Pour terminer la présentation des produits pédagogiques de cet éditeur, nous avons fait le choix de publier en partie un extrait de la notice pédagogique. Avec beaucoup de pertinence l’éditeur reste fidèle à sa démarche qui est de vraiment « faciliter la vie » du professeur.
La notice est conséquente, 103 pages, et comporte des vignettes des œuvres et les informations sur chacune d’entre elles.

Pour le reste, on retrouve les outils de l’éditeur, qui permettent d’utiliser le DVD avec ou sans le TNI, les effets de zoom, les masques, et les marqueurs.
Ces produits pédagogiques indépendants des réseaux et faciles à installer sont une bonne approche des nouvelles technologies pour les réfractaires. Rien ne remplacera jamais le musée et l’analyse in situ mais avec un produit simple, on peut réaliser de très bonnes séquences en histoire des arts.

Nous apprécions dans cette série l’intérêt porté à des œuvres originales, pas toujours les plus célèbres, et surtout pas toujours celles qui sont toujours reproduites dans quasiment tous les manuels. Un exemple, ce portait de Van Gogh qui n’est pas l’homme à l’oreille coupée, mais celui de Van Boch, particulièrement significatif de l’évolution de la technique de l’artiste.

La notice pédagogique

Qu’est-ce qu’un portrait ? Toute reproduction considérée comme un portrait. Le portrait renvoie à l’identité d’un modèle, qu’elle soit ou non explicitement énoncée dans le titre de l’œuvre.

La question de la ressemblance au modèle se pose également. À ce titre, deux conceptions se sont opposées au fil du temps : la tendance morphologie de la personne représentée, et la modèle, voire même qui le transcende. Mais au-delà de cette question, nous avons envisagé le portrait comme représentation (et non uniquement comme reproduction du réel, ce qui semble relever en partie du domaine de la photographie). Sous cet angle d’approche, le portrait devient alors la pratique singulière et créatrice d’un peintre qui procède à des choix pour construire son modèle.

Une approche pluridisciplinaire

Le portrait est un genre protéiforme qui peut faire intervenir des supports variés. Nous avons choisi de ne traiter ici que du portrait peint ou dessiné et de la photographie, en excluant la sculpture. Toutefois, une histoire du portrait s’ouvre à une approche pluridisciplinaire. L’analyse du portrait pictural peut enrichir l’étude du portrait en littérature et aider à cerner la dimension esthétique du portrait, quel que soit son support. De plus, le langage des mots et le langage pictural s’imprègnent l’un l’autre, et les liens à tisser sont nombreux. Dans sa dimension de représentation sociale, le portrait est inséparable de son contexte de production. Il est alors le témoin de l’Histoire et peut servir la connaissance des diverses périodes historiques ou des grandes figures d’une époque.

Une typologie du portrait

L’analyse d’un portrait peut adopter plusieurs angles de vue. Les élèves pourront par exemple définir ses caractéristiques techniques, profil, de trois quarts, etc.) afin de déduire le sens des choix de l’artiste.

Le portrait a reçu, selon les époques et les artistes, diverses fonctions, d’ordre purement esthétique, religieux, commémoratif, testimonial ou encore propagandiste.

Nous résumons ainsi les différents types de portraits existant, sans oublier qu’un portrait peut associer plusieurs de ces caractéristiques :

  • le portrait allégorique ou symbolique, qui dote le modèle des attributs d’un personnage historique ou mythologique,
  • le portrait d’apparat et le portrait mondain, dont le premier objectif est de rendre compte du statut social du modèle,
  • le portrait psychologique qui cherche à rendre visible la personnalité et l’état d’esprit du modèle,
  • le portrait poétique, qui explore l’essence même de l’artiste,
  • le portrait caricature : par l’exagération, il met en relief un trait dominant du modèle dans un but humoristique ou polémique.

L’autoportrait

Le portrait peut aussi être autoportrait. Le désir de se représenter soi-même peut répondre à des motivations diverses:C’est pour le peintre une façon de s’inscrire dans la postérité, ou encore une manière d’explorer sa propre identité. Mais au-delà de l’introspection, l’autoportrait a été également une façon d’améliorer sa technique en s’observant dans un miroir.

Dès le Moyen Âge, certains peintres glissent leur autoportrait dans les fresques décorant les églises et les palais. Nous avons privilégié ici les autoportraits des artistes pour lesquels la représentation de soi est particulièrement significative.
Dürer a été l’un des grands créateurs du genre, ou encore Van Dyck, Rembrandt, Reynolds, Van Gogh, Gauguin, Schiele, etc. Pour les femmes artistes, l’autoportrait a représenté un moyen particulier de revendiquer leur statut d’artiste et leur talent, bien longtemps contesté ou relégué au second plan.