Auteur prolifique de romans policiers notamment, Caryl Ferey signe ici un nouveau scénario après Sangoma et Islander. Alex Mach et Alluck Aguirre apportent leur savoir faire et une vivacité des traits et de la mise en couleur à cette BD d’aventure.
Le titre de l’ouvrage, pour le moins provocateur, intrigue et fait résonance à la chanson de The Clash. C’est en fait le jingle de la BBC utilisé pendant cette Seconde Guerre mondiale. Il raconte l’histoire de Louise, jeune fille acrobate d’un cirque familial en France dans les années 1930. Passionnée par l’aviation, elle rêve de voler autrement que de trapèze en trapèze.
De l’autre côté de la Manche, trois jeunes britanniques de la haute société (Jeff, Matt et Amalia) assoient leur amitié et leur volonté de se distinguer par leur anticonformisme.
L’histoire européenne, montée du nazisme, manifestation du 6 février 1934 ponctuent les pages et influencent la vie des personnages.
Le déclenchement de la guerre et le début de la campagne de France vont projeter Louise dans une succession de péripéties qui vont l’amener à se travestir en homme pour survivre d’abord, puis pour avoir le droit de se battre ensuite. Louise devient Louis et intègre grâce à l’amitié des trois aventuriers britanniques la RAF et combat auprès de Matt et Jeff.
Dans cette œuvre qui retrace avec précision les enjeux et difficultés de la campagne de France puis de la bataille de Londres, l’auteur mêle intelligemment l’Histoire avec l’histoire d’amitié et d’amour entre les protagonistes. Les personnages ont des psychologies intéressantes et les points de vue anglais et britannique de la bataille de Londres sont présentés afin de donner plus de corps à l’enjeu de la bataille.
La misogynie de la RAF qui autorise les femmes à conduire des Spitfires, mais pas à combattre avec est un des ressorts du changement d’identité de Louise.
Le souffle épique de cette période est très bien rendu dans cette BD qui tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière case et rend hommage à une génération fauchée en plein vol et en pleine jeunesse par amour de son pays, de l’aventure ou par vengeance.
Cette BD bien documentée et de lecture agréable pourrait trouver sa place sans aucune hésitation dans un CDI de collège ou de lycée et pourrait être utilisée dans plusieurs séances ou EMC : pour évoquer le 6 février 1934, l’exode de mai-juin 1940, le ralliement à Londres des soldats, l’évacuation de la poche de Dunkerque mais aussi pour parler en EMC d’égalité filles-garçons et de la conquête des droits des femmes, y compris de mourir à la guerre.




