Fil de fer
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Martine Pouchain

Fil de fer

Flammarion jeunesse, 212 pages, 12 euros, dès 11 ans.

Jean-Pierre Costille
lundi 8 janvier 2018

Martine Pouchain a écrit de nombreux romans jeunesse dont « Gloria ». Elle s’intéresse dans cet ouvrage à une période précise de la guerre, pas forcément la plus abordée, puisqu’il s’agit pour une grande part de l’été 40.

Une jeune paysanne dans la guerre

L’auteure choisit de le faire à travers le regard et le destin d’une jeune fille de 15 ans. Gabrielle et ses trois sœurs Claire, Françoise et Zoé la plus petite, vit à la campagne dans la Somme. Elle n’est pas forcément bien dans sa peau et son physique lui vaut d’être surnommée Fil de fer par son père avec lequel elle entretient une relation très fusionnelle. Gabrielle tombe amoureuse au milieu de cette tourmente. Ce qui est plutôt bien vu, c’est cette alliance entre une destinée individuelle, marquée par le sentiment amoureux, et celle d’un pays frappé lui par le malheur.

Une histoire d’amour en filigrane

Durant l’Exode, la protagoniste tombe amoureuse de Gaétan Lebeau, qui appartient à une toute autre classe sociale qu’elle puisqu’il est le fils d’un médecin. A un moment, Gabrielle découvre une scène avec la voiture des Lebeau dévastée. Cependant, au milieu des débris, elle trouve un jeune homme à côté et elle lui propose de les suivre à distance. Régulièrement elle le rejoint mais il reste toujours très distant avec elle. Etrangement, l’histoire d’amour qui est le fil rouge du livre n’est pas forcément très prenante.

Le temps de l’Exode

Martine Pouchain glisse dans son roman quelques notations qui permettent de faire sentir l’ambiance de l’époque, notamment lorsqu’elle évoque la mobilisation de 1939. Sur la période de l’Exode, elle évoque les stukas et la peur et les morts qu’ils engendraient. De même, Martine Pourchain rappelle que l’horizon des Français de l’époque était d’environ 15 kilomètres dans la majorité des cas. La famille de Gabrielle quitte donc son village pour se rendre en Bretagne chez de vieilles connaissances sans être certaine d’être bien accueillie. L’auteure décrit la migration forcée de la famille de Gabrielle avec leurs trois chevaux lourdement chargés. Le récit de leur errance passe notamment par Amiens ou Gisors. L’ouvrage est parfois un peu répétitif à suivre la famille et ses déplacements. L’auteure ne cache pas les moments difficiles avec les pillages qui pouvaient exister ou les problèmes de carburant. C’est le cas pour une vieille femme qui se voit détrousser par quelqu’un et c’est aussi le cas des cadavres au bord des routes. Il y a aussi des moments d’entraide. Au milieu du livre la famille arrive en Bretagne et tous sont bien accueillis. L’ambiance familiale est chaleureuse et Gabrielle continue de voir en cachette son amoureux.

Le retour au village

L’histoire resurgit ensuite à travers la déclaration d’armistice en juin 1940. La famille de l’héroïne décide donc de rentrer chez elle. Ils découvrent leur maison qui, si elle est d’apparence intacte, a en fait été pillée. Commence alors une deuxième phase où Martine Pouchain introduit un nouveau personnage avec le soldat Helmut. Il incarne un soldat contraint et respectueux de la famille de Gabrielle. Gaétan se fait alors un peu plus disert et évoque son projet de tuer des Allemands et il sollicite l’aide de Gabrielle. Elle est presque prête à agir et finalement découverte. On ne révélera pas la fin de l’ouvrage et son retournement plutôt inattendu.

Martine Pouchain a donc décrit à travers le regard d’une jeune fille ces temps troublés de la guerre. Elle entremêle histoire personnelle et grande histoire dans un récit sensible.

© Jean-Pierre Costille pour les Clionautes.

Par Jean-Pierre Costille

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