La Grande Saline est inscrite au Patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco depuis 2009, en extension de la Saline Royale d’Arc-et-Senans. Pourtant, la richesse de la ville ne se résume pas à ce seul monument comme en témoigne ce nouveau volume des Images du patrimoine. Comme le veut la collection, l’ouvrage est structuré en deux parties : une introduction d’une quarantaine de pages qui fait la synthèse puis une seconde partie d’environ 150 pages intitulée « un patrimoine en images » qui permet de faire des focus. Dans cette partie, une large place est laissée à l’iconographie.
L’histoire d’une ville
Il est possible que l’agglomération se forme durant le haut Moyen Age même si l’exploitation de l’eau salée est beaucoup plus ancienne. A partir du XI ème siècle, les Salines attirent les convoitises. Le sel est un levier économique mais pas le seul car la ville est aussi à l’intersection de deux routes importantes. Le XV ème siècle est synonyme d’âge de la pierre tandis que la ville est à son apogée au siècle suivant. Elle compte alors 6500 habitants là où Besançon affiche 12 000 au même moment.
Après la conquête du comté de Bourgogne et son rattachement, la ville se dote d’un certain nombre d’équipements publics. En 1925, la ville est frappée par un gigantesque incendie qui détruit plus de 300 maisons. La décennie 1830 est placée sous le signe de la renaissance de la ville dont la population, qui avait chuté à 3900 habitants, remonte à 7500 en 1840, soit le niveau d’avant l’incendie.
En 1854, c’est l’ouverture de l’établissement thermal et à la même date commence le démantèlement de l’enceinte fortifiée. Les équipements publics se diversifient avec des bains-douches, un casino et des parcs publics.
L’urbanisme
La première entrée de la seconde partie est consacrée à l’urbanisme et aborde notamment les escaliers et les places de la cité. Les auteurs analysent ensuite l’architecture fortifiée avec notamment le Fort Saint-André et le Fort Belin qui tous deux dominent la ville.
Architecture publique et scolaire
On découvre de magnifiques images de l’hôpital qui a fermé ses portes en 2022 et, parmi elles, celle de l’apothicairerie. L’hôtel de ville est présenté puis le théâtre avec le superbe décor de toiles peintes réalisé par Sacchetti. Parmi les autres aspects de l’architecture publique on trouve les monuments funéraires mais aussi la voie ferrée Mouchard-Salins. Deux écoles primaires sont ouvertes en 1842 et 1843.
Architecture domestique
Cette partie est conséquente avec une trentaine de pages. On trouve le détail de nombreux hôtels comme l’hôtel Ferroux situé rue de la Liberté ou encore Pavans de Ceccatty rue de Chambenoz. Ce dernier se révèle de toute beauté avec de nombreux décors et un escalier tournant avec jour central. Quelques pages sont dédiées aux fermes et à l’architecture viticole. On mentionnera également la maison d’une célébrité comme Max Claudet. La façade ouest de sa propriété sert de catalogue puisqu’il y insère beaucoup de pièces de céramique qu’il fabrique.
Architecture religieuse
L’auteur décortique le quartier canonial Saint-Anatoile avec notamment son église. Après son classement au titre des Monuments historiques en 1846, l’église fait l’objet de campagnes de restauration dans la seconde moitié du XIX ème siècle. L’ouvrage donne également à voir et à comprendre la chapelle Notre-Dame Libératrice. Elle est due au fait que la ville a échappé aux troupes de Bernard de Saxe-Weimar pendant la guerre de Dix Ans. Le dôme de la chapelle, émergeant des toitures du quartier, est un marqueur visuel fort de la cité. Cette visibilité a été renforcée par la restauration de la toiture et de la sacristie il y a une vingtaine d’années. Des monuments plus modestes comme des chapelles, oratoires et croix de mission sont présentés également.
Architecture industrielle et thermale
L’arrivée du chemin de fer au XIX ème siècle participe au développement industriel de la ville. Cette partie permet de découvrir la diversité de l’activité avec les plâtrières ou la faïencerie. La Grande Saline est un lieu où on a produit du sel pendant au moins 1200 ans. Aux XVI ème et XVII ème siècles, la Saline passe aux mains des Habsbourg qui administrent le comté de Bourgogne. Charles Quint nomme l’un de ses proches, Nicolas Perrenot de Granvelle comme directeur. En 1632, il y avait jusqu’à 200 voitures de sel qui sortaient de la ville chaque jour et 500 chariots de bois qui entraient. L’augmentation de la salinité est une préoccupation constante et aboutit au final à 330 grammes par litre. Devenue musée, la Saline accueille 85 000 visiteurs par an. La fin de l’ouvrage se penche sur le thermalisme.
Cet ouvrage permet donc de rendre compte de la richesse du patrimoine salinois qui ne se réduit pas à la Grande Saline. Il invite à parcourir la ville pour en découvrir toutes les facettes.



