A travers les textes antiques, l’archéologie ; les commentaires historiographiques et les représentations picturales, Vincent Azoulay cherche à exposer une thèse : comment, à travers l’ostracisme, mesure arbitraire plutôt légère, le peuple cherche-t-il dans l’Athènes classique à tenir en laisse les citoyens les plus riches et influents politiquement ?

L’ostracisme provient étymologiquement du grec « ostrakon » qui évoque un tesson de poterie, gravé ou peint, sur lequel les citoyens mâles dans la démocratie athénienne dès la fin du Vème siècle avant notre ère, désignaient un puissant personnage de la cité qu’ils désiraient contraindre à l’exil pour dix ans.
L’auteur, spécialiste d’ Histoire grecque, prend comme point de départ le célèbre épisode de l’ostracisme d’Aristide cité par l’écrivain romain Plutarque (vers 44 avant notre ère-vers 125 de notre ère). Pour Plutarque, citoyen de l’époque romaine impériale peu enclin à la démocratie, elle montre toute l’ingratitude du peuple athénien qui sanctionne un haut personnage connu pour sa justice et son sens du sacrifice comme stratège et archonte.
Un rustre illettré demande à Aristide, ne le reconnaissant pas, d’inscrire son propre nom sur un tesson, ce qu’Aristide fait sans réserve aucune. Puis Aristide, ostracisé, s’exile de bonne grâce, sans rancœur, devant l’arbitraire de sa cité peu reconnaissante.

Histoire matérielle d’une procédure extraordinaire

Jusqu’au XIXème siècle, l’ostracisme n’était connu que par un petit nombre de sources littéraires antiques, toutes hostiles à la procédure, comme par exemple La constitution des Athéniens d’Aristote redécouverte en 1891 au dos d’un papyrus égyptien du -Ier siècle.
Pour ce qui concerne l’archéologie, seuls quatre ostraka ont été découverts au XIXème siècle. Il faudra attendre le siècle suivant pour que 11 000 tessons soient retrouvés collectivement sur l’Agora et surtout dans le quartier des potiers du Céramique. Mais ces découvertes possèdent des biais : elles sont très concentrées chronologiquement et focalisent l’attention sur le vote lui-même au détriment de la procédure globale.
Si on croise les sources littéraires et archéologiques, plusieurs constats s’imposent. On dénombre 270 noms parmi lesquels 176 victimes potentielles. Une nette surreprésentation se dégage parmi les élites politiques ; économiques, sportives ou culturelles. Parmi ces noms recensés, seuls quatorze ostracisés sont probables dont deux controversés. Deux citoyens l’ont été deux fois : Mégaclès et Alcibiade l’Ancien.
Ces quatorze noms sont bien faibles au regard de la longévité de la procédure qui perdure de -507 à -416, ce qui fait une moyenne d’un ostracisé tous les six ou sept. Par contre cette procédure est très concentrée sur de courtes périodes de surpolitisation de la société comme l’époque des Guerres médiques ou de la croissance coloniale.
L’ostracisme se déroule en deux phases distinctes. Tout d’abord, tous les ans, au sixième mois de l’année civique, soit en janvier, on vote sur l’Agora à main levée l’opportunité de lancer la procédure. Puis au huitième mois de l’année civique, soit en mars, se déroule « l’ostrakophorie ». On vote au même endroit, pour une raison de place, la colline de la Pnyx ne pouvant contenir que 6000 citoyens : on grave sur un tesson le nom de son candidat à l’exil. Dans les deux cas, le vote se déroule de manière taciturne, sans débat apparent. Mais cela ne se fait pas politisation préalable. En effet ces deux votes se déroulent pendant les grandes fêtes religieuses des Lénéennes et des Dionysies, dans la période creuse des travaux agricoles, fêtes accompagnées de concours de comédie où on critiquait vertement les puissants. De plus au moment où on grave les noms, on le fait publiquement, parfois en demandant à quelqu’un d’inscrire un nom pour soi, faute de maîtrise de la langue écrite, ce qui provoque des échanges.
Certaines questions restent cependant en suspens comme l’organisation pratique du second vote sur l’Agora. Vote-on par tribu ? Comment le dépouillement est-il effectué ? Y a-il un quorum minimum (6000 citoyens présents) pour que le vote soit jugé valide ?

 Politique ou rituel ?

D’un point de vue historiographique, deux points de vue totalement opposés s’affrontent quant au sens à apporter à l’ostracisme.
Le premier point de vue présente cet acte comme un rituel religieux : en effet à Athènes, comme ailleurs en Grèce, lors d’une fête religieuse au printemps, les Thargélies, un homme ordinaire, le pharmakos, est expulsé de la cité, tel un bouc émissaire. Ainsi prend-il sur lui toutes les impuretés de la cité et ressoude-t-il une communauté purifiée. L’ostracisme en serait une dérivation sur le plan politique qui viserait également à prévenir le retour de la tyrannie telle celle des Pisistratides à la fin du -Vème siècle.
Le second point de vue présente plutôt cette expulsion civique comme un moyen plus pragmatique de régler les conflits au sein de l’aristocratie athénienne puisqu’elle l’aurait obligée à résoudre ses querelles AVANT la première phase de l’ostracisme afin d’échapper à une procédure populaire aléatoire qui lui échappe.
Vincent Azoulay réfute ces deux thèses. La thèse ritualiste comporte des failles : l’ostracisme n’a ni périodicité, ni calendrier régulier contrairement aux fêtes religieuses, l’exil de dix ans est bien moins traumatisant que celui du pharmakos qui, lui, est définitif et plus violent, enfin seules les élites étaient expulsées par le vote par tesson et pas un citoyen de troisième ordre comme Hyperbolos en -416. La thèse élitaire ne tient pas plus car, quand de potentiels ostracisés négocient en coulisse et que le peuple le découvre, il s’en offusque. De plus rien ne prouve que les élites aient le pouvoir réel sans se soucier des citoyens : dans la première moitié du -Vème siècle, les principaux dirigeants athéniens ont tous été ostracisés, tels Miltiade ou Cimon.
La thèse de l’auteur présente l’ostracisme comme un acte politique totalement démocratique. Il ne vise en aucun cas à sanctionner une irrégularité juridique mais des pratiques jugées anormales, voire dangereuses. Le peuple veut contrôler les élites athéniennes pour qu’elles respectent les normes politiques, sociales, morales et religieuses. Le demos ne peut accéder à certaines magistratures prestigieuses et, pris par son travail loin de la Pnyx, il ne participe pas régulièrement aux délibérations collectives. L’institution de l’ostracisme est donc un moment privilégié où il peut réaffirmer son pouvoir, y compris sur les élites. Le cas de Périclès sert d’exemple à sa thèse : marqué par l’ostracisme de son père Xanthippe, il passera sa vie publique à fuir les pratiques aristocratiques pour se montrer l’égal des citoyens et ainsi échapper au destin paternel.

 Entre honneur et infamie

Certains ostracisés, tous issus des élites athéniennes, recherchent l’autoglorification. En effet, insatisfaits des seuls honneurs distribués par la cité à la suite de succès lors des quatre jeux panhelléniques, de l’élection à d’illustres magistratures, de victoires militaires ou aux chorégies, ces citoyens se mettent en avant par l’érection de statues ou plaques honorifiques à leur gloire ou en offrant statues et monuments grandioses à leur cité dans un grand mouvement évergétique égoïste. Il n’y a qu’un pas entre être remercié par la cité et l’hybris qui est perçu comme un moyen d’écraser la collectivité par son prestige.
L’ostracisme représente donc une réaction immunitaire populaire face à des individus trop soucieux de leur honneur. Prenons l’exemple de Périclès, critiqué dans la comédie Les Femmes de Thrace par Cratinos. Il lui est reproché la construction édilitaire d’un odéon qui jouxte le théâtre de Dionysos qui en fait un despote touché par la folie des grandeurs à l’image du temple de Zeus olympien inachevé des tyrans pisistratides qui en est tout proche.
Si on se base sur la centaine d’ostraka qui ne se contente pas de nommer l’ostracisé mais précise le motif de son expulsion, parfois accompagné d’une image, on peut tirer des conclusions. Ces tessons justificatifs stigmatisent soit les attitudes outrageantes vis-à-vis de la communauté civique (adultère, magie, impiété), soit les comportements serviles à l’égard de pouvoirs extérieurs (corruption, amour de l’argent, médisme). L’ostracisme punit donc la transgression des normes civiques par les élites socio-politiques.
Pour appuyer cette thèse, l’auteur expose une autre mesure comparable qui se poursuit, même après la fin de l’ostracisme : la dokimasie qui interdit la prise de parole publique à l’Assemblée pour les membres des élites dont les mœurs sont jugées honteuses.
L’ostracisme est donc une privation partielle de ses droits civiques de manière temporaire et partielle car l’exilé garde la gestion de ses biens. Son but est donc de le priver de son honneur pour rabattre sa dignité et sa supériorité.

L’arbitraire (bien) tempéré ?

L’ostracisme représente une forme d’arbitraire tempéré qui permet de domestiquer les élites athéniennes sans toutefois provoquer leur révolte ou leur repli.
On peut la comparer au pétalisme, mesure comparable utilisée à la même époque dans la démocratie syracusaine en Sicile. Son nom provient de petalon, la feuille d’olivier sur laquelle on écrit le nom de l’exilé potentiel. Or le pétalisme, peu cadré, entraine l’exil forcé de dizaines de personnes en quelques années, ce qui pousse les élites de cette cité vers un repli individualiste, loin de la vie civique.
Contrairement au pétalisme, l’ostracisme est plus « doux ». L’ostracisé a dix jours pour quitter la cité, il ne perd pas sa citoyenneté et garde la gestion de ses biens. Il en va autrement des exilés contraints à l’être par la justice : ils sont soumis à une procédure « d’atimie », c’est-à-dire qu’ils perdent définitivement tous leurs droits civiques, y compris la possession de leurs biens confisqués.
Malgré cette sanction, les ostracisés restent fidèles à leur cité. Certains sont rappelés avant les dix réglementaires quand la cité a besoin de leurs services, pour des expéditions militaires par exemple. Lorsqu’un ostracisé fait sécession, rarement, c’est parce qu’il a été condamné en parallèle par la justice, tel Thémistocle qui se met au service du roi perse. Qui plus est, certains ostracisés retrouvent rapidement une magistrature, tel Aristide, élu stratège des hoplites athéniens lors de la bataille de Platées.
Une question demeure : pourquoi cette procédure s’arrête-t-elle si brutalement en -416 ? La raison en serait le fait qu’elle ne soit plus jugée suffisante et punitive à un moment de conflictualité accrue de la vie démocratique en lien avec la Guerre du Péloponnèse (-431-404). Jugée trop peu fréquente (annuelle), partielle et provisoire, parfois éteinte par les intrigues des élites en amont, elle est délaissée au profit de la judiciarisation des conflits civiques. En effet à partir des années -420, il devient habituel pour les hommes politiques athéniens de s’entredéchirer au tribunal pour s’accuser de trahison.

 Un art de l’ambiguïté

Il existe une dizaine de représentations iconographiques qui accompagnent le nom d’ostracisés sur les tessons. Elles servent à accentuer le message en appuyant sur le défaut qui est reproché : par exemple la représentation d’un Perse ou d’un symbole persan renvoie à l’image de la supposée trahison.
Une représentation d’une scène d’ostracisme aurait été identifiée sur un vase à figures rouges attribuée au « Peintre de Pan » des années -470-460. En effet celle-ci figure des individus notant sur des rouleaux et des tablettes ce qui serait les résultats d’un vote alors que des ostraka seraient entassés sur une table basse. Or une partie de ceux qui l’ont analysé y voient plutôt une scène de partage égalitaire de viande sacrificielle lors d’un banquet. Malheureusement aucune autre série céramique ne permet de trancher entre ces deux hypothèses.

Renaissances (XIVème-XVIème siècle), l’ostracisme retrouvé

L’ostracisme tombe dans l’oubli avec la fin de la période romaine. Il ne réapparaît que lorsque trois conditions sont réunies : la redécouverte de l’Antiquité gréco-romaine, des sociétés urbaines soumises par une agitation populaire et une vie politique marquée par l’exil. Ces conditions se trouvent pour la première fois réunies dans l’Italie des cités italiennes entre le XIVème et le XVIème siècle, avec une apogée sous la Florence des Médicis. Deux perceptions s’opposent, liées au regard porté sur Athènes en association avec les débats politiques qui agitent les communes péninsulaires.
Une première perception, représentée notamment par Machiavel (1469-1527), qui fait une brillante carrière politique florentine mais qui, tombé en disgrâce, s’exile dans sa villa et tente de poursuivre son influence par ses écrits. Celui-ci appuie une ligne « républicaine » : marquée par la tyrannie pisistratide, les Athéniens pratiquent l’ostracisme afin d’éviter le retour de la servitude et de conserver l’égalité entre citoyens en réfrénant les ambitions démesurées des puissants.
A contrario, Guicciardini (1483-1540), proche des Médicis et en butte aux hostilités de la Commune, est lui aussi obligé de s’exiler dans sa villa. Celui-ci reproche aux Athéniens d’exiler des illustres citoyens vertueux par jalousie. De plus cela pousse ces élites humiliées à conspirer contre leur cité par ressentiment, tel Alcibiade.

Révolutions (XVIIIème siècle), l’ostracisme dans la tourmente

L’ostracisme réapparaît dans les écrits au XVIIIème, siècle des Lumières. Mais que ce soit en France, outre-Manche ou aux Etats-Unis naissants il est globalement rejeté comme une tyrannie de la « populace » contre des élites jugées trop vertueuses. Cela s’explique par le fait que le débat est porté par ces mêmes élites lettrées qui reprennent pour argent contant les préjugés de Plutarque. Seul Montesquieu (1689-1755) fait exception dans De l’esprit des lois : il y présente la mesure comme douce car limitée dans le temps et pense qu’elle permet de limiter les mauvais effets que la gloire peut produire sur un citoyen.
Il faudra attendre la Révolution française pour que l’ostracisme revienne en grâce entre 1791 et 1797 lors de débats dans la presse et à la tribune des différentes assemblées parlementaires. Robespierre s’en fera le porte-parole : il la pense comme une mesure vertueuse qui permet au peuple de lutter contre la tyrannie des magistrats corrompus. Puis alors que l’ostracisme est repris à l’encontre de « L’incorruptible » par les Girondins, il s’y oppose par le fait que l’ostracisme ne peut émaner que du peuple et non de parlementaires majoritaires qui l’utiliseraient pour se débarrasser des oppositions minoritaires.
L’ostracisme reprend tout son sens lors du procès du roi Louis XVI lorsque les opposants à son exécution veulent que l’on le lui applique comme mesure alternative.
Enfin on essaie de le faire entrer dans la loi tout d’abord dans la Constitution de l’An I (1793) à l‘identique de la mesure athénienne mais pour un exil de seulement cinq ans. Mais la réaction thermidorienne laisse cette Constitution à l’état de projet virtuel. Face à la montée électorale des Royalistes avec l’établissement d’un régime censitaire, les Républicains modérés du Directoire tentent d’appliquer l’ostracisme en 1797 contre l’ensemble des nobles de manière collective et définitive mais ce projet reste lettre morte. Cette tentative échouée entraine le reflux de l’ostracisme car jugé comme une sanction collective et permanente.

Refroidissements (XIXème-XXIème siècles), l’ostracisme mis à distance

A l’aube du XIXème siècle, l’ostracisme sort du champ de débat politique pour être circonscrit aux sciences de l’Antiquité, quasiment entièrement tournées vers l’étude du passé sans réel jugement politique ou moral et à l’art pictural avec par exemple deux œuvres qui reprennent les poncifs moraux de Plutarque : Charles Brocas, Aristide et ses deux filles exilés dans une grotte en 1906 et Eugène-Ernest Hillemacher, Aristide et le paysan en 1869.
Seul Benjamin Constant (1767-1830) reprend le sujet mais pour l’enterrer : il met à distance l’Antiquité du monde contemporain. Pour lui, seul l’Etat de droit peut juger des déviances des magistrats par la justice, loin de l’arbitraire de l’ostracisme.
La IIIème République réactive le débat lors de deux crises politiques. En 1886 sont bannis les prétendants monarchiques et impériaux et leurs successeurs putatifs de France et ceci jusqu’en 1950. Puis à la suite de la montée de l’antisémitisme « racial », initié par La France juive d’Edouard Drumont, la même année et de sa cristallisation lors de l’affaire Dreyfus (1894-1906).
Dès lors le sens « d’ostracisme » prend un sens moins politique et plus métaphorique qui tend à dénoncer la persécution ou discrimination d’un groupe minoritaire.
De manière plus actuelle, le débat est parfois réactualisé selon des événements politiques plus actuels. Devait-on faire des apatrides des combattants français de l’Etat islamique par déchéance de nationalité en 2015 au mépris de la Déclaration universelle des droits de l’homme ? De même la dérive illibérale de Donald Trump dès son premier mandat présidentiel états-unien en 2016 ouvre-t-elle la possibilité d’un ostracisme individualisé et limité pour sauvegarder la démocratie ?

• Conclusion :
Les poètes comiques athéniens du -Vème siècle ont vulgarisé la métaphore de « fouet en céramique » pour qualifier l’ostracisme. Vincent Azoulay ne souscrit pas à ce terme jugé excessif et lui préfère son expression de « griffe démocratique » : elle permet de ramener de manière limitée les élites au principe horizontal d’égalité démocratique entre citoyens.
L’auteur finit en interrogeant le sens de cette pratique avec notre regard contemporain. D’abord avec un questionnement historique : pourquoi l’ostracisme disparaît-il si soudainement ? Parce que la Guerre du Péloponnèse amène le demos à vouloir honorer et punir par la justice davantage les élites. Avec un questionnement philosophique : la démocratie ne doit-elle pas comporter une part d’arbitraire pour assurer son bon fonctionnement ? Le peuple athénien y est parvenu sans faire fuir ses élites. Un questionnement politique : peut-on transposer tel quel l’ostracisme dans nos sociétés ? Difficile puisque cette mesure n’est envisageable que dans un système cohérent d’institutions interconnectées.
Pour finir il délivre cette ultime réflexion : comment créer des pratiques démocratiques qui permettent au peuple de croire en son propre pouvoir sans instituer des pratiques tyranniques du bas vers le haut ?

Ce livre présente pour moi un double intérêt. Au-delà d’une approche exhaustive qui permet d’approcher au plus près la pratique politique de l’ostracisme dans l’Athènes classique à travers un croisement des sources littéraires antiques et archéologiques, Vincent Azoulay présente une thèse argumentée sur la raison profonde de cette pratique démocratique dont le sens s’est perdu. Et cela pour deux raisons : le prisme des différentes relectures à travers le temps selon les conflits politiques du moment et le changement du sens du mot même lorsqu’il se mit à nommer toute sorte de discrimination sans rapport précis avec son acception originelle.
Son autre intérêt est d’inciter à réfléchir au fonctionnement de nos sociétés démocratiques contemporaines où la défiance vis-à-vis des élites sécessionnistes, l’aspiration montante à des pouvoirs autoritaires ou à une implication des citoyens par voie référendaire amènent à réfléchir à une intervention accrue des citoyens dans les prises de décisions démocratiques collectives sans que ne s’instaure l’anarchie ou la tyrannie.