Le grand guide de l’Homo Sapiens est un ouvrage très riche permettant d’actualiser les connaissances concernant l’Homo Sapiens. Il comporte de multiples schémas et cartes de grande qualité, de nombreux textes qui peuvent se lire de manière discontinue, sans compter les diverses reconstitutions de nos ancêtres ainsi que des photographies de sites, de peintures ou encore d’objets issus de fouilles. Le tout en couleur.

Un guide conçu de façon chronologique

Le fil suivi par l’ouvrage est chronologique, depuis les premiers Homininés jusqu’à la Révolution néolithique. Le guide retrace dans le chapitre 1 la naissance des Homininés et en particulier les premières migrations depuis la vallée du Grand Rift en Afrique orientale. Le chapitre 2 insiste sur la diversité des formes humaines, rappelant que l’histoire des Homininés n’est pas linéaire, contrairement à un cliché qui perdure, mais bien buissonnante. Avec comme titre « La seconde naissance d’Homo Sapiens », le chapitre 3 met l’accent sur les changements cognitifs d’Homo Sapiens, et évoque à la fois des manifestations artistiques (art pariétal, sculpture) et les vagues de peuplement (Australie, Amériques). Le chapitre 4 est consacré à la révolution néolithique ainsi qu’à l’expansion mondiale d’Homo Sapiens. « La diversité des gènes, des peuples et des langues » est l’objet du chapitre 5, tandis que l’épilogue met l’accent sur la paléoanthropologie.

Un ouvrage très complet et riche en documents variés

Les thématiques abordées dressent un tableau d’ensemble de l’Homo Sapiens et permettent de proposer des réponses à plusieurs questions qui ont marqué la recherche ces dernières années. Parmi celles-ci, on peut citer : « Pourquoi les Néandertaliens se sont-ils éteints ? », « Nous sommes-nous accouplés avec Néandertal ? » ou encore « Une langue ancestrale a-t-elle jamais existé ? ».
Les cartes de grande qualité sont très lisibles et déclinées à plusieurs échelles, aussi bien mondiales que régionales. Elles abordent des thèmes variés, parmi lesquels on peut citer : le contexte climatique (comme l’extension maximale des glaciers en Eurasie à l’époque de Néandertal) ; les premiers peuplements des différentes parties de la Terre (comme les Amériques) ; le développement économique (par exemple l’expansion de la culture du blé en Europe) ou encore la répartition linguistique (comme la famille des langues indo-européennes).
Quant aux graphiques et tableaux chronologiques, ils permettent de clarifier les relations entre des données parfois complexes.
Plusieurs éléments enfin rendent ce guide bien pratique, en particulier la présence d’un glossaire en fin d’ouvrage, utile pour assimiler tous les termes techniques ; ainsi qu’une bibliographie synthétique qui permet d’aller à l’essentiel pour les passionnés, mais aussi de nombreuses références à des musées et sites préhistoriques en France et en Europe.

Quelques interrogations sur la forme

On regrettera cependant le choix d’une police d’écriture très petite, qui rend parfois la lecture difficile. En outre, on s’interrogera sur le fait de ne pas uniformiser les projections cartographiques : il peut paraître dommage d’utiliser à certains endroits la projection Mercator (par exemple p. 196-197) qui déforme beaucoup trop les continents et qui est aujourd’hui délaissée dans la plupart des ouvrages scientifiques.

En conclusion, un guide passionnant qui peut se lire en continu ou se feuilleter en fonction de ses propres questionnements. Les enseignants de 6e y trouveront de nombreux supports préconisés par le programme (cartes, sites de fouilles) qu’ils pourront exploiter pour le thème 1 « La longue histoire de l’humanité et des migrations », en particulier pour le chapitre 1 « Les débuts de l’humanité » et le chapitre 2 « La « révolution » néolithique ».