« Comme l’amour, l’art n’est pas plaisir mais passion ». André Malraux. Les voix du silence. 1951.

Ministre de De Gaulle, résistant, aventurier, mais aussi écrivain communiste, André Malraux a vécu une multitude de vie, racontée dans un album proposé par l’historien Jean-Yves Le Naour et édité chez Grand Angle à l’occasion des 50 ans de sa mort.

Il est aujourd’hui un personnage incontournable, symbole d’un passé souvent regretté, lié aux trentes glorieuses. Mais en fait, qui était-il vraiment ?

André Malraux, un homme au parcours flamboyant

En 1964, André Malraux s’apprête à dicter ses Anti-mémoires à sa secrétaire.  Pour lui, les meilleurs souvenirs sont ceux que l’on s’invente. Mais Clara, son ex-épouse, surgit pour vérifier ses dires et s’invite dans ses souvenirs.
Il est vrai que l’écrivain occupe tout le XXe siècle. Dès 1933, il obtient le prix Goncourt avec son ouvrage La condition humaine. Son intervention peu glorieuse pendant la guerre d’Espagne lui inspire L’espoir. La défaite de 1940 le conduit vers la Résistance qu’il ne rejoindra qu’à la fin de conflit en 1944. Le colonel Berger serait chargé par le CNR d’unifier la Résistance en Corrèze.
« La mort n’est pas une chose sérieuse, mais la douleur, oui « .
Malraux modifie quelque peu la réalité quand il explique son rôle dans le conflit notamment l’évacuation de la prison Saint-Michel à Toulouse dont il serait le libérateur mais il a su galvaniser des troupes et son engagement lui vaut « une ribambelle de médailles ».
L’écrivain communiste devient un soutien du Général De Gaulle rencontré à Strasbourg. Ce dernier lui propose d’entrer dans son gouvernement au ministère de l’information dont déprendrait la Culture.

Un travail graphique remarquable

Les dessins sont très suggestifs, proche de la caricature, en témoigne la première de couverture qui dépeint un personnage cocasse et tourmenté, tiraillé entre ses contradictions. Les couleurs éclatantes ou plus effacées contribuent à renforcer la dimension humaine et émotionnelle d’André Malraux.

Les éditions Grand Angle nous ont habitués à la qualité exigeante de ses albums. En témoignent les dernières BD recensées. Les dialogues ciselés de Jean Le Naour, où Clara répond avec affront à son contempteur sont délicieux et s’allient avec bonheur aux dessins expressifs. Un vrai plaisir de lecture…