Bruno Modica, chargé de cours en relations internationales est amené à participer aux oraux de concours de la fonction publique dans le cadre des présentiels organisés par le CNED.

 

Très utilisés sur Internet à partir de différents sites participatifs, le genre QCM, peut susciter certaines réserves dès lors qu’il s’agit de culture générale. Pourtant, il suffit d’être familier avec les différents concours de la fonction publique pour savoir que ce type d’épreuve est largement utilisé.
On comprend alors pourquoi les éditeurs cherchent à proposer ce type d’ouvrages permettant aux candidats de s’entraîner de façon assez ludique. C’est le but recherché par cet ouvrage paru chez Nathan et force est de constater que l’objectif a été très largement atteint. Une fois les épreuves orales terminées pour la partie essentielle, les jurys des concours, parfois pour meubler le temps restant est souvent hélas, pour essayer de se faire valoir auprès de leurs collègues, s’engagent dans des questionnements qui n’ont en parfois aucun rapport avec les épreuves auxquelles les candidats sont confrontés.

On comprend d’ailleurs pourquoi certains présidents de la république ont pu se demander à quoi servait la lecture de la princesse de Clèves pour le recrutement de fonctionnaires territoriaux. Il avait évidemment tort. C’est dans la culture générale, et quel que soit le niveau de responsabilité auquel on prétend, que l’on trouve les capacités à répondre à des sollicitations multiples, celle de la gestion de la vie quotidienne de ses contemporains.
Cet ouvrage n’a pas d’autre but que de balayer des champs extrêmement variés de la connaissance, un peu comme une sorte de triviale pursuit sans le plateau de jeu, et il y parvient, comme d’autres ouvrages de la collection, avec un certain bonheur.
Le balayage des champs de la connaissance est assez complet, associant la nature et l’environnement, l’histoire et la géographie, les institutions de la vie politique, mais aussi, ce qui est plus rare, l’économie et les finances.
On doit bien pouvoir trouver sur un support numérique des éléments de la nature, mais pas forcément aussi complets ni aussi commodes d’utilisation.

En attendant que ne se développent des plates-formes universelles pour le support imprimé aussi commodes et aussi peu coûteuses que le lecteur MP3 pour la musique, on continuera à utiliser le livre qui permet au lecteur pressé, coincé dans les transports en commun que l’on est largement inciter à utiliser, pour employer ces temps morts de façon productive. Pourquoi pas pour préparer un concours ? Dans ce cas, cet ouvrage peut se révéler particulièrement précieux.

Organisé en trois niveaux, balayant les différents champs de la connaissance, terminé par une grille d’évaluation générale, il permet à un candidat sérieux de voir dans quel domaine il doit compléter ses connaissances. Pour ce qui concerne la première rubrique du niveau 1, langue française orthographe, il faut reconnaître à cet ouvrage des ambitions élevées. La recherche des intrus dans le pluriel des mots suivants hôpital chacal canal et caporal n’est pas directement accessible, pas plus que la recherche de la signification du préfixe d’origine grecque télé, dès la première question. On voit l’ampleur du travail qui reste à accomplir. Heureusement pour le lecteur qui a quelques faiblesses, et en dehors de l’histoire de la géographie, l’auteur de ces lignes en a beaucoup, un corrigé tout à fait didactique permet de retrouver les réponses correctes. Dans le domaine des arts et de la littérature, le questionnaire apparaît tout à fait accessible dès lors que l’on a fait un minimum d’études littéraires, par contre pour le niveau 2, pour ce qui concerne la nature et l’environnement, les questions peuvent apparaître comme assez difficiles. Si beaucoup de gens par exemple ont entendu parler de la maladie de la pomme de terre qui a fait mourir de millions de personnes en Irlande XIXe siècle, rares sont ceux qui pourraient identifier cette catastrophe biologique du nom d’une maladie traditionnelle du vignoble languedocien, à savoir le mildiou…

On pourrait envisager une utilisation ludique de cet ouvrage. Dans les livres de l’été des petits livres destinés aux réunions entre amis proposaient également des Quizz et la filiation avec le trivial pursuit était évidente, destiné à animer les rencontres autour d’un verre. Cet ouvrage pourrait également servir dans ce contexte, mais il faudra alors choisir les convives à un niveau plus élevé.
À moins que les candidats aux concours ne se réunissent pour mener des préparations communes et pour confronter leurs connaissances de façon conviviale. Il n’en reste pas moins que lors des concours c’est forcément le meilleur qui gagne, mais cela n’empêche pas pour les préparations, un minimum de convivialité.
Puisse cet ouvrage au final particulièrement stimulant intellectuellement les y aider !

Bruno Modica