Prêts pour une BD fleuve aussi sinueuse et impétueuse que le Rio Grande ? Chenet et Sécheresse signent cet ouvrage attachant, à part et visuellement très abouti.
Le trait et les couleurs de Loïc Sécheresse sont magistraux, c’est la plus-value majeure de cette relecture du mythe Billy the kid, mise en récit par Alexandre Chenet, le tout conçu dans une architecture narrative et graphique assez libre.
On retrouve un peu la patte de Christophe Blain (Quai d’Orsay, 2010 ou l’excellente série Gus) dans le traitement des attitudes des personnages par exemple. Avec cette impression persistante d’être au plus près des acteurs. La couleur directe déployée par Sécheresse ajoute au dynamisme de l’œuvre et génère une spontanéité de tous les instants, dans les paysages ou sur les faciès.
L’histoire est segmentée en neuf chapitres qui retracent les errements du jeune Billy, mort à 22 ans sous les balles du revolver du shérif Patt Garrett. Ces péripéties, entre appétits de biens, arnaques politiciennes, justice à la petite semaine et faux-monnayage se déroulent au Nouveau-Mexique et ailleurs, aux alentours de 1880.
Finalement, dans cette relecture graphiquement parfaite, il est surtout question de jeu de puissants, et d’un rapport dominant-dominé parfois un peu simpliste.
Les auteurs proposent un Billy the kid très attachant, détaché de tant de contingences humaines et qui s’érige au fur et à mesure du récit en une sorte de discrète conscience universelle. A méditer.
Tout comme le sous-titre de la BD, « L’histoire est toujours écrite par les vainqueurs« , poncif dont on aurait pu faire l’économie.



