Il s’agit du recueil des premiers poèmes d’Arthur Rimbaud (1854-1891), composés en 1870, mais publiés après sa mort en 1891. Ces 22 poèmes sont présentés pour la première fois dans une version illustrée par Damien Cuvillier. Les illustrations peuvent être des dessins selon diverses techniques comme l’aquarelle, ou la mise en bandes dessinées comme pour quatre d’entre eux.
Des poèmes qui n’auraient pas dû exister
Rimbaud a composé ces poèmes alors qu’il avait fugué à Douai, en septembre et octobre 1870, à l’âge de 16 ans. Il les écrivit et les confia sous la forme de deux liasses, respectivement de 15 et de 7 poèmes, au poète et éditeur douaisien Paul Démeny. Puis, il lui demanda, un an plus tard, de les brûler, ce que Démeny ne fit pas. Ces poèmes furent plus tard publiés et le recueil prit ainsi le titre de Cahier(s) de Douai. Il contenait notamment les très célèbres poèmes Le dormeur du Val, Ma bohème, Roman, Les effarés. Le manuscrit fut plus tard acquis par Stephan Zweig en 1914 et ses héritiers décidèrent de le céder à la British Library en 1985.
Un adolescent révolté et un génie précoce
Arthur Rimbaud est un enfant surdoué qui fréquenta le lycée de Charleville et remporta tous les premiers prix en littérature, rhétorique et latin. C’est d’ailleurs auprès de son professeur de rhétorique qu’il trouva refuge à Douai, Georges Izambart. Il est issu d’un milieu social modeste, un père absent, une mère à la tête d’une exploitation agricole, rude à la tâche et devant élever seule une fratrie nombreuse.
Les thèmes abordés sont ceux de l’exaltation et des désirs propres à l’adolescence et traduisent la révolte de Rimbaud. Si nombre de poèmes abordent l’amour (comme dans Première soirée ou Rêvé pour l’hiver), certains poèmes ont des visées politiques ou satiriques. En effet, à l’automne 1870, la France vit la chute du Troisième Empire de Napoléon III avec le désastre de la guerre franco-prussienne, la capture de l’empereur à Sedan. C’est ce qui transparaît dans Rages de Césars ou L’éclatante victoire de Sarrebruck. Par ailleurs, Rimbaud porte une critique de la société bourgeoise provinciale comme dans À la musique.
Les élèves de première apprécieront particulièrement d’avoir une belle édition de ce recueil qui est au programme de leur année terminale au titre des poèmes à étudier pour le baccalauréat. Les illustrations, la plupart sous formes d’aquarelles, sont belles, la mise en bande dessinées de certains poèmes permet mieux fixer le texte à apprendre et mieux appréhender un texte aux tonalités symbolistes. L’objet est élégant et transportable.



