« Québec, 7 novembre 1683. De la frégate La Tempête, ancrée dans le fleuve à quelques encablures de la basse-ville, débarquent trois compagnies d’infanterie de la Marine envoyées de La Rochelle au début d’août par le roi au gouverneur de la colonie française, monsieur de La Barre, pour pacifier à nouveau l’Iroquoisie. » ( p. 3)

Leur histoire a été relativement peu étudiée, alors même que nombre d’entre eux sont restés en Nouvelle-France comme colons. Les auteurs leur consacrent une longue introduction qui retrace leur histoire avant un inventaire précis de chaque soldat arrivé au pays depuis 1683 et jusqu’en 1715 inclusivement, une très longue liste.

Les auteurs, André Sévigny et Louise Trudeau présentent leur méthodologie et l’ampleur de leur quête : 2 230 militaires retracés, leur origine où domine la France atlantique, leur départ de Rochefort pour la grande majorité, pour certains leur mariage dans la colonie et leur établissement dans la colonie, leur niveau d’instruction plus élevé qu’en France métropolitaine. Une étude précise sérieuse qui donne à voir une réalité.

Leur mission, défendre et peupler la colonie, soit fournir au pays la main-d’œuvre qualifiée et diversifiée. Un tableau montre les différents domaines : alimentation boulanger, meunier, boucher, brasseur, pêcheur : 11 %, métiers du bois 11,6 %, du vêtement 8 %.. et 2 % d’artistes (musicien, peintre..).

L’étude montre ensuite comment ils se sont accoutumé au pays, les incitations de la politique royale pour une installation durable, notamment sous l’impulsion de l’intendant Jean Talon. Logés chez l’habitant, incités à reprendre le métier exercé en métropole, dès que les besoins du service armé reculent, les soldats côtoient les Canadiens, pour certains épousent des « filles du Roi » ou des filles de colons, à la fin de leur engagement. La possibilité d’obtenir en concession une terre à cultiver favorise l’enracinement dans la colonie. Quand il s’agit d’officiers, ils deviennent seigneurs, chargés de mettre en valeur une terre, ils font appel à leurs hommes de troupe.

Les auteurs décrivent la vie militaire, ses obligations et les possibilités d’avancement dans les différents grades, mais aussi la mortalité et la violence des mœurs.

Les auteurs mettent en lumière le rôle joué par les soldats de la Marine dans la colonisation de la Nouvelle-France.