Une histoire de l’archéologie dense et limpide

Le livre brosse, avec maestria, l’histoire de l’archéologie de l’Antiquité à nos jours. Il répond à tous les canons du livre scientifique et vise un public étudiant ou universitaire. Sa clarté dans la construction et la rédaction le rend accessible à tous les passionnés d’archéologie.

L’aventure de l’archéologie, une synthèse érudite

 Une chronologie maîtrisée claire

L’auteur, François Djindjian, fait autorité. Il est professeur associé à l’Université de Paris 1 Panthéon Sorbonne, archéologue et préhistorien français, spécialiste du Paléolithique supérieur et des méthodes et théories de l’archéologie. Il a présidé l’Union Internationale des Sciences préhistoriques et protohistoriques (UISPP), secrétaire permanent de l’Académie Internationale de Préhistoire (AIPP). Son livre tisse avec brio les liens, parfois conflictuels, entre archéologie, histoire, préhistoire et protohistoire, dans une vision internationale. François Djindjian est aussi un scientifique de terrain qui poursuit ses recherches sur le site préhistorique de Gontsy en Ukraine. Le chapitre 16 « L’archéologie, un métier à risque : le cas extrême des archéologues ukrainiens » retrace l’histoire dans cette zone géographique.

L’histoire de l’archéologie et son institutionnalisation sont mises en lumière rigoureusement grâce à vingt-deux chapitres qui entrecroisent les périodes majeures qui scandent l’histoire et des figures d’archéologues replacées dans leur contexte historique et idéologique.

L’auteur fait preuve de pédagogie en ménageant des synthèses régulières, en fin de chapitre. La table des matières, très précise, constitue un outil précieux pour utiliser le livre pour s’informer sur une période, un lieu, une fouille, un archéologue etc. Elle est reproduite ci-dessous, pour permettre à l’enseignant de choisir son entrée dans le livre.  Les riches notes de fin de volume, détaillant finement les sources et la bibliographique, très fouillée, permettent d’approfondir chaque notion abordée et de poursuivre la découverte savante de la discipline.

Jusqu’au XVIIIe siècle compris, l’archéologue n’est pas un métier reconnu et celui qui l’exerce le fait dans le cadre d’une autre activité (négociant, religieux, architecte etc.). Par ailleurs, l’archéologie fait partie de la culture que tout jeune éduqué issu des classes aisées doit acquérir à partir du XVIe siècle par des voyages, le « Grand Tour » (Chapitre 21, p.357). La conclusion du chapitre 21 rappelle les étapes de l’institutionnalisation de l’archéologie, « processus récent qui démarre à la fin du XVIIIe siècle, de façon désynchronisée suivant les spécialités et les pays » (p.405) L’épilogue (p.407-417) réalise la prouesse d’effectuer une synthèse des grandes périodes de l’histoire de l’archéologie, depuis le travail d’une élite érudite qui de tout temps s’est intéressée au passé « dans la mesure où la sécurité et la stabilité socio-économique de leur société le leur permettait ». François Djindjian rappelle les événements historiques et les instabilités qui ont entravé le travail et montre que c’est « dans de courtes fenêtres de stabilité que se concrétise le travail des érudits quand ils sont protégés par le pouvoir séculier et tolérés par les systèmes religieux » (p.407). Le livre expose les effets, souvent délétères de ces deux pouvoirs sur la discipline.

Dans la préhistoire française, les années 1960-1980 représentent un âge d’or qui n’a eu son équivalent que dans la période 1865-1885, au moment de la naissance académique tardive de la discipline.

La chronologie concernant l’archéologie et ses techniques se dessine clairement depuis l’Antiquité, le retour d’intérêt à la Renaissance, l’impulsion du siècle des Lumières, le grand essor du XIXe siècle et, enfin, la professionnalisation du XXe siècle.  L’auteur consacre un chapitre à chaque période phare, depuis le passe-temps d’érudits (chapitre 2) jusqu’à l’institutionnalisation (chapitre 21), en passant par l’archéologie classique du XVIIIe au XXe siècle (Chapitre 7) et la révolution des années 1960 dans la préhistoire et la protohistoire française (Chapitre 20). En parallèle, l’évolution des techniques est clairement exposée, avec une exploration approfondie de l’épigraphie (Chapitre 9 Epigraphie et archéologie : le déchiffrement des écritures). Le lecteur découvre l’ensemble des méthodes archéologiques : relevés stratigraphiques, chronostratigraphie, « méthode scandinave » (p.143), archéométrie etc. mais aussi les développements mathématiques de l’archéologie quantitative (p.346) et le recours à l’informatique. Dans les années 1960, les techniques de fouilles archéologiques ont progressé, en moins de vingt ans, plus rapidement que dans le siècle précédent. François Djindjian r en résume tous les acquis (p.336-337). La révolution suivante, celle de l’archéologie 3D survient à partir des années 2010.

Une vision mondiale de l’archéologie

Le livre ne se limite pas à l’archéologie française et embrasse une vision internationale.

L’archéologie française corrélée aux faits historiques y trouve une place de choix. Le lecteur retrouve les lieux nationaux emblématiques, notamment le tombeau de Childéric Ier, L’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, l’abbaye Sainte-Geneviève, la basilique de Saint-Denis (chapitre 3).

Le lecteur retrouve, sans surprise, au fil des chapitres l’Italie (avec un développement sur Pompéi et Herculanum, p.69) et la Grèce, mais aussi la Russie. Tous les continents sont investis. Les régions les plus citées sont l’Egypte, l’Asie centrale (Kazakhstan, Tadjikistan, Ouzbékistan, Turkménistan, Baloutchistan), le Proche-Orient (la Syrie notamment), la péninsule arabique (Émirats, Yémen, Arabie Saoudite), l’Asie du Sud Est et l’Asie centrale. L’Egyptologie occupe une place centrale depuis sa naissance avec l’expédition d’Egypte de Bonaparte de 1798 (p.70), les grandes découvertes du XIXe siècle dont la célèbre tombe de Toutankhamon en 1922 (p.80) et celles du XXe siècle (p.98). Les débuts des recherches préhistoriques dans ce pays sont développés dans le chapitre sur les relations difficiles entre l’archéologie classique et la préhistoire (Chapitre 19, p.320). Enfin, le déchiffrement des hiéroglyphes est commenté dans le chapitre 9 « Épigraphie et archéologie : le déchiffrement des écritures » (p.121)

L’archéologie des Amériques est développée dans le chapitre 18 qui révèle plusieurs phases :

-la découverte des Amériques (XVIe siècle)

-les premières expéditions naturalistes du siècle des Lumières

-les explorateurs du XIXe siècle, souvent accompagnés d’un dessinateur qui illustre les sites et les monuments découverts

-les premières fouilles archéologiques au tournant du XIXe siècle et dans la première moitié XXe siècle

-la seconde moitié du XXe siècle, fouilles, conservation du patrimoine et tourisme

Chaque progrès ou recul de l’archéologie est contextualisé historiquement et présente les grandes figures des archéologues. La période coloniale affecte particulièrement la discipline. La décolonisation de 1952 à 1962 entraine des bouleversements pour l’archéologie française qui tente d’aider les nouveaux pays indépendants à continuer à assurer les fouilles et à former des étudiants boursiers des ex-colonies (p.352). Un chapitre entier est consacré à l’exemple de l’Afrique du Nord (Chapitre 17), « Heurs et malheurs de l’archéologie coloniale ». Le contexte historique et politique est rappelé avec précision dans ce chapitre passionnant. L’administration des colonies s’accompagne souvent mais surtout à partir de la fin du XVIIIe siècle de la mise en œuvre d’un volet scientifique. Le chapitre développe les aléas de la recherche scientifique en Algérie, Tunisie, Maroc, en entrecroisant archéologie, préhistoire, protohistoire et paléontologie, débusque les erreurs (« pluviaux africains = glaciaires européens », p.267) et rend hommage à l’apport des géologues. L’auteur est animé du souci du détail et de la précision scientifique. Il nous livre une classification des cinq styles de l’art rupestre du Sahara daté par l’iconocénose (les espèces animales représentées) (p.279) et nous fournit des références bibliographiques pour affiner le classement par des subdivisions régionales.

 Des biographies d’archéologues au cœur des débats scientifiques et idéologiques

Six chapitres sont consacrés à des archéologues ; ce qui fournit des éclairages humains sur les grandes étapes de l’archéologie et sur ses aléas.

Ce panel recouvre différentes époques et objets de recherche et offre des profils variés :

-Jean Potocki (1761-1815) (Chapitre 4). Cet aristocrate polonais, grand voyageur aux temps des Lumières permet de développer la tentative de dater l’histoire de l’humanité par les chroniques universelles. Son parcours d’érudition cohérent et progressif nous lègue au-delà de ses recherches historiques et chronologiques aujourd’hui obsolètes une « leçon essentielle : l’archéologue doit mettre sa connaissance des sociétés humaines du passé au service de l’avenir des sociétés contemporaines » (p.43).

–Jacques de Morgan (1857-1924) illustre l’apogée de l’archéologie classique à grande échelle. Ce préhistorien, ancien entrepreneur de l’industrie à la biographie truculente, monte « une mission d’exploration qui va devenir l’une des plus belles pages de l’exploration cartographique et ethnographique française du XIXe siècle » (p.110).

-Quatre pages (p.127-130) sont consacrées à la carrière brisée de l’Allemand Friedrich Eduard Schulz qui révéla l’existence de la civilisation de l’Urartu dont l’apogée se situe entre le XIIIe et le VIIIe siècle avant JC

-Le parcours de Gustav Kossinna permet d’appréhender les conséquences de la montée des nationalismes sur l’archéologie. Son portrait succède au chapitre « L’archéologie européenne, otage des idéologies dans la première moitié du XXe siècle ». Ses travaux seront exploités par l’idéologie nazie dans un sens pangermaniste, raciste, eugéniste et expansionniste par le régime national-socialiste de 1933 à 1945 (p.148).

–Nicolas Marr (1844-1934) se place, lui, au service du marxisme. Il constitue une des légendes de la science soviétique, entre la création de l’Académie d’Histoire de la culture matérielle en 1919 jusqu’à sa condamnation en 1950, 16 ans après sa mort, dans l’article de la Pravda rédigé par Staline (p.151)

-Enfin, François Djindjian rend hommage à Raymond Vaufrey qui livre un combat pour la reconnaissance académique de la préhistoire, au lendemain de la Première Guerre Mondiale

La vulnérabilité du savoir scientifique et de sa construction

Religions et idéologies, freins au développement du savoir scientifique

Le contexte historique et économique impacte le travail de l’archéologue. Le cas extrême des guerres l’illustre tragiquement. Au fil des événements et soubresauts du monde, s’ouvrent des fenêtres propices au développement du travail scientifique. Dans le chapitre 20, « la révolution des années 1960 dans la préhistoire et la protohistoire française », François Djindjian montre la dynamique remarquable, dans tous les domaines scientifiques et dans l’archéologie en particulier, qui marque l’après Seconde Guerre mondiale, sous l’impulsion d’une politique volontariste (développement des universités et du CNRS notamment)

Le pouvoir politique peut être favorable à la science ou s’avérer délétère. La situation actuelle aux Etats-Unis l’illustre dramatiquement. Les portraits de Gustav Kossinna et de Nicolas Marr attestent de l’emprise des idéologies, surtout dans la première moitié du XXe siècle.

L’Église constitue un autre frein dans l’histoire de l’archéologie. Le chapitre 6 expose, en détails, la compétition entre le mouvement positiviste et l’Église catholique au XIXe siècle, mais les religions peuvent s’ériger contre le savoir à toutes les époques. Même s’il faut se garder de toute vision manichéenne : une église progressiste peut être un élément facilitateur (Cf. p.62). L’opposition avec l’Église constitue une des constantes depuis la genèse de l’archéologie. Comme le rappelle François Djindjian, « la géologie, la paléontologie et la préhistoire furent des disciplines qui se sont heurtées longtemps au dogme biblique sur l’âge de la terre » (p.45). L’auteur souligne : « L’obligation faite à la science d’être compatible avec l’Ancien Testament a été le frein principal à la prise de conscience progressive de l’ancienneté de la Terre et de l’ancienneté de l’Homme, obligeant les chercheurs à des contorsions ingénieuses pour tirer parti des contradictions ou des non-dits des versets de la Genèse. » (p.51). Le long combat engagé par les scientifiques de la première moitié du XIXe siècle pour prouver l’ancienneté de l’Homme n’est pas unique dans l’histoire de la science. « Ces combats partagent entre eux la même caractéristique, celle de la différence entre l’évidence (intuitive et/ou raisonnée) et la preuve de de cette évidence dont le niveau d’irréfutabilité est proportionnel aux freins de toutes natures (religieux, idéologiques, académiques) qui la bloquent. » (p.55). Le monde académique conservateur et corporatiste constitue, en effet, la troisième catégorie de freins au savoir scientifique ; il est le premier responsable de « combats d’arrière-garde » (p.56) qui ponctuent l’histoire de l’archéologie comme celle des autres sciences.

 « Un métier à risques »

Ces « combats d’arrière-garde » peuvent quitter la sphère purement académique pour investir le domaine politique. Des « collègues » peuvent se transformer en ennemis au service d’une idéologie. Le parcours de Nicolas Marr l’illustre. Entre 1934-1938, c’est le « temps des accusations et des dénonciations entre collègues qui nourrissaient les quotas de purge sans que personne n’en sorte indemne » (p.158).

L’opposition à des falsifications de la science entraînent des répressions pouvant aller jusqu’à une élimination quasi complète de l’élite intellectuelle comme en Ukraine dans les années 1930.

François Djindjian consacre le chapitre 16 au « cas extrême des archéologues ukrainiens » (p.223), cas « sans équivalent dans l’histoire des répressions du monde scientifique pour des raisons politiques au XXe siècle. La terreur stalinienne des années 1936-38 apparaît plus systématique en Ukraine qu’en Russie ou que dans les autres républiques ». L’histoire se poursuit et fait écho dramatiquement aux événements actuels : « Aussi bien la Russie tsariste que l’Union soviétique, qui ont en commun d’être des empires, ont combattu la culture ukrainienne en niant ses spécificités et le risque inhérent de son indépendance de 1991 montre que cette histoire n’est pas terminée. » (p.237) La population ukrainienne qui subit actuellement douloureusement les drones tueurs de Poutine en atteste…

« Le premier ennemi de la science est donc tout ce qui veut fixer définitivement un dogme, qu’il soit de nature religieuse, politique ou idéologique, et le chercheur ne peut généralement rien contre ses manifestations militantes, surtout quand elles s’appuient sur des manifestations ou des falsifications de résultats scientifiques. » (p.5) Nous pourrions ajouter que ces manifestations peuvent entraver la transmission du savoir scientifique. L’enseignant d’histoire le sait, lui qui doit déjouer le poids des idéologies extrémistes pour délivrer son enseignement, en particulier sur des sujets sensibles et cruciaux comme la laïcité.

 

Cet ouvrage érudit de référence permet d’appréhender avec clarté la démarche archéologique et son histoire, sans éluder les débats et en dépassant les erreurs et les présupposés cachés, et il permet de mesurer le long cheminement du savoir scientifique semer d’embûches religieuses, idéologiques ou politiques.

 

Sommaire

Chapitre 1 Introduction

Chapitre 2 La curiosité pour le passé : un passe-temps
d’érudits

  1. L’archéologie dans l’Antiquité
  2. L’éveil de la Renaissance
  3. Le siècle des Lumières
  4. Les voyages au Proche-Orient et en Asie et l’ère des explorateurs

Chapitre 3 La découverte des tombes royales mérovingiennes au xviie siècle

  1. Le tombeau de Childéric Ier
  2. L’abbaye de Saint-Germain-des-Prés
  3. L’abbaye Sainte-Geneviève
  4. La basilique de Saint-Denis
  5. Deux érudits majeurs
    Jean-Jacques Chifflet
    Dom Bernard de Montfaucon
  6. Les fouilles de Cocherel en 1685

Chapitre 4 Jean Potocki (1761-1815) aux temps des Lumières

  1. Introduction : dater l’histoire de l’humanité par les chroniques universelles 31
  2. Jean Potocki, une biographie résumée
  3. Jean Potocki, voyageur
  4. Jean Potocki, historien de l’Antiquité
  5. Jean Potocki, chronographe
  6. Jean Potocki, directeur de mission scientifique (1805-1806)
  7. Conclusions

Chapitre 5 De l’ancienneté de l’Homme dans la première moitié du xixe siècle

  1. Introduction
  2. L’Homme est-il contemporain de la faune disparue ?
    Les naturalistes anglais
    La Société d’émulation d’Abbeville
    Neandertal avant l’heure
    Le Périgord préhistorique
    L’attentisme toulousain
    Le cercle de Montpellier
  3. Les raisons d’un échec
  4. Conclusions

Chapitre 6 La compétition entre le mouvement positiviste et l’Église catholique au XIXe siècle

  1. Introduction
  2. Un premier âge d’or de la Préhistoire
  3. Concordisme
  4. Libre pensée et matérialisme scientifique
  5. La Société d’anthropologie de Paris et le positivisme anthropologique
  6. L’Église catholique progressiste
  7. La chronologie
  8. L’homme tertiaire
  9. Religion et préhistoire
  10. L’Institut de paléontologie humaine
  11. Conclusions

Chapitre 7 L’archéologie classique du XVIIIe au XXe siècle

  1. Les prémices du XVIIIe siècle : Pompéi et Herculanum
  2. Les débuts de l’égyptologie
  3. Heinrich Schliemann et l’archéologie : la passion d’une vie
  4. Les grandes fouilles en Grèce et en Asie mineure au xix e siècle
  5. Les grandes fouilles en Italie au XIXe siècle
  6. L’archéologie russe, des débuts jusqu’à la révolution
  7. Les grandes fouilles archéologiques au Proche-Orient
  8. L’archéologie en Chine et en Asie centrale
  9. La première moitié du xx e siècle
  10. L’Italie, les Étrusques, Rome et la Grande Grèce
  11. Phéniciens et Carthaginois dans le monde méditerranéen
  12. La remontée dans le temps de l’archéologie classique et l’apparition de la protohistoire
  13. Continuités et interruptions de l’archéologie française à l’étranger (1945-1985)

Chapitre 8 Jacques de Morgan (1857-1924), l’apogée de l’archéologie classique à grande échelle

  1. Une éducation familiale
  2. Le virus de l’archéologie
  3. Jacques de Morgan adolescent :
    élève passionné mais indiscipliné
  4. L’école des Mines de Paris et l’attrait irrésistible
    pour la science (1879-1882)
  5. Le besoin impérieux de gagner de l’argent
  6. La Malaisie, premières gloires, premières désillusions (1884-1885)
  7. Caucase : les dernières désillusions de l’entrepreneur (1886-1889)
  8. La mission en Perse : les grands débuts dans les sciences (1889-1892)
  9. La direction des Antiquités égyptiennes (1892-1897) : l’apogée à 35 ans ?
  10. La direction de la Délégation scientifique en Perse (1897-1912)
  11. Une retraite laborieuse (1912-1924)
  12. Conclusions

Chapitre 9 Épigraphie et archéologie : le déchiffrement des écritures

Chapitre 10 La carrière brisée de Friedrich Eduard Schulz

Chapitre 11 L’archéologie européenne, otage des idéologies dans la première moitié du xxe siècle

Chapitre 12 Gustav Kossinna, l’archéologie et la montée des nationalismes

  1. Historiographie de Gustav Kossinna
  2. La vie de Gustav Kossinna (1858-1931)
  3. Le contexte politique et scientifique à l’époque de Kossinna de 1895 à 1925
  4. Les travaux archéologiques de Gustav Kossinna
  5. La méthode Kossinna
  6. Gustav Kossinna est-il un cas unique ?
  7. L’exploitation de l’archéologie pangermanique par le national-socialisme
  8. Hans Günther et la raciologie

Chapitre 13 Nicolas Marr : l’archéologie au service du marxisme

  1. Introduction
  2. Nicolas Marr, une biographie résumée
  3. Nicolas Marr et la révolution soviétique de 1917
  4. Les théories de Marr et leur influence sur l’archéologie soviétique
    La théorie japhétique
    La théorie de l’évolution stadiale du langage (stadial’nost’)
  5. L’archéologie soviétique dans l’entre-deux-guerres
    Les premières purges (1928-1930)
    Les deuxièmes purges (1934-1938)
    Nicolas Marr et Nicolas Vavilov (1887-1943), des projets contradictoires
  6. L’article de Joseph Staline de 1950 dans la Pravda
  7. L’archéologie soviétique décrite par Alexandre Mongait
    en 1955
  8. Le stadialisme chez Piotr P. Efimenko (1953)
  9. L’après-marrisme en Union soviétique
  10. Diffusion ou migration ?
  11. Influences stadialistes en préhistoire européenne

Chapitre 14 Raymond Vaufrey et le combat pour la reconnaissance académique de la préhistoire

  1. Introduction
  2. Les maîtres et les collègues
  3. La carrière
  4. Les principales publications scientifiques
    Les éléphants nains des îles méditerranéennes
  5. Les missions en Afrique du Nord (1927-1936)
  6. La direction de la revue L’Anthropologie
  7. Raymond Vaufrey et François Bordes
  8. La législation des fouilles archéologiques en France
  9. L’Union internationale des sciences préhistoriques et protohistoriques (UISPP)
  10. L’exemple allemand pour la préhistoire
  11. L’Occupation et l’épuration
  12. Hommages
  13. Conclusions

Chapitre 15 La paléoanthropologie et ses présupposés cachés

  1. Introduction
  2. L’homme antédiluvien
  3. La reconnaissance de l’homme de Neandertal en Europe
  4. La théorie de l’évolution dans le débat sur l’ancienneté de l’homme
  5. Les premiers sapiens européens
  6. La théorie des présapiens
  7. Le plus ancien Européen : Homo heidelbergensis
  8. L’irruption des australopithèques
  9. L’homme de Neandertal dans l’entre-deux-guerres
  10. L’homme de Neandertal après la Seconde Guerre mondiale
  11. Le grand carrefour du Proche-Orient
  12. Anthropologie physique et racisme
  13. L’énigme de Broken Hill
  14. La grande saga des australopithèques
  15. Au-delà des 5 millions d’années
  16. La création d’Homo habilis
  17. Un Homo erectus à la diffusion mondiale
  18. Un Homo sapiens archaïque en Afrique
  19. À la recherche de l’Homo erectus en Europe
  20. Néandertaliens et Sapiens en Europe : derniers débats
  21. À la recherche de l’homme de Denisova
  22. Quand la recherche paléolithique en Chine s’éveilla
  23. Le nanisme insulaire concerne-t-il aussi l’Homme ?
  24. La révolution de la paléogénétique
  25. Sur les pistes d’Homo sapiens en Asie
  26. Les modèles de la phylogénèse humaine

Chapitre 16 L’archéologie, un métier à risque : le cas extrême des archéologues ukrainiens

  1. Introduction
  2. Méthodologie
  3. Histoire et culture ukrainiennes
  4. La renaissance ukrainienne au milieu du xix e siècle
  5. Les débuts de l’archéologie en Ukraine Yekaterina N. Skarzhynskaya (1852-1932), une grande dame de l’archéologie de l’Ukraine
  6. Révolution russe et indépendance éphémère
  7. Une nouvelle archéologie soviétique à Leningrad
  8. L’école de palethnologie de Théodore Volkov à Saint-Pétersbourg et à Kiev
  9. L’Institut d’histoire de la culture matérielle (1933-1938) à Kiev et la grande purge
  10. La Seconde Guerre mondiale et juste après
  11. Conclusions

Chapitre 17 Heurs et malheurs de l’archéologie coloniale : l’exemple de l’Afrique du Nord

  1. Préambule
  2. Le contexte historique et politique
    La conquête de l’Algérie
    Le protectorat de la Tunisie (1881-1956)
    Le protectorat du Maroc (1912-1956)
  3. L’histoire ancienne de l’Afrique du Nord
  4. Les recherches archéologiques en Algérie (1830-1969)
    La Commission d’exploration scientifique de l’Algérie
    Les premiers temps de l’exploration scientifique (1850-1880)
    Les débuts des institutions de la recherche scientifique en Algérie
    L’archéologie romaine et byzantine en Algérie
    Les débuts de la paléontologie en Algérie
    Les débuts de la préhistoire en Oranie
    Les débuts des recherches préhistoriques en région de Constantine
    Les géologues parisiens en Afrique du Nord
    L’entre-deux-guerres (1920-1940)
    L’école d’Alger (1952-1962)
    Après l’indépendance de l’Algérie
  5. Les recherches archéologiques en Tunisie (1883-1956)
    Archéologie romaine et carthaginoise
    Archéologie protohistorique
    Archéologie préhistorique
  6. Les recherches archéologiques au Maroc (1912-1956)
    Introduction
    Les géologues au Maroc
    Après les années 1960
  7. Les recherches préhistoriques au Sahara (1920-1969)
    La période pré-pastorale : Néolithique ou Mésolithique avec céramique ?
    L’art rupestre du Sahara
    Quelques figures de la recherche préhistorique au Sahara
  8. Anthropologie biologique
    Homo sapiens de l’Ibéromaurusien ou Hommes de Mechta el Arbi ou Mechtoïdes
    L’Homo sapiens du Capsien
    Les modèles de peuplement
  9. Conclusions
    Européocentrisme de la préhistoire nord-africaine ?
    L’amateurisme des recherches préhistoriques
    Une chronologie incertaine
    Moustérien et Atérien
    Pastoralisme et agriculture
    Paléoclimatologie de l’Afrique du Nord
    Les temps obscurs (2 200-800 av. J.-C.)
    Hiatus des peuplements et/ou hiatus des connaissances ?
    Les politiques de recherches en Préhistoire

Chapitre 18 La découverte d’un nouveau continent : l’archéologie des Amériques

  1. L’exploration de l’Amérique centrale
  2. L’archéologie nord-américaine

Chapitre 19 Les relations difficiles entre l’archéologie classique et la préhistoire

  1. Préambule
  2. Les débuts des recherches préhistoriques en Égypte
  3. La reconnaissance d’une préhistoire en Égypte
  4. L’essor des années 1920
  5. Pluviaux et Glaciaires
  6. Après la Seconde Guerre mondiale
    Paléolithique inférieur et moyen
    Paléolithique supérieur et épipaléolithique
    Mésolithique, Néolithique ou « Céramique » ?
    Néolithique au Ve millénaire
    Sériation prédynastique
  7. Conclusions

Chapitre 20 La révolution des années 1960 dans la préhistoire et la protohistoire française

  1. Introduction
  2. Une génération exceptionnelle
  3. La professionnalisation des techniques de fouilles
  4. Le grand développement des études de paléoenvironnement quaternaire
  5. La naissance de l’archéométrie
  6. Le renouveau des études de culture matérielle : typologie, sémiologie et quantification
  7. La renaissance du Néolithique des cendres du Campignien
    et du Robenhausien
  8. La protohistoire (âge du bronze, âge du fer)
  9. Le renouveau de l’art paléolithique
  10. Les développements mathématiques de l’archéologie quantitative
  11. Le recours à l’informatique
  12. Influences paradigmatiques
    Archéologie historico-culturelle et culture matérielle
    André Leroi-Gourhan et l’archéologie soviétique
    François Bordes et la tradition quaternariste
    L’influence de la New Archaeology dans la préhistoire et la protohistoire française
    Les influences marxistes dans l’archéologie classique et la protohistoire
    Les influences substantivistes dans l’archéologie classique
  13. L’archéologie française à l’étranger
  14. Un âge d’or de la préhistoire française
  15. Conclusions

Chapitre 21 L’institutionnalisation de l’archéologie

  1. Avant le XIXe siècle
  2. Le XIXe siècle
  3. Les expéditions et missions scientifiques françaises
  4. Les musées
  5. Les universités
  6. Les sociétés savantes et les associations
  7. L’Europe et l’archéologie classique autour de la Méditerranée
  8. La naissance des sociétés de préhistoire en Europe
  9. La première moitié du xxe siècle
  10. La Préhistoire internationale
    Asie du Sud-Est
    Pacifique
    Afrique du Sud
    Afrique de l’Ouest
  11. Les années 1945-1985
    L’anthropologie et la paléontologie au Muséum, au musée de l’Homme et à l’Université 386
    La paléoclimatologie
    Les techniques de datations absolues
    L’archéologie sous-marine et l’archéologie subaquatique
    L’archéologie computationnelle
    L’archéologie théorique
    L’archéologie classique
  12. Les années 1985-2025
    La paléogénétique
    L’archéozoologie isotopique
    L’archéologie préventive (anciennement archéologie de sauvetage)
    Historical Archaeology
    L’archéologie post-soviétique
  13. Conclusions

Chapitre 22 Épilogue