Te souviens-tu de Wei ? L’histoire d’un travailleur chinois de la Grande Guerre
Vous êtes ici : Service de presse Le coin des Mickeys (au rayon BD)

Gwenaëlle Abolivier (sc.), Zaü (ill.)

Te souviens-tu de Wei ? L’histoire d’un travailleur chinois de la Grande Guerre

éd. HongFei, avril 2016, 52 p., 15,50 €

Frédéric Stevenot
dimanche 11 février 2018

À l’approche de la bataille de la Somme (juillet 1916), les éditions HongFei ont eu l’idée de commémorer les faits par une approche originale : celle des travailleurs chinois qui ont participé à l’effort de guerre. 140 000 ont été embauchés, avec ou sans leur consentement ; certains sont restés en France, vivants ; d’autres y sont demeurés, mais dans les cimetières de Picardie, comme celui de Nolette, commune de Noyelles-sur-Mer (Somme).

Les auteurs ont choisi un angle individuel : celle de Wei. Jeune homme de vingt ans, il vient de Shanghai avec ses frères. Débarqué à Marseille, il est acheminé dans la Somme. Là, il est employé comme fossoyeur, pour creuser des tranchées, évacuer les corps des hommes et des animaux en décomposition. Les auteurs ne nous donnent pas d’indications précises sur ce qu’il devient ensuite. Le lecteur est laissé libre de l’imaginer.

L’ouvrage comporte deux parties. La première est celle du récit qui vient d’être résumé. Le texte, bref et marquant, s’appuie sur de magnifiques illustrations au pinceau, ce qui donne un trait épais, imprécis, autant que la trace qu’ont laissé ces travailleurs chinois dans l’imaginaire de la première guerre mondiale. Mais il y a également un dossier, qui s’ouvre sur une page de Gwénaëlle Abolivier. Elle nous montre comment le souvenir de ces Chinois a progressivement réintégré l’histoire officielle. Le cimetière de Nolette est devenu un véritable lieu de mémoire, qui les associe aux Français, mais assez récemment : depuis 1983 seulement. On y apprend que l’auteur s’est appuyée entre autres sur le témoignage du fils d’André Tchang, l’un de ces travailleurs. On trouvera enfin bien des indications qui permettront aux enseignants d’enrichir leurs cours, et aux curieux d’aller plus loin. On saura pourquoi on a fait appel à des Chinois (mais aussi à une main-d’œuvre plus cosmopolite encore : Méditerranéens, Africains, Indochinois...).

Un bel album à mettre dans tous les CDI...


Frédéric Stévenot, pour Les Clionautes

Par Frédéric Stevenot

La Cliothèque 2018

Licence Creative Commons
Les Clionautes sous licence Creative Commons Attribution
Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International

Site développé avec SPIP, un programme sous licence GNU/GPL.

Design et Squelettes : B. Modica & X. Birnie-Scott pour La Cliothèque.

Hébergement La Cliothèque par