TOPO, l’actu dessinée pour les moins de 20 ans
Vous êtes ici : Service de presse Histoire et géographie jeunesse

TOPO, l’actu dessinée pour les moins de 20 ans

12,50 euros chaque numéro, tous les deux mois depuis 2015.

Jean-Pierre Costille
jeudi 10 août 2017

Dans le paysage de la presse, et notamment des revues, vous avez peut-être vu apparaitre un petit nouveau baptisé TOPO. Son sous-titre est « l’actu dessinée pour les moins de 20 ans » et il parait tous les deux mois. Cet article s’appuie sur l’examen des numéros 3 à 6 et traduit un véritable enthousiasme.

L’esprit de la revue : aider à l’intelligibilité du monde

Cette revue a été initiée par la même équipe que « La Revue Dessinée » au moment de l’attaque contre Charlie Hebdo car elle a considéré que, face à l’incompréhension notamment des jeunes de ce qui s ‘était passé, il fallait offrir des grilles de lecture et de compréhension du monde. La démarche est donc claire : « produire une information sérieuse et accessible aux jeunes » et chaque article associe un journaliste et un dessinateur. On trouve donc dans chaque numéro de l’actualité, de la culture générale et aussi de la fiction. L’actualité représente la moitié de chaque numéro mais le recul des deux mois permet d’éviter le bouillonnement parfois improductif de l’information à chaud. Certaines thématiques sont donc logiquement plus particulièrement représentées comme celles qui touchent au numérique, à l’économie ou aux médias. Topo est constitué par de multiples rubriques. Celles-ci peuvent alterner selon les numéros, de même que leur place dans la pagination du numéro.

De l’actualité sous des formes multiples

Afin de découvrir la revue, prenons le temps de détailler les rubriques. « Le grand reportage » se développe sur 25 pages, ce qui laisse le temps d’offrir une vraie histoire. Dans les quatre numéros consultés, voici quelques thèmes traités : la loi des séries, enquête sur la théorie des complots ou Snowden. Le reportage sur les séries télé américaines fourmille d’informations pour comprendre comment se créent ces séries ; même si la construction du reportage manque parfois de lien à vouloir aborder de nombreux angles. On apprendra par exemple que Netflix compte aujourd’hui plus de 100 millions d’abonnés dans le monde ou que chaque série créée s’appuie sur un profilage des consommateurs. Parmi les autres rubriques qui s’inscrivent dans l’approche de l’actualité, on relèvera celle intitulée « La question du moment ». Parmi les sujets lus dans les différents numéros « à quoi sert l’argent des impôts" ou « l’image que l’on se créé sur les réseaux sociaux ». Le professeur peut imaginer des usages dans le cadre de l’EMC. Dans chaque numéro, on trouve aussi le portrait d’une personnalité : c’est varié car on rencontre aussi bien Omar Sy que Recep Tayyit Erdogan. On sera particulièrement attentif à la rubrique « Sans contresens » qui prend le temps de s’arrêter sur un mot clé qui est défini : uberisation, genre, barbare ou populisme font ainsi l’objet d’éclaircissements. La rubrique « Témoignage » aborde des histoires comme « j’avais 15 ans et je vivais à Jérusalem ». La rubrique « Sans cliché » décortique une photographie, ce qui permet de montrer les références contenues dans une image et peut permettre à l’élève de se créer une culture visuelle. Un des numéros envisage ainsi le célèbre cliché de l’enfant au napalm. Il faut préciser enfin que le site internet de la revue propose une rubrique Rebonds qui est un agrégateur de liens et de reportages en lien avec les sujets traités dans la revue.

De la culture vraiment générale : art, cinéma ou jeux vidéo

La culture générale offre un panel là aussi d’une grande richesse. La rubrique « Tranche de l’art » parle d’une oeuvre ou d’un artiste comme Orlan ou Jose Guadalupe Posada. C’est plutôt bien pensé car on n’est pas dans des références uniquement faciles ou évidentes. Les sciences ne sont pas oubliées et de façon ludique. Ainsi, dans le numéro 6, un démontage en règle de l’idée qui voudrait que nous soyons réduits à nos 5 sens. Le visuel à base d’images anciennes et de dessins actuels est particulièrement réussi. Les jeunes lecteurs trouveront aussi une rubrique musique particulièrement bien vue car s’arrêtant sur des albums qui ont marqué l’histoire de la musique. On apprendra peut-être par exemple que l’album Purple Rain de Prince est à l’origine du désormais célèbre sticker « content explicit lyrics ». Un autre numéro revient sur l’explication de la célébrité de Joan Baez. Une rubrique décrypte le monde des jeux vidéos et par exemple la question de l’identification dans les jeux. « Captures d’écrans » aide elle à comprendre pourquoi par exemple les chevaliers de la Table ronde constituent un bon sujet ou permet de découvrir le père de Kirikou Michel Ocelot.

Sans oublier la fiction

On trouve là une série « Le meilleur des mondes possibles » avec un épisode tous les deux mois. Elle se prolonge de façon numérique chaque vendredi. Cette série aborde des thèmes en rapport avec l’adolescence. Il y a aussi un ton un peu décalé et très drôle avec « Flash info » qui présente des sports par ce qu’ils ne sont pas. « Dream teen » envisage un aspect traité dans la revue de façon décalée. Par exemple, dans le numéro 5, Lisa Mandel réexplore à sa façon le reportage sur Snowden qui soulignait l’importance des traces qu’on laisse sur internet. « Si loin si proches » propose des extraits de bandes dessinées qui existent par ailleurs. On trouve par exemple des planches issues d’ « Histoires du quartier » qui raconte l’Espagne de la Movida mais également certaines du très connu « Gen d’Hiroshima ».

Ce qui est particulièrement appréciable dans TOPO, c’est la variété des sujets abordés et aussi cette alliance réussie entre journaliste et dessinateur. Le ton est engagé comme en témoigne l’article sur les pesticides mais sans jamais tourner au simplisme. Il faut mentionner aussi le fait que le lecteur se voit offrir différents styles de représentations dessinées formant un kaléidoscope de la création dessinée actuelle. Certaines attirent plus spontanément alors que d’autres peuvent freiner.

Voici en tout cas une revue qui a toute sa place, par exemple, dans les centres de documentation et d’information des établissements. Plusieurs éléments peuvent constituer des bases documentaires différentes pour les cours. A voir en tout cas comment le coeur de cible s’est emparé de plusieurs numéros, on aurait tendance à dire que le pari est gagné et ce n’est que justice pour cette revue qui mise sur l’intelligence du lecteur.
Pour s’en faire une idée plus précise, on peut feuilleter en partie les différents numéros déjà parus
https://www.toporevue.fr/categorie-produit/numeros/

© Jean-Pierre Costille avec l’aide de Clara pour les Clionautes

Documents

  • JPEG 85.5 ko
  • JPEG 40.9 ko
  • JPEG 47.1 ko

Par Jean-Pierre Costille

La Cliothèque 2017

Licence Creative Commons
Les Clionautes sous licence Creative Commons Attribution
Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International

Site développé avec SPIP, un programme sous licence GNU/GPL.

Design et Squelettes : B. Modica & X. Birnie-Scott pour La Cliothèque.

Hébergement La Cliothèque par