Germano Zullo et Albertine ont encore frappé ! Voici un leporello littéralement fascinant ! 48 pages, plus de 8 mètres de long une fois déplié, Ma chambre à moi propose au lecteur un « écorché » d’une rue le long de laquelle sont alignées plusieurs maisons toutes aussi extraordinaires les unes que les autres. Comme le titre l’indique, tout commence dans la chambre d’un enfant qui, pour mieux s’évader, en élargit les murs. Il y convoque des demeures diverses et variées au sein desquelles se déroulent mille et une scènes du quotidien.
Les maisons sont présentées comme de véritables réservoirs d’imaginaires. Les habitants y sont nombreux et divers. Ils y construisent leur vie, ils s’y réfugient, s’y retirent, s’y restaurent, s’y reposent. Êtres surnaturels, êtres humains, animaux, tous y ont une place et vivent en parfaite harmonie. « Ma chambre à moi, c’est un peu comme l’amour de maman, la tendresse de papa, la complicité de doudou ». Comme l’écrivait Gaston Bachelard, la chambre à coucher est le « coin » où l’on se prépare à habiter le monde. Zullo écrit à son tour : « À chaque fois que je fais un pas dans ma cjambre, je fais un pas dans ma tête, un pas dans mes rêves, un pas dans la rue, un pas dans le monde. J’avance. J’avance et j’arrive. Bientôt, il faudra compter sur moi. »
La dernière image de l’ouvrage est une bouteille d’eau jetée à la mer. Un jeune homme et son chien sont assis sur la terrasse d’une cabane sur pilotis et regarde une île ou la mer dont les étendues sont suggérées vers la droite, dans les pages à venir et à écrire. Dominant les éléments, le jeune homme projette ses rêves vers l’avenir.



