Si vous êtes passionnés par le Japon et son histoire voilà de quoi assouvir votre curiosité

 

Les ÉDITIONS CHANDEIGNE, créées en 1992 par Anne Lima et Michel Chandeigne, n’ont eu de cesse de promouvoir et divulguer dans les pays francophones des récits de voyage du monde entier. De la Chine jusqu’au Brésil, de l’Inde jusqu’en Afrique, les Européens ont retranscrit ce qu’ils ont vu, lu, entendu et vécu sur ces contrées alors inconnues.
Le Japon a toujours été un pays source d’étonnement et de fascination. De la découverte de l’archipel par des jésuites portugais au XVIe siècle aux divers échanges entre Européens et Japonais aux XVIIe et XVIIIe siècles, ce parcours révèle la diversité et la richesse d’un pays aux mœurs à découvrir.
COLLECTIONS MAGELLANE & MAGELLANE POCHE
LA DÉCOUVERTE DU JAPON (1543-1552)
En 1543, les Portugais sont les premiers Européens à débarquer au Japon. Cet archipel lointain et mystérieux, plus ou moins localisé depuis 1515, est très vite identifié à la
Cipango du récit de Marco Polo (c. 1300). Aussitôt les Portugais y introduisent les armes à feu et nouent de fructueux liens commerciaux. En 1549, François Xavier et quelques jésuites débarquent à leur tour et fondent la mission chrétienne du Japon, pays dont ils seront deux ans durant les premiers explorateurs.
Un riche cahier cartographique retrace l’historique de la représentation de l’archipel,  d’abord sous la forme de la mythique Cipango, de 1459 à 1571, puis du Japon nouvellement découvert, de sa première apparition en 1550 jusqu’à sa forme presque définitive au début du XVIIe siècle, en passant par ses multiples avatars. Le livre rassemble ensuite les évocations de Cipango dans les sources historiques occidentales depuis 1300, puis du Japon dans les récits narrant la rencontre entre les Européens et Japonais de 1543 à 1552.
Ces textes, écrits par des navigateurs, des aventuriers ou des jésuites témoignent de la fascination des Européens devant cette nouvelle civilisation, qu’ils jugent aussitôt supérieure à toutes celles qu’ils ont découvertes jusqu’alors. En miroir, un texte japonais, raconte l’arrivée de ces hommes blancs, les nanban-jin , les «barbares du Sud».
Préface de Rui Loureiro – dossier cartographique – Magellane poche- © 2017, 416 p.
EUROPÉENS & JAPONAIS Traité sur les contradictions & différences de mœurs (1585)
Luís Fróis
En 1543, les Portugais sont les premiers Européens à découvrir le Japon. François Xavier y implante dès 1549 une mission jésuite. En 1597, commencent les premières persécutions. Le «siècle chrétien» s’achève dans les année 1640-1650 : le pays se referme alors sur lui-même, et interdit son territoire à toute présence étrangère jusqu’en 1853.
Le père Luís Fróis, s. j. (1532-1597), qui résida plus de trente ans dans l’archipel nippon, fait en 1585 une description comparative des mœurs japonaises et européennes. Série d’instantanés ethnologiques qui décrivent avec brio et humour les principaux aspects de la vie quotidienne, c’est aussi un exercice littéraire d’une grande modernité – qui n’est pas sans évoquer Georges Perec – où se développe un discours imprévu sur nous et les autres, tout au long de notations assemblées en chapitres sur les hommes, les femmes, les chevaux, les enfants, la religion, les armes, les maladies, la musique, les navires, etc.
Préface de Claude Lévi-Strauss, traduction de Xavier de Castro – © 2009, 96 p.
LE PUISANT ROYAUME DU JAPON (1536) La description de François Caron
François Caron (1600-1672), s’engagea très jeune au service de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC). Il vécut plus de vingt ans au Japon, y prit femme, y éleva six enfants et y réussit si bien qu’il atteignit dans la Compagnie le poste de directeur général.
Fin diplomate et homme d’affaires, il fut un des rares Occidentaux à bien maîtriser le japonais, ce qui lui permit d’être un interlocuteur privilégié des autorités nipponnes. Témoin exceptionnel et acteur d’une époque où le Japon se fermait progressivement au monde, Caron laissa de son expérience principalement trois textes indispensables à la connaissance du Japon, que nous reprenons ici : la Description du puissant royaume du Japon, sorte de «Japon, mode d’emploi», véritable guide pour s’orienter dans la société japonaise, un Registre journalier, recueil de ses observations au quotidien, qui sont autant d’illustrations de la vie au Japon ; et, à la fin de sa vie, un Mémoire où Caron mit ses connaissances au service de la Compagnie française des Indes orientales de Colbert qui pourrait s’intituler «Nostalgie du Japon».
Édition et traduction de Jacques et Marianne Proust – dossier iconographique – Magellane poche © 2018, 416 p.
LA SUPERCHERIE DÉVOILÉE Une réfutation du catholicisme au Japon au XVIIe siècle
Jacques Proust
La Supercherie dévoilée a été écrite en 1636, au Japon, par Cristóvão Ferreira, ancien jésuite portugais, qui avait abjuré sous la torture, pendant la grande persécution déclenchée en 1614 contre les missions chrétiennes implantées par François Xavier.
Texte court, extrêmement dense, il était destiné à fournir un argumentaire aux autorités japonaises chargées de combattre la religion étrangère. Son originalité tient au fait que Ferreira, homme de grande culture philosophique et théologique, ayant vécu vingt ans dans la clandestinité, critique le catholicisme du dedans, en utilisant les armes conjuguées de la science biblique, de l’aristotélisme averroïste, de l’érasmisme, voire du marranisme.
Le commentaire détaillé de Jacques Proust, nous invite à voir ici un résumé des doctrines en
Europe au début du XVIIe siècle, fruit des doutes et de la révolte que l’auteur, Cristóvão Ferreira, portait probablement déjà en lui avant que l’«Inquisition» japonaise ne l’arrête.
Préface de Gérard Siary, traduction de Jacques et Marianne Proust – © 2013, 208 p.
NAUFRAGE & TRIBULATIONS D’UN JAPONAIS (1782-1792) dans la Russie de Catherine II
En 1782, au Japon, sous le règne de Tokugawa, un bateau chargé d’une cargaison de riz à destination de la capitale quitte le port de Shiroko. La tempête survient, le navire dérive et, après plus de deux mois d’errance, échoue sur l’île aléoutienne Amtchitka, de la Russie de Catherine II. Débute alors, pour l’équipage et son capitaine Kôdayû, une odyssée de plusieurs années qui les mène jusqu’à Saint-Pétersbourg, où l’impératrice, pour promouvoir les relations russo-nippones, décide de les faire rapatrier. De retour à Édo en 1792, Kôdayû est soumis à une suite d’interrogatoires, dont celui de Katsuragawa Hoshû, médecin de cour marqué par l’esprit des Lumières. La relation qu’il met en forme constitue une étude précise et scientifique du monde russe que nous publions ici.
Récit du destin fabuleux de matelots projetés hors du Japon dans un univers inconnu, étude précise et scientifique du monde russe, ce document est un exemple de la manière dont le Japon de l’époque Édo découpait le visible pour se représenter l’étranger. Un grand livre, étonnant, sur la curiosité…
Postface de Jacques Proust, traduction, introduction & notes de Gérard Siary avec la collaboration d’Irène Cahuet Mieko & Nakajima Siary © 2004, 432 p
CHEFS-D’ŒUVRE DES PARAVENTS NANBAN
Japon – Portugal XVIIe siècle / Alexandra Curvelo
Dès 1543 – date de l’arrivée des Européens en terre nipponne –, les Japonais entrèrent en contact régulier avec les nanban-jin («barbares du Sud»), et ce jusqu’à la fermeture du pays à partir des années 1640. Ces commerçants et ces missionnaires, en provenance majoritairement du Portugal, furent à l’origine d’une thématique de l’art japonais aux
XVIe et XVIIe siècles. Les peintures qui ornent les byobu (paravents) nanban décrivent une extraordinaire confrontation de civilisations et sont saisissantes par leur beauté. L’histoire de l’arrivée des Portugais, du point de vue oriental, s’y déroule sous nos yeux, notamment dans les œuvres des peintres de l’école Kano. Tantôt critiques, tantôt festifs et joyeux, les
byobu mettent en images les prémices de l’occidentalisation de l’Asie. Chefs-d’œuvre des paravents nanban présente treize de ces byobu. Ils sont accompagnés d’un texte sur la passionnante histoire de la rencontre – commerciale, religieuse et culturelle – entre
l’Europe et le Japon à cette époque. Nous avons réuni dans cet ouvrage des paravents du musée Nanban Bunkakan d’Osaka, du Musée municipal de Kobe et du musée national d’Art ancien de Lisbonne – où se trouvent les plus importantes collections d’art nanban –, mais également du Victoria & Albert Museum de Londres, du Rijksmuseum d’Amsterdam, du musée Guimet de Paris, du musée de Soares dos Reis à Porto, du musée d’histoire et de culture de Nagasaki et du musée Idemitsu de Tokyo, ainsi qu’un paravent provenant d’une collection privée aux États-Unis.
Premières représentations des européens par les Japonais les 13 plus beaux paravents japonais d’art nanban © 2015, format 240 x 250 – relié – 176 p.