Le XXIe siècle s’invente en Afrique
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Camille Andrieu

Le XXIe siècle s’invente en Afrique

Atlande, 2017, 147p.

Christiane Peyronnard
mardi 8 août 2017

Camille Andrieu est diplômée de Sciences Po. Ce petit livre est issu de son Master HEC entrepreneurs, tutoré par Jacques Attali, il est préfacé par le président du MEDEF, Pierre Gattaz.


Après les tigres asiatiques, les lions africains
L’auteure évoque le boom économique de la dernière décennie et la croissance démographique, elle montre dès cette introduction une vision globale d’un continent pourtant diversifié et complexe. Elle insiste sur l’intérêt pour les investisseurs internationaux et sur la révolution technologique notamment avec la téléphonie cellulaire. Elle pose comme une évidence le rôle que peut jouer la France dans l’Afrique subsaharienne.

L’Afrique subsaharienne : une région entre défis et opportunités

L’Afrique subsaharienne est en pleine croissance
Ce premier chapitre porte sur une croissance démographique qualifiée d’effrénée : augmentation de la pauvreté, développement des mégalopoles, la jeunesse une main d’œuvre abondante ; la démographie : un atout mais une bombe si la fécondité n’est pas maîtrisée.
Le tableau de la croissance économique de la dernière décennie montre un ralentissement dû à l’importance de l’exportation de matières premières aux cours fluctuants. Les opportunités pour le numérique sont accompagnées d’investissements dans les infrastructures (transports, énergie) dominés par la Chine.
Le choix de citer quelques exemples pris ça et là laisse l’impression d’une Afrique subsaharienne perçue comme un tout uniforme.

L’Afrique subsaharienne doit faire face à des défis majeurs
L’auteure aborde d’abord la vulnérabilité face au réchauffement climatique mais les exemples choisis : pollution née de l’exploitation pétrolière au Nigeria ou recul des glaciers du Kilimandjaro semblent peu pertinents pour traiter du changement climatique à l’échelle du continent.
Le second défi est d’ordre sanitaire : accès à l’eau potable, SIDA et autres endémies. L’auteure met l’accent sur l’instabilité politique et l’insécurité qui en découle. L’éducation est qualifiée d’inadaptée aux emplois potentiels et générant des conditions médiocres pour le développement de l’entrepreneuriat. L’auteure fait l’éloge des formations conçues par les entreprises à partir de l’exemple burkinabé de l’Institut international spécialisé de l’ingénierie de l’eau et de l’environnement. Elle regrette, pour le développement des entreprises, les difficultés de raccordement à l’électricité, les taxes et impôts, le manque de protection des investisseurs, un discours qui rappelle les positions de l’auteur de la préface.

Un écosystème technologique entrepreneurial innovant

Pour l’auteure le modèle entrepreneurial serait Steve Jobs. Un modèle pour l’Afrique ?

Basée sur le Do it yourself, des solutions ingénieuses proches de la demande utilisant les nouvelles technologies, voilà la description que l’auteure fait de l’innovation frugale, après des exemples asiatiques ou latino-américains elle présente quelques exemples africains notamment utilisant des composants de récupération. Elle privilégie le secteur hight tech : outils bancaires, aides aux secteurs médical, éducatif, conseil agricole... des exemples innovants mais très localisés et dont la pertinence n’est pas certaine comme cette start-up kényane eLimu qui vise à transformer les contenus éducatifs en jeux, pas sûr que ce soit la première nécessité éducative en Afrique.

Un écosystème en formation qui permette la rencontre des porteurs de projets et des investisseurs. En commençant par l’Afrique du Sud, l’auteure liste les activités de capital-risque, puis les incubateurs en Afrique de l’Est (Kenya, Rwanda notamment) enfin quelques exemples sont situés en Afrique de l’Ouest (Nigeria, Ghana, Cote-d’Ivoire). Pour le développement de ces nouvelles activités elle montre le financement possible par les diasporas , l’importance de la formation des futurs entrepreneurs et le rôle des femmes enfin le rôle des états pour créer un contexte favorable.

La France à un nouveau tournant de sa collaboration avec l’Afrique

Une collaboration économique et politique marquée par le passé
Cette troisième partie porte sur la description des politiques françaises de coopération : poids du passé colonial et post-colonial, secteurs où la France est bien implantée (énergie avec Total, banque avec la Société Générale), atouts de la France en ce début de XXIe siècle : la francophonie (langue officielle dans 11 pays, TV5 Monde, accueil des étudiants africains), présence militaire.

Développer le rôle de la French Tech an Afrique subsaharienne
Après la description rapide de quelques success stories l’auteur évoque le rôle possible de la diaspora. Elle prône de prendre exemple sur la politique des États-Unis de soutien à l’entrepreneuriat et montre l’action de l’AFD [1] et des fonds financiers français en Afrique.

Un titre à la mode mais un livre qui, s’il montre des éléments innovants, est loin de montrer les futurs possibles de l’Afrique subsaharienne et notamment des masses paysannes.

Par Christiane Peyronnard

[1Agence Française de Développement

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