Il s’agit d’une lecture originale et fascinante. La clé de l’ouvrage est que ce ne sont ni les groupes terroristes tels qu’al-Qaïda ou Daesh, ni les Etats illibéraux comme la Russie, ni les ennemis de l’Occident comme l’Iran, ni les puissances technologiques contemporaines comme les Etats-Unis ou la Chine qui ont inventé la « guerre asymétrique » ou la « guerre hybride ». Adrienne Mayor, historienne américaine des sciences à l’Université de Stanford, s’intéresse aux époques les plus reculées de l’histoire militaire et dresse un tableau parfaitement illustré : les sociétés antiques pratiquaient déjà des formes de guerre irrégulière au sein même des conflits les plus conventionnels.

Une question de définitions

L’historienne insiste dans l’introduction sur les définitions :

  • La guerre chimique est l’utilisation militaire des gaz toxiques et des matériaux incendiaires ou des poisons à base de minéraux
  • La guerre biochimique consiste à manipuler les éléments de la nature pour attaquer ou détruire de façon insidieuse les fonctions biologiques de l’ennemi
  • Les armes biologiques sont basées sur des organismes vivants tels que les bactéries, les virus, les parasites, les spores qui se multiplient dans les organismes et sont contagieux
  • Les armes naturelles comprennent des agents perturbateurs ou nocifs nés de recherches physiques ou chimiques, comme les substances malodorantes, les ondes lumineuses ou sonores, les rayons thermiques

Le sujet des armes zoologiques, biologiques, bactériologiques et chimiques a marqué la pop culture : elles se retrouvent dans des reportages de History Channel ou National Geographic, dans la série des jeux vidéo Assassin’s Creed et dans le dernier Resident Evil (Requiem), dans des romans historiques policiers, dans des séries comme 24H Chrono, Game of Thrones ; dans Mourir peut attendre, James Bond doit empêcher le développement industriel d’une arme biologique qui cible un ADN particulier, condamnant ses cibles en faisant de tous les autres des porteurs sains qui peuvent transmettre la mort à leur insu…

Il apparaît que beaucoup de ces créations sont en fait extraites de ce livre ou des articles, compte-rendu, interviews, transpositions visuelles, expositions, qui ont été faites après la première publication en 2003. Un ouvrage discret mais qui possède une influence incalculable.

L’ouvrage original (Greek Fire, Poison Arrows & Scorpion Bombs : Biological and Chemical Warfare in the Ancient World) a été publié en 2003, mais jamais traduit en français (alors qu’il l’a été en japonais, en chinois, en polonais, en turc, en grec et en espagnol) jusqu’en janvier 2024 aux éditions Nouveau Monde. Ce volume porte sur une nouvelle édition en français qui complète la première en développant de nouveaux thèmes dans chacun des sept chapitres.

La bibliographie très fournie en fin d’ouvrage fait référence à plusieurs autres travaux sur le même sujet. Nous en citons 4 ici qui permettent de montrer que cette recherche surprenante n’a rien de  solitaire.

  • David Jones, Poison Arrow : North American Indian Hunting and Warfare (2007)
  • Jeffrey Lockwood, Six-Legged Soldiers : Using Insects as Weapons of War (2009)
    Philip Wexler, Toxicology in Antiquity (2019)
  • Graham Watson, Combined Arms Warfare in Ancient Greece (2019)

Une « panoplie » d’armes utilisées dans l’Antiquité

Les exemples du livre sont pris dans le monde hébreu, mésopotamien, grec, perse, byzantin, asiatique et musulman.

  • Ruses (cheval de Troie) et manipulations (obliger l’ennemi à camper dans des terres insalubres, marais, zones humides où vivent des moustiques vecteurs de malaria et de paludisme, sources chaudes qui sont en fait des sites thermaux d’eau soufrée et de fumerolles qui émettent des gaz sulfureux, inviter à un banquet de soumission pour enivrer les ennemis,
  • Substances toxiques (venins de scorpions, de serpent, salive de chien enragé, épines de raie), poisons végétaux), plantes toxiques (mandragore, hellébore, belladone, aconit, rhododendron),
  • Usage du feu (pour enflammer les flèches ou créer des fumées noires qui perturbent l’ennemi), de naphte, de fumées nocives en brûlant de la sève de pin et des additifs comme le soufre, la chaux vive ou l’arsenic,
  • Gaz nocifs,
  • Produits chimiques combustibles,
  • Agents pathogènes virulents, agents infectieux (cadavres malades de la variole, de la rougeole, du typhus, de l’anthrax), femmes empoisonnées livrées aux envahisseurs avec des maladies vénériennes,
  • Animaux vivants (grenades à scorpions, vipères catapultées, essaims d’abeilles, éléphants)

Ces exemples montrent que les sociétés militarisées ont « armé la nature ». Les savants antiques possédaient les savoirs suffisants pour transformer des agents pathogènes, des toxines et des gaz chimiques en instruments de guerre. Ce n’est pas, contrairement à ce que l’historiographie laisse encore souvent entendre, avec la Première Guerre mondiale que sont apparues les premières armes chimiques ! Les preuves rassemblées par Adrienne Mayor montrent que des armes toxiques ont été employées par de nombreux peuples. Les premières sources sont les mythes, et Adrienne Mayor en trouve de nombreux exemples dans les Douze Travaux d’Hercule ainsi que dans L’Iliade et l’Odyssée.

Le développement des armes bactériologiques ne dépend donc pas d’un niveau technologique particulièrement avancé, qui serait limité aux époques les plus récentes. L’art de la guerre des Grecs n’avait (déjà) rien de noble ou d’honorable. Le combat individuel qui oppose Achille à Hector n’est que la facette la plus acceptable de la guerre telle que la pratiquait les Grecs. Mais à côté de cette guerre loyale, « il n’y a jamais eu d’époque innocente en matière de guerre biologique. Les armes et les stratégies biologiques remontent au début de la culture humaine, tout comme les questions pratiques et les préoccupations éthiques qui les entourent » (en utilisant une flèche empoisonnée tirée de loin, même un mauvais tireur pouvait infliger de graves souffrances à distance).

La recherche sur ce sujet est rendue compliquée par la rareté des trouvailles archéologiques. Les armes zoologiques, biologiques, bactériologiques et chimiques sont éphémères. Des pointes de flèche conservées dans les musées ont pu être analysées et ont révélé des traces de poison ; dans les tunnels de Doura Europos, des fouilles archéologiques ont révélé que les sassanides ont délibérément créé un gaz mortel (le dioxyde de soufre) pour asphyxier les assiégeants romains en 256 après J.C. Adrienne Mayor se sert donc d’autres sources, telles que les images (représentations sur des vases grecs, reliefs assyriens) et les textes littéraires (notamment les mythes fondateurs, les récits épiques) ou encore les textes normatifs ou moralisateurs sur les « règles de la guerre » en Inde ou en Chine.

Les premières traces de guerre non conventionnelle se trouvent dans les récits mythiques

La légende d’Héraclès est exemplaire et est très bien étudiée. Héraclès est le héros grec qui, après s’être débarrassé de l’Hydre de Lerne, a plongé la pointe de ses flèches dans le venin du monstre pour créer une arme biologique. Le lien est fait avec les flèches des barbares Scythes recouvertes de venin de serpent. Les victimes des flèches d’Héraclès sont nombreuses (que leur mort soit liée à une cible volontaire ou des accidents de manipulation) : les centaures Chiron et Pholos, son propre fils Télèphe, et Héraclès lui-même (quand il revêt une tunique trempée du sang contaminée d’un centaure) ! Philoctète (un compagnon d’Ulysse qui a reçu en héritage l’arc et le carquois d’Héraclès) est une autre victime du poison de l’Hydre dans l’Iliade et l’Odyssée ; Achille meurt d’une flèche empoisonnée reçue au talon ; Ulysse est tué après avoir reçu un coup de lance (une épine venimeuse de raie) en revenant à Ithaque.

Le lien avec les dieux

L’historienne démontre à plusieurs reprises les liens que font les sources révélatrices des croyances entre les fléaux et les flèches qu’envoient les dieux. Apollon est présenté comme le dieu des épidémies dans L’Iliade. Pour les Hébreux, Salomon est le roi qui est parvenu à convoquer des esprits maléfiques pour les enfermer dans des récipients de cuivre scellés conservés sous son Temple à Jérusalem. Les Egyptiens partagent les mêmes croyances autour du temple de Ptah. C’est dans les temples (en particulier les temples d’Apollon et dans le Temple de Salomon) qu’auraient été conservées des armes empoisonnées). L’histoire des épidémies fait souvent un lien direct entre l’invasion par une armée, le pillage d’un temple et la découverte d’un coffre précieux qui, une fois ouvert, libère les spores d’une maladie qui finit par emporter la vie des envahisseurs : quand les Philistins sont en guerre contre les Hébreux, ils pénètrent dans le Temple de Salomon à Jérusalem et emportent avec eux l’Arche de l’Alliance, ce qui provoque une épidémie qui décime la population ; la même maladie aurait frappé les Babyloniens qui envahissent Jérusalem en 586 avant J.C., puis les Romains qui détruisent une nouvelle fois le Temple de Jérusalem en 70 après J.C ; la « peste antonine » se serait déclarée en 165 après J.C. alors que les armées romaines de Lucius Verus assiégeaient Séleucie et ont pillé le temple grec de la cité ; en 540, c’est Justinien, après avoir ordonné la destruction du temple d’Isis à Philae, qui aurait provoqué la grande peste du VIe siècle… Ces phénomènes pesteux miraculeux sont également associés à la prolifération de souris et de rats.

Au XXe et au XXIe siècle, des laboratoires militaires interdits au public conservent des fioles contenant des souches de différentes maladies disparues ; d’autres laboratoires scientifiques publics mènent des recherches, comme le laboratoire de Wuhan en Chine. Mais hier comme aujourd’hui, le mythe de la boîte de Pandore est l’une des premières expressions mythiques de l’idée antique de maladie enfermée dans un récipient fermé.

Quant à l’usage du feu comme arme, elle est déjà évoquée dans le mythe de Médée.

Des méthodes de guerre illicites et trompeuses très anciennes

L’ouvrage recense de nombreux exemples de tromperies : des banquets offerts aux « vainqueurs » afin d’amadouer les généraux par le vin, les liqueurs ou les drogues avant de les assassiner, des offrandes empoisonnées, des femmes dont on cache les maladies vénériennes, du miel toxique…

En 401 avant J.C. les Perses d’Artaxerxès II se débarrassent de tous les généraux grecs venus faire la conquête de l’empire mède aux côtés de Cyrus le Jeune, laissant le jeune Xénophon reconduire vers l’Ouest la piteuse « Expédition des Dix Mille ». Ces mêmes Perses avaient utilisé le même stratagème un siècle plus tôt. Cyrus le Grand, souhaitant envahir le territoire des Massagètes, avait invité les barbares nomades à un banquet au cours duquel on leur a offert du vin fort dont ils ne connaissaient pas les effets sur leur cerveau. Les Perses tuent ensuite les nomades ivres.

L’usage d’animaux de guerre est lui aussi très ancien : chiens de guerre, éléphants, chevaux, dromadaires… sont connus. Mais Adrienne Mayor décrit aussi l’usage plus sournois des animaux de toutes les tailles. Elle décrit par exemple l’usage de scorpions venimeux du désert mésopotamien enfermés dans de petits vases de terres qui servent de grenades lancées depuis les murailles de Hatra contre les assiégeants Romains en 198 après J.C. Elle décrit aussi l’usage de souris et de rongeurs, ainsi que d’oiseaux portant de petits engins incendiaires censés brûler les toits des maisons. Elle décrit le catapultage d’essaims d’abeilles et de frelons ainsi que des punaises (une méthode encore utilisée en 1289 par les Hongrois contre les Turcs ainsi que par les Viêt-Cong contre les G.I.’s américains au XXe siècle). Elle évoque enfin des singes entraînés à tirer avec des armes à feu en Chine au début du XVIIe siècle, ainsi que des dauphins qui détectent les mines sous-marines.

L’exemple le plus surprenant concerne la supériorité avérée des cochons, plus efficaces que les chevaux face à des éléphants de guerre. Alexandre le Grand aurait été le premier à découvrir que les couinements aigus et les grognements rudes des cochons déstabilisent les éléphants dont l’ouïe est très fine et se serait servi de cochons pour repousser un millier d’éléphants indiens en 326 avant J.C.

Un demi-siècle plus tard, vers 270 avant J.C., les habitants de Mégare ont également utilisé des cochons pour repousser les éléphants du souverain macédonien Antigone II. Cette fois, ils ont couvert un troupeau de cochon de résine de pin, y ont mis le feu avant de lâcher le troupeau. Les cochons en feu, grognant et couinant de douleur, se sont précipités vers les éléphants et ont provoqué une énorme panique…

Le feu destructeur

Le dernier chapitre s’intitule « feu infernal ». Il décrit l’invention des flèches et des carreaux de catapulte enflammés après avoir été trempés dans de la résine de pin ou du goudron, des feux de bois alimentés par des produits chimiques, des projectiles enduits de résine puis enflammés, des « lances enflammées » chinoises, des « canons » indiens contenant du salpêtre, du soufre et de la limaille de fer et de l’arsenic…

L’historienne a épluché les traités militaires chinois et indiens qui regorgent de formules chimiques pour créer des écrans de fumée ou projeter des fumées toxiques (qui brûlent la peau, qui brûlent la rétine). Ces formules étaient également connues des Grecs, des Romains et des Sassanides : elle se sert des sources littéraires et des fouilles archéologiques ainsi que des analyses de laboratoire pour montrer que des fumées nocives ou toxiques étaient utilisées lors des sièges, en particulier dans des tunnels souterrains.

Le chapitre se termine avec les différents usages du naphte et du pétrole (dans des reliefs assyriens), jusqu’à l’invention du « feu grégeois » inextinguible au VIIe siècle.
Une guerre contre les civils

Le point commun entre ces formes de guerre non conventionnelle est qu’elles ciblent souvent les populations civiles. Empoisonner l’eau comme lors du siège de Kirrha en 590 avant J.C., polluer les citernes d’eau potable en y jetant des cadavres et des excréments, répandre des zoonoses, détourner les cours d’eau pour assoiffer les populations, empoisonner des greniers ou des tissus qui seront ensuite livrés à l’ennemi, polluer les sols et les pâturages pour tuer le bétail, endiguer une rivière pour créer un barrage qui, une fois détruit, inonde les vallées et leurs habitants… sont des pratiques courantes dans les guerres antiques. Elles sont connues par les critiques et les débats qu’elles engendrent auprès des chefs militaires, dans les discussions démocratiques et dans les traités militaires.

Les ruses militaires peuvent paraître glorieuses (comme le cheval de Troie), mais elles sont toujours suivies de scènes de violence contre les civils. A Troie, les hoplites grecs sortis du ventre du cheval de nuit attaquent les hommes désarmés, violent les femmes, massacrent les enfants.

Sur la bivalence des règles de la guerre

Adrienne Mayor nous invite à ne pas nous leurrer par les nobles récits composés par les vainqueurs. Pour vaincre, les plus puissants ont utilisé des techniques souvent peu loyales. La désapprobation des armes biochimiques et chimiques se trouve dans toutes les cultures (dans les traditions indiennes, chinoises, grecques, romaines, musulmanes). Mais d’autres textes encouragent à les utiliser et les légitiment dans de nombreux cas (pour se défendre, pour combattre des « barbares », pour réprimer des révoltes, pour les guerres contre d’autres religions, pour se sortir d’une situation difficile ou se débarrasser d’un opposant sans trop de scandale…).

En Inde, les Lois de Manu (orales vers 500 avant J.C., mises par écrit vers 150 après J.C.) définissent des règles de conduite aux dirigeants brahmanes : ce seraient les plus anciennes interdictions de guerre biochimiques. Mais ces mêmes Lois encouragent aussi à contaminer l’eau des ennemis assiégés. Un autre traité militaire, l’Arthasastra, attribué au conseiller du roi Chandragupta au IVe siècle avant J.C., encourage le roi à n’avoir aucun scrupule à employer tous les poisons possibles. L’ouvrage contient d’ailleurs des centaines de formules permettant de fabriquer des armes toxiques et des descriptions des maux que ces armes peuvent procurer.

En Chine, L’Art de la guerre de Sun Tzu (vers 500 avant J.C.) insiste sur les moyens de tromper et préconise l’utilisation du feu pour terroriser les ennemis ; d’autres traités chinois décrivent des formules pour fabriquer des gaz toxiques et des produits incendiaires.

Dans le monde musulman, le Coran interdit l’utilisation du poison et du feu comme armes de guerre. Mais Muhammad et le premier calife Abu Bakr ont utilisé ces armes contre des non-musulmans. En 683, pendant la fitna, des musulmans ont catapulté des bombes de pétrole enflammé sur d’autres musulmans de La Mecque.

Des réflexions historiques qui s’intéressent au passé pour prévenir le présent et anticiper l’avenir

Adrienne Mayor tisse sans cesse des ponts entre nos croyances contemporaines (de nouvelles formes de guerre hybride apparaissent dans un monde militairement ultra-divisé) et les réalités historiques anciennes (les sociétés antiques pratiquaient déjà des formes de guerre hybride). Cette importance de la pensée par les contextes traverse l’ensemble de l’ouvrage. Dans chaque chapitre, elle montre que le XXIe siècle n’a rien inventé, puisque des grenades à scorpion, des dards empoisonnés, des drogues rendant momentanément fou, des catapultages de ruches, des cochons enflammés, des empoisonnements de puits, des canons enflammés… (résumons : des armes non conventionnelles) étaient déjà en usage dans les pratiques de la guerre depuis plusieurs millénaires.

Importance du contexte donc. Dans une préface inédite, l’autrice rappelle d’ailleurs le contexte de rédaction de son livre. En 2001, après les terribles attentats du World Trade Center et des envois d’enveloppes contenant de l’anthrax ont mis en évidence une forme particulière du terrorisme stratégique : le bioterrorisme. Quand paraît le livre en 2003, les Etats-Unis sont en guerre en Irak, après que Colin Powell a accusé le dictateur Saddam Hussein de développer des « armes de destruction massive ».

En 2024, de même qu’en 2026, le contexte a un peu changé : les terroristes d’al-Qaïda et de Daesh restent menaçants pour les Etats occidentaux mais leurs moyens d’action sont plus faibles qu’auparavant. Néanmoins, les tactiques d’empoisonnement des sources, les envois de courrier piégé, les n’ont pas disparu. Des dictateurs n’hésitent pas à bombarder les populations civiles de villes assiégées (en ciblant volontairement des hôpitaux ou des écoles) en larguant des bidons de chlore, de gaz sarin, de gaz moutarde (par Bachar el-Assad à Alep entre 2011 et 2013, mais également en 2017 et en 2018 ; le gaz était fourni par les usines chimiques de Corée du Nord, par l’intermédiaire de la Russie et l’Allemagne).

Surtout, ces deux dernières décennies ont vu naître une nouvelle menace de destruction massive : l’arme nucléaire, ainsi que la question de la gestion des déchets que provoque la fabrication de ces armes et des combustibles (de même que dans le cadre de la production d’électricité). L’autre grand enjeu, celui qui traverse également l’ouvrage, est celui de la dissimulation, de la gestion, de la protection contre les déchets les plus dangereux de notre monde, qui sont des armes que nous, leurs créateurs, ne maîtrisons pas.

Depuis le début de la guerre non conventionnelle, les ingénieurs ont été confrontés au problème pratique de l’élimination des armes zoologiques, biologiques, bactériologiques et chimiques indestructibles. Les ingénieurs du XXIe siècle n’ont toujours pas réglé ce problème : nous continuons d’enterrer nos déchets nucléaires comme Héraclès a enterré la tête immortelle de l’Hydre de Lerne.

Quelle utilité, finalement ?

Pour des curieux, l’ouvrage apporte une autre vision de la guerre historique.
Pour les enseignants de spécialité, il apporte des nuances importantes au chapitre de terminale « Faire la guerre, faire la paix ».
Pour les enseignants du tronc commun et du collège, il propose des dizaines d’anecdotes qui peuvent être reprises dans nos cours pour intéresser et surprendre les élèves.