Cette BD est le 2e volume d’une série intitulée Les premiers chrétiens et inaugurée l’année dernière. Ce second titre, même s’il n’est pas clairement indiqué comme cela sur la couverture ou la tranche, se situe dans une suite assez logique chronologiquement. Le point de départ est l’Edit de Milan en 313, édit promulgué par l’empereur romain Constantin Ier. Cet édit proclame la liberté de culte pour les Chrétiens, après d’intenses phases de persécution, comme celle, très récente, de 303 sous Dioclétien.
Les auteurs ont choisi de prendre Constantin comme narrateur de ce volume. A travers les yeux de l’empereur, le récit remonte l’histoire des communautés chrétiennes au sein de l’Empire, mais interroge aussi le rapport du souverain à la religion. A travers ses paroles, nous retraçons aussi le rapport de la société et de l’Etat romain aux chrétiens, dans le sens de leur intégration et de leur incompréhension réciproque. Cela permet notamment de retracer le destin et le parcours de grandes figures (Irénée, Origène) de ces premières communautés, à travers des martyrs (Blandine, Perpétue) bien évidemment, mais aussi à travers la construction progressive (et chaotique) d’un dogme universel.
Les auteurs créent un récit volontairement au niveau du peuple, même à travers la narration impériale. Ils nous font voyager à travers l’Empire pour comprendre au plus près ce que sont les persécutions, les dangers des rumeurs, les controverses autour des cérémonies religieuses (particulièrement le culte à l’empereur ou les cérémonies d’enterrement), mais aussi les manières de vivre sa foi dans un environnement globalement hostile.
L’ensemble est servi par un dessin agréable, avec des couleurs sur les tons pastels qui donnent à la BD une ambiance sereine. Les personnages sont expressifs et les décors précis.
Au final, un ensemble très agréable à la lecture et une solidité historique et théologique indéniables. La BD s’adresse au plus grand nombre, à partir du collège. Plusieurs planches peuvent être facilement utilisées en classe par des enseignants d’Histoire et de Français qui travaillent sur ces questions.



