) qui déstabilisent les écosystèmes.

« Les feux de brousse épuisent les sols. » Après un rappel des arguments des agronomes occidentaux, Isabelle Owona, elle-même agronome, montre que cette pratique est sans doute la plus adaptée au contexte: climat, main d’œuvre, mise à disposition d’éléments minéraux des sols.

« La forêt recule… » L’exploitation à grande échelle met en péril la forêt (Côte d’Ivoire, Cameroun) d’autant que la défaillance des États ne permets pas de réguler, de rationaliser, de régénérer la forêt, ce qui est le plus dommageable. On constate pourtant une reprise naturelle du couvert forestier dans bien des pays de la zone tropicale humide, les forêts primaires sont devenues des forêts secondaires en l’espace de 50 ans, elles progressent sur les lisières de la savane.

« Le désert avance… » Retour sur le vocabulaire : désert, désertification et rappel de la longue histoire du Sahara. Les études montrent des fluctuations à la suite des épisodes de sécheresse plus qu’une avancée de désert. Les conséquences du réchauffement climatique sont encore difficiles à évaluer. On observe surtout la dégradation du couvert végétal, sa surexploitation conduit à l’apparition de taches de désertification. L’optimisme affiché à propos du projet libyen « Grande rivière artificielle » peut tout de même surprendre si on pense à d’autres zones semi-désertiques telles l’Asie centrale et l’évolution de la mer d’Aral.

« L’enclavement empêche le développement de l’Afrique. » La notion d’enclavement géographique est présentée avec quelques exemples concrets, jugée comme une entrave elle a pu être un atout comme au Botswana: protection contre les menaces de la traite autrefois, contre une trop grande ouverture commerciale aujourd’hui, c’est surtout une donnée variable dans le temps et suivant l’échelle d’analyse.

Lire le passé pour comprendre le présent et construire l’avenir

« La traite négrière c’est le seul fait des Européens. » Sans doute la mieux organisée, sur 4 siècles, ayant contribué à enrichir les colonies d’Amérique comme quelques grands ports européens, la traite atlantique a été mise en lumière par la lutte anti-esclavagiste tout en occultant les traites orientales ou l’esclavage intérieur. Les traites furent multiformes, plus tournées vers les besoins domestiques pour les traites orientales et interne vers le travail productif pour la traite atlantique. L’impact global fait débat : démographie, généralisation de l’esclavage intérieur, oppositions entre peuples, débats passionnés qui rend difficile l’écriture d’une histoire partagée.

« L’esclavage n’existe plus en Afrique ! » Les traces de la grande période de la traite sont encore largement inscrites dans les sociétés tant américaines qu’africaines : Libéria mais aussi maintien de différences envers les descendants d’esclaves dans la zone soudano-sahélienne ou envers les pygmées en Afrique centrale qui constituent une forme d’esclavage de fait. L’auteur inclut dans ces formes : le mariage forcé, la prostitution, le travail des enfants migrants ou les enfants soldats.

« Les ethnies ont une origine pré-coloniale. » Après un essai de définition du terme ethnie, un rappel rapide de l’histoire du peuplement montre qu’à la veille de la colonisation existe une imbrication de multiples groupes identitaires que l’ethnologie a contribué durcir. Si aujourd’hui les ethnologues reconnaissent les évolutions, c’est la colonisation qui a remodelé en quelque sorte des identités modèles reprises dans la période post-coloniale dans la lutte pour le pouvoir : ethnicité à l’œuvre au Nigeria, en Côte d’Ivoire en dépit d’un brassage de population d’autant plus grand que se développent les villes.

« Le tribalisme explique les conflits. » Du Darfour à la RDC, du Liberia à la Somalie, les protagonistes mettent en avant leur appartenance à un groupe, un tribalisme qui masque souvent des situations toujours plus complexes : héritage des frontières, déstabilisation des états, réactivation de luttes anciennes par la pression démographique.

« Les guerres d’aujourd’hui sont plus nombreuses, plus meurtrières ; plus prédatrices et plus barbares ! » Ce qui a changé c’est d’abord notre représentation des conflits. Les heurts, les émeutes autrefois non connues sont aujourd’hui médiatisées, analysées, mises en statistiques et, en Afrique, impossible de la comparer sur la longue durée d’une histoire orale. On observe les guerres en référence à la Grande Guerre de 14-18, mais si on se référait à nos guerres médiévales ou modernes, la barbarie dénoncée prendrait un autre aspect. Il y a nécessité de s’affranchir de perspectives ventrées sur nos sociétés actuelles.

« Nordistes musulmans et sudistes chrétiens s’affrontent dans les États africains. » L’opposition sur la ligne de contact entre Islam et Chrétienté, du Sénégal au Soudan, est plus apparente que réelle. Dans les faits il convient de prendre en compte les mélanges entre rites animistes et religions du Livre et la réalité d’une complexité religieuse présentée à l’aide de deux exemples : Casamance et Soudan.

« Il existe un droit ancestral à la terre des communautés dites autochtones. » Le concept d’autochtonie est récent, parallèle à la création des États-nation (citoyenneté, préférence pour l’emploi, élimination des listes électorales). En Afrique de l’Ouest, en ce qui concerne la terre, la répartition coutumière a été déstabilisée par les cultures de rente et l’intervention de l’État (Kenya, Côte d’Ivoire).

« Les frontières africaines sont pénalisantes. » Elles sont à 75% issues du partage colonial, à fonctions fiscale et monétaire elles sont aujourd’hui revendiquées par les États. Nées des intérêts coloniaux, elles ont créé des Etats côtiers et des Etats enclavés, ont suscité de fortes migrations de travail. Malgré quelques conflits, elles n’ont pas changé depuis la décolonisation et les tentatives d’unions territoriales ont échoué. Si les populations n’ont pas été consultées lors du découpage, c’est aussi le cas ailleurs dans le monde ; la frontière est une réalité artificielle et politique, elle n’empêche en rien d’intenses échanges économiques.

« Le Sahara est une barrière. » Coupure, territoire refuge, espace de transit, le Sahara a été et est un enjeu géopolitique. Ce territoire faiblement peuplé fut, du VIIè au XVIè siècle, un espace ouvert, central, lié aux grands empires sahéliens et au dromadaire. Aujourd’hui partage, avec un début de réseau routier il reste une zone de transit.

« La ville en Afrique est une création coloniale. » Si l’urbanisation semble un phénomène du XXè, les villes coloniales administratives ont souvent été créées ex-nihilo avec une structure duale : ville blanche-ville africaine. Pourtant la civilisation urbaine fait partie du passé de l’Afrique : Ethiopie, Mogasdicio ou grandes cités sahéliennes : Gao, Djenne, Tombouctou furent des villes capitales, des pôles économiques et culturels.

« L’État en Afrique ne fonctionne pas parce qu’il est une copie de l’État occidental (ou de l’État colonial). » La description de l’État colonial, de fait sans tête politique, instrument de domination montre une réalité plus proche de l’Ancien Régime que d’un État moderne. C’est son fonctionnement qui est à l’œuvre dans la période post-coloniale. Malgré la création d’institutions représentatives, la pratique du parti unique vide les constitutions copiées sur celles des métropoles du modèle démocratique. Etait-il possible aux élites de l’indépendance de créer un système sans recours aux modèles existants?

« L’Afrique n’est prête pour la démocratie. » La notion de démocratie n’est pas absente de l’histoire africaine avant même les mouvements d’émancipation des années 60. L’auteur analyse l’évolution vers les régimes autoritaires des « pères de la nation » au nom du développement économique ou face aux craintes d’éclatement du pays. Dès les années 90, des mouvements politiques au sein de la jeunesse portent sur une revendication de multipartisme.

Comportements irrationnels, mentalités rétrogrades

« La solidarité africaine relève de la générosité. » Par opposition à l’égoïsme occidental la solidarité africaine est présentée comme une générosité en oubliant les obligations morales et sociales qui lui sont liées et sans percevoir les évolutions. Solidarité villageoise dans le travail, famille-providence, les transferts entre les membres du groupe dont de toutes natures (temps, produits, hébergement, argent…) mais le don n’est jamais gratuit, il est à rendre. Cette société communautaire est perçue aujourd’hui, en particulier en ville, comme une contrainte, une entrave à l’initiative individuelle d’autant qu’elle s’inscrit dans un système hiérarchique, inégalitaire. Malmenée par la crise, cette solidarité qui tient lieu de sécurité sociale a du mal à fonctionner entre les générations, les jeunes chômeurs ont du mal à assurer leur dette envers les parents.

« Le pauvre est celui qui n’a pas d’argent. » Le constat est sévère : la pauvreté croit dans les PMA africains, le nombre de ceux qui vivent avec moins de 2 ou 1 dollars/jour ne cesse de croître mais c’est une réalité à nuancer. En fait il existe des situations de pauvreté : revenus faibles ou aléatoires, pauvreté économique ou d’accès aux droits essentiels. La pauvreté dépend de la perception qu’en ont les individus et elle est une réalité fluctuante.

« L’Afrique vit de l’économie de rente. » Aide et revenus d’une mono-exportation sont la réalité de nombreux pays africains mais où sont les rentiers ? Si quelques chefs de guerre, leaders politiques ou propriétaires d’immeubles de rapport vivent en rentiers, ils sont bien peu nombreux. L’auteur évoque la situation des petits exploitants de culture de rente souvent paysans pauvres ou la situation de nombreux africains qui en marge de leur travail ont fait un investissement peu risqué (location d’un taxi ou petit commerce). C’est plus la rente de situation : poste administratif, intermédiaire entre l’aide et les projets qui est aujourd’hui recherchée.

« Le contrôle social est si fort qu’il décourage les initiatives. » La grande famille marque le contrôle social exercé par les plus âgés et avant tout destiné à pérenniser le groupe, maintenant les « cadets sociaux » (cadets, femmes) dans une position de soumission mais les refus qui ont toujours existé se manifestent plus nettement (recul de l’âge du mariage, choix du conjoint) en particulier en ville facilitant les initiatives en matière économique non sans devoir en cas de succès redistribuer les acquis. Ce sont sans doute les femmes qui sont les plus sûrs agents d’évolution.

« Il n’y a pas d’entrepreneurs en Afrique. » Face aux entreprises d’État ou étrangères, pas ou peu de petites et moyennes entreprises mais une multitude de micro-entreprises du secteur informel dont la gestion n’a que peu de rapport avec le schéma occidental d’une bonne gestion et peu d’innovations techniques. Par contre, on observe la grande faculté d’adaptation des patrons africains s’appuyant sur une longue tradition marchande.

« Les commerçants sont des spéculateurs et des exploiteurs. » La faible capacité de contrôle des Etats profite à des commerçants habiles et la capacité à spéculer est liée aux difficultés des agriculteurs en période de soudure, associée à des prêts proches de l’usure. Des exemples montrent le rapport de force favorable aux commerçants face à une clientèle peu solvable, pourtant ils constituent un maillon essentiel dans la lutte contre l’insécurité alimentaire, les prix pratiqués sont souvent fonction du client, toujours négociables. Peu de gros commerçants mais beaucoup de micro-commerces.

« Les fonctionnaires ne remplissent pas leur mission de service public. »
La carrière du fonctionnaire est souvent menée par le clientélisme, la corruption largement présente mais expliquée par la baisse des rémunérations lors des politiques d’ajustement, voire leur irrégularité dès que l’État tangue alors même que les sollicitations de la famille augmentant en période de crise. L’article décrypte les mécanismes et montre que malgré tout il existe des fonctionnaires dévoués et efficaces : enseignants, agents de santé…

« Les Africains sont tous polygames. » La polygamie est un phénomène important, le mariage a une grande importance économique dans les sociétés africaines : main d’œuvre en milieu rural, les enfants constituent une « assurance vieillesse » pour le père. En ville la polygamie recule, elle est plus difficile, plus chère à assumer mais les maîtresses (« 2ème bureau ») se développent.

« Les sociétés villageoises sont égalitaires » L’objectif de cet article est de rompre avec le mythe du village égalitaire. Si la redistribution solidaire permet la prise en charge des plus vulnérables dans un monde rural fermé sur lui-même, la hiérarchie fondée sur un lignage fondateur y est forte. La classe d’âge organise les rapports de travail, les femmes sont généralement en position inférieure.
En fait les situations sont très variées. Les inégalités sont parfois peu aisées à percevoir pour l’étranger de passage.

Le progrès doit être imposé à des paysan(ne)s archaïques

« L’agriculture africaine est archaïque et figée. » Après 5 décennies de développement l’agriculture africaine utilise encore peu d’intrants, le travail reste souvent manuel. Est-ce pour autant une absence de savoir agronomique ? L’auteur, agronome de métier observe les pratiques : faute de fumier, les paysans pratiquent les cultures associées, et évalue la pertinence des propositions de modernisation : les labours profonds déplorés sont rarement adaptés au contexte et ne justifient pas une mécanisation importante. On constate une intensification traditionnelle et des terres capables de nourrir de fortes densités (Burundi). Il convient de parler d’agricultures africaines.

« Le travail paysan reste encore manuel. » En 1996, 65 % des terres en Afrique subsaharienne étaient cultivées à la main malgré l’engouement des décideurs pour le tracteur, souvent très vite immobilisé (réparation, coût du carburant) et mal adapté au foncier, à l’organisation du travail, aux sols. La traction animale progresse ben qu’elle impose de profonds changements : relation agriculteur/éleveur et interroge sur la place, la formation des femmes si présentes dans les champs.

« Les pasteurs sont les éleveurs « contemplatifs ». » L’élevage, spécialité de groupes nomades ou semi-nomades est de ce fait souvent mal considéré en dépit de cultures spécifiques très riches des éleveurs. Les études ont montré que loin du cliché, la gestion des troupeaux est une réalité complexe basée sur la prudence face aux risques climatiques et aux épizooties.

« Les cultures de rente concurrencent les cultures vivrières. » Pour les militants associatifs, elles conjuguent tous les maux. Introduites à l’époque coloniale, imposées, elles restent une activité aux résultats économiques incertains du fait de la variation des cours mondiaux. Si dans certaines zones, elles concurrencent les cultures vivrières (terres propices, calendrier des travaux), elles ont surtout contribué à faire porter sur les femmes la charge des cultures vivrières leur donnant aujourd’hui accès au marché.

« Il faut coloniser les terres neuves pour développer l’Afrique. » Front pionnier quasi spontané comme en Côte d’Ivoire ou dicté par l’État : Zambie, Zimbawe, la conquête de nouvelles terres depuis la colonisation a précédé l’intensification et s’est accompagnée de déplacement de population. Se pose sur ces terres apparemment en déserrance la question de la propriété foncière du groupe plus que de l’individu (ex de la plaine de la Bénoué au Cameroun, Zimbawe). L’auteur conclut sur ces « terres neuves » qui ne le furent que dans l’esprit des colons, des technocrates et dirigeants, et sont aujourd’hui souvent des terres de violence.

« Il faut développer l’irrigation comme en Asie pour résoudre la crise alimentaire. » L’exemple indien de la Révolution Verte rendant aux yeux des développeurs pertinent pour l’Afrique le recours à l’irrigation, des projets ont été montés en aval des grands barrages (Nil bleu, Sénégal, Niger) puis à l’échelle plus locale (barrages des bas-fonds, puits équipés de pompe) mais les résultats sont décevants : faiblesse de la main d’œuvre disponible, absence de tradition d’irrigation, accompagnement insuffisant dans la durée et irrégulier, insuffisance de la rémunération du travail par des prix bas. Toutefois les exemples de micro-aménagements montrent des résultats quand existe de solides coopératives.

« Les organisations paysannes ne défendent pas les intérêts des agriculteurs. » Souvent écriées, les leaders seraient peu représentatifs car mieux pourvus en terre et en main d’œuvre, plus instruits, ils attireraient les financements et seraient instrumentalisés par des acteurs extérieurs.
Les organisations paysannes ont d’abord été affaire d’État sur un modèle marxiste, elles ont mal supporté de désengagement public des années 90, pourtant existent des dynamiques d’organisation qui tentent de s’organiser à l’échelle nationale et transnationale comme en 2000 le ROPPA pour faire poids face aux industriels et aux commerçants.

« Les OGM, c’est la solution pour réduire la faim. » L’article présente la situation des OGM en Afrique, le discours des multinationales et sa réfutation, d’autant que le problème de la faim est moins un problème de production que de distribution. Les exemples actuels montrent que les OGM n’apportent pas de réponse satisfaisante, l’insécurité alimentaire est avant tout un problème politique, économique et social.

L’Afrique est partie… mais dans quelle direction?

« Les Africaines font trop d’enfants, une bombe démographique en puissance. » L’Afrique est certes le dernier bastion de la croissance démographique avec une moyenne de 6 enfants/femme mais elle demeure un continent peu peuplé. Le problème numéro 1 est celui des déséquilibres nés d’une urbanisation rapide.
Depuis les années 90 on assiste à un recul de la fécondité et un début de rééquilibrage au profit des villes moyennes, la transition démographique se met en place.

« Les jeunes sont (et seront) les agents du changement en Afrique. » Une population très jeune qui nécessite des efforts pour sa scolarisation , malgré tout en progrès, est confrontée à la difficulté à trouver sa place. Touchés par la mendicité, le VIH, la violence armée, jeunes diplômés au chromage sont souvent impliqués dans les conflits et remettent en cause l’ordre établi.

« Les enfants des rues des villes produisent une culture originale. » De plus en plus visibles dans les grandes villes les jeunes en marge ont été illustrés par le film « Bronx Barbès » sur Abidjan. Ce phénomène est analysé dans l’article, c’est moins une nouvelle culture que de nombreux emprunts consuméristes en référence au ghetto américain, ces jeunes se revendiquent comme urbains. Mais la situation est très variable d’Abidjan à Yaoundé ou Nairobi.

« Les Africaines sont soumises. » La femme africaine, mère, productrice et reproductrice, pilier de la société, épouse soumise mais aussi femme active, bonne gestionnaire, actrice des changements, tels sont les portraits habituellement dressés. Le pouvoir colonial et les religions ont sans doute renforcé une soumission traditionnelle, les politiques d’ajustement et la crise ont joué au détriment des femmes. Pourtant de nombreux exemples montrent leur capacité à s’émanciper, en particulier en ville , quand elles ont accès à l’économie monétisée. Elles peuvent se réclamer de grandes figures : d’Aba qui se révolte en 1922 contre l’impôt à Wangari Maathaï, prix Nobel décédée récemment.

« Il faut rapatrier en Afrique les cerveaux qu’on lui a pris. » Le départ des cadres formés est très coûteux pour le continent. Mais ce qui a conduit au départ : faibles salaires, liberté bafouée, contrôle social, empêche le retour. Les politiques mises en place sont des échecs, il faut sans doute s’inspirer du projet belge MIDA de soutien à un retour temporaire avec une réelle politique des Etats africains d’accueil de la diaspora.

« Les envois d’argent des migrants africains ne contribuent pas au développement des pays d’Afrique. » Un bilan chiffré est difficile : des transferts élevés, mal évalués mais sans doute plus importants dans certains pays, mieux répartis et moins détournés que l’aide. Si les transferts individuels sont destinés à la famille, souvent retour sur investissement, les transferts d’associations de migrants se développent et portent sur des équipements socio-culturels. Ces transferts sont reconnus comme socialement utiles pour le développement local.

« L’industrialisation de l’Afrique est un mirage. » Un parc industriel faible, en recul depuis de désengagement des États sur un continent où les investisseurs étrangers dominent l’exploitation des richesses du sous-sol. L’industrie de transformation est peu structurée en filière (textile, agro-alimentaire) et peine face à la concurrence malgré quelques exemples positifs : Ile Maurice, Afrique du Sud.
Les effets de la concurrence chinoise sont insuffisamment analysés.

« L’économie informelle est la voie pour un développement à l’africaine. » C’est un secteur fluide, polymorphe qui offre 61% des emplois urbains. Mais il constitue surtout un amortisseur à la crise, sans droit du travail, sans accès à l’emprunt, un espace de survie.

« Téléphone mobile et Internet sont une chance pour le développement de l’Afrique. » Le téléphone mobile s’est développé rapidement car il a su s’adapter aux moyens financiers des utilisateurs avec les cartes prépayées. Malgré le développement des cybercentres existe une grande disparité d’accès aux TIC. Quand le téléphone renforce les liens locaux, Internet ouvre sur le monde mais suppose l’usage d’une autre langue, il est l’apanage des villes et des élites. Si des perspectives s’ouvrent, elles ne doivent pas devenir des mirages.

« La décentralisation réglera les problèmes de l’État en Afrique. » Cette dynamique récente peut déboucher sur une certaine démocratisation et un rapprochement des bailleurs avec le terrain mais sans gommer pas les effets de clientélisme. L’État délègue sans pour autant que les niveaux locaux n’aient les moyens d’assurer leurs nouvelles compétences. Elle peut soutenir les revendications séparatistes.

« La scolarisation primaire universelle est pour demain. » L’école africaine est marquée par son origine coloniale, se fait dans la langue du colonisateur. Malgré le tassement des années 90, la scolarisation progresse mais beaucoup reste à faire : gratuité, scolarisation des filles, adéquations aux besoins réels des populations (point qui aurait pu être développé) et à leurs stratégies. Pour certains pays, nécessité de sortir de la dépendance : le budget éducatif de Tchad est financé à 80% par l’aide extérieure.

Un livre dense, passionnant, à lire absolument.

© Clionautes

Lire d’autres comptes-rendus de cet ouvrage :
– par Caroline Jouneau-Sion : http://clio-cr.clionautes.org/l-afrique-des-idees-recues.html
– par Christiane Peyronnard : nouvelle édition de 2014 http://clio-cr.clionautes.org/les-afriques-au-defi-du-xxieme-siecle.html

A propos de l'auteur

Christiane Peyronnard

Je suis historienne moderniste de formation: histoire rurale et histoire culturelle. Par mes engagements associatifs en faveur des actions de coopération et de développement je suis particulièrement intéressée par l'histoire de l'Afrique et d'Haïti et plus généralement l'histoire de la colonisation mais aussi la situation aujourd'hui et l'avenir.

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