Une grossesse sur quatre est une bande dessinée documentaire écrite par Camille Drouet Chades et dessinée par Manon Mugnier. Elle aborde un sujet de société encore très peu évoqué mais pourtant très fréquent : les fausses couches. En France, environ 200 000 grossesses s’arrêtent spontanément chaque année, mais cette réalité reste souvent invisible et silencieuse.
De l’expérience de l’autrice à l’enquête
L’autrice part de sa propre expérience, puisqu’elle a elle-même vécu plusieurs grossesses interrompues. Elle décide alors de mener une véritable enquête pour comprendre pourquoi les fausses couches sont si peu racontées et pourquoi les personnes qui les vivent sont parfois (souvent) mal accompagnées.
La BD montre notamment la douleur physique, la souffrance psychologique, le sentiment de culpabilité et l’incompréhension qui peuvent accompagner cette épreuve ; que ce soit de la part des professionnels de santé (gynécologue, sage-femme, médecin traitant…) ou de la part de son patron, des amis, de la famille…
Camille Drouet Chades ne se contente cependant pas de raconter son histoire personnelle. Elle interroge également de vrais professionnels de santé, des chercheurs et différentes personnes concernées par le sujet. L’enquête montre notamment les difficultés rencontrées dans les hôpitaux, le manque d’accompagnement psychologique et les conséquences des déserts médicaux.
L’ouvrage montre aussi que les fausses couches concernent les couples et pas seulement les femmes. Les hommes peuvent eux aussi ressentir de la tristesse, de l’impuissance et du deuil, même si leur souffrance est souvent moins reconnue.
Une fin plus scientifique
A la fin de la BD, l’autrice a mis à disposition des interviews réalisées avec l’historienne Muriel Salle, la philosophe féministe Victoria Browne, le journaliste suisse Jonas Schneiter au sujet de la fertilité masculine ; puis l’autrice termine par des paroles d’hommes face à la fausse-couche de leurs compagnes.
L’illustratrice
Les dessins de Manon Mugnier rendent l’enquête plus accessible et permettent de représenter des situations parfois difficiles à raconter avec des mots. Elle fait passer les émotions des personnages avec brio, comme la vue du sang, lors des réunions de groupe, avec les professionnels de santé… Le mélange entre témoignages personnels, interviews et explications donne à l’ouvrage un aspect à la fois intime et documentaire.
Conclusion
Une grossesse sur quatre est une BD importante qui permet de mieux comprendre une épreuve fréquente mais encore taboue. Elle cherche surtout à briser le silence autour des fausses couches et à montrer qu’elles ne doivent pas être considérées comme un simple événement médical. Cette œuvre invite donc à davantage d’écoute, de compréhension, de soutien et d’accompagnement des personnes concernées. Elle permet de se rendre compte du parcours de combattante que doivent prendre ces femmes, qui doivent trop souvent masquer leur souffrance physique et psychologique.



