Ce livre soutenu par Amnesty International est un gentil réquisitoire contre la guerre. Son titre, Moi, Lubochka, son contexte d’écriture, février 2026, ne peuvent nous empêcher de penser que l’auteur, Gille Baum, ne fasse pas ici référence à la guerre qui sévit en Ukraine depuis février 2014. Il en est de même pour son histoire. Un ours mène une vie d’ours tranquille au fil des saisons. Et puis, un jour, la guerre arrive, avec ses chars et ses bombardements. La terre tremble et le ciel prend feu. Tous les animaux de la taïga fuient. L’ours tombe, blessé par les combats qui font rage.

            Inconscient, il est sauvé et soigné par Sergiy, soldat en permission, qui lui donne son nom : Lubochka. En russe, Lyubochka signifie le « bien-aimé », un dérivé de Lyubov, l’amour. Pendant plusieurs jours, Lubochka et le soldat vivent une parenthèse de douceur, entre soupes chaudes et parties d’échec, ou musique sous les étoiles. Mais lorsque Sergiy doit repartir au combat, c’est Lubochka, profitant du sommeil de son bienfaiteur, qui s’empare du fusil et de l’uniforme pour partir au combat à la place de Sergiy.

            Cette fable montre que l’amour doit toujours triompher au bout du compte. Cette histoire d’amitié hors norme transcende le seul conflit russo-ukrainien. Le texte de Gilles Baum, dont la guerre reste un sujet assez récurrent, à la fois simple et juste, tend à renouveler que l’amitié entre les races, entre les peuples est plus fort que tout. Les illustrations d’Amandine Piu parviennent à porter ce message simple. Alternant images douces et fortes, l’illustratrice donne vie au message de l’auteur.