L’éducation apparait un enjeu de pouvoir à deux échelles : à l’intérieur d’un système nationale, elle peut faire les frais de la reproduction sociale et de discriminations diverses, à échelle internationale, on lira une concurrence entre différents modèles éducatifs qui se lira dans des classements en tous genres. La connaissance apparait une ressource qu’il faut préserver, voire diffuser pour pouvoir conquérir.

Les  ressources éducatives dans le Monde

La première partie révèle les inégalités profondes qui existent entre un bloc composé de l’Amérique du Nord, de l’Europe, des pays riches de l’Asie et du reste de la planète. Plus finement, on voit que le Canada, la Finlande, le Japon et la Corée du Sud dominent sur l’Europe et les Etats-Unis en termes de compréhension (d’après PISA en 2000). Cela a pu générer des prises de conscience positives mais hélas négatives comme au Kirghizstan qui a décidé de quitter l’enquête dès l’année suivante.

Dans la sphère universitaire, le classement de Shanghai (2003) et les flux d’étudiants internationaux sont à étudier. Le haut du classement concerne beaucoup d’universités américaines (Harvard, Stanford, MIT, Berkeley, Princeton, Yale). Y entrer, c’est accepter la règle : Paris Saclay l’a fait en regroupant ses forces. C’est la première université européenne à avoir atteint de seuil critique. D’une autre manière, Paris Sciences et Lettres a également su se rendre visible mais en concentrant des établissements historiquement autonomes. D’autres classements (QS, THE) visent des critères plus qualitatifs. Parfois, les critères sont en compétition entre eux. On cherchera aussi le « small is beautiful » (comme l’ENS rue d’Ulm). L’image d’élite ne suffit pas (cas de l’ENA qui ne produit pas de recherche).

Les flux internationaux d’étudiants montrent qu’ils étaient 7 millions en 2013 contre 900.000 en 1975. Là aussi, les USA sont la première destination devant le Royaume-Uni. Le Canada progresse. Regarder le pourcentage d’étudiants étrangers sur le total des étudiants permet une autre lecture : l’Australie est en première place avec 30 % d’entre eux. La France est très loin.

Les usages et les bénéfices de l’éducation

La seconde partie montre que l’éducation est un investissement valable, un facteur de croissance. Le capital cognitif n’a de sens que dans des tissus institutionnels « cohérents ». Il faut prêter attention à la démotivation enseignante et aux évaluations standardisées. Dans les pays en développement, l’éducation est un facteur de médiation entre les individus et les systèmes de santé. Il y a fragilité pour les pays qui sont dépendants de l’aide internationale. On y note un décalage de perception, un décalage pédagogique aussi (des manuels imposés sans adaptation).

L’éducation favorise le « hard power » (les sphères scientifiques, militaires, de l’ingénierie…) et le soft power (la culture, les valeurs). Si le premier volet imposera par le nucléaire, l’IA, la cybersécurité, le second suscitera l’attraction sans abus de force.

Le groupe de travail sur les indicateurs d’apprentissages (LMTF) définit des compétences de base (lecture, mathématiques, des compétences sociales et émotionnelles) et non des compétences culturelles, civiques et critiques. Les pays du Sud sont globalement à la traine mais la France aussi du fait de sa désertion des instances décisionnelles sur ces questions. Le Qatar tire son épingle du jeu (la zone du Golfe de manière plus large, avec notamment une antenne de la Sorbonne à Abu Dhabi).

Les compétitions, tensions et conflits

La troisième partie  montre que l’école peut être le théâtre de la violence : une guerre privé/public historique, une guerre des manuels pour faire figurer tel ou tel personnage/évènement en histoire. L’école « reproduit » (Bourdieu et Passeron) un mythe méritocratique. Il y a ségrégation via la carte scolaire et la territorialisation (HEP, REP, REP+), les stéréotypes raciaux et genrés.

La violence peut être également lue au sens réel, physique (cas des filles en Afrique subsaharienne). La violence subie se retourne parfois contre l’institution : contestation des contenus, de l’autorité, vandalisme, fusillades…Les fusillades aux USA sont parfois utilisés par la Chine ou la Russie comme instrument de propagande pour décrier une instabilité occidentale et glorifier la stabilité du régime en place. Le cas de Samuel Paty est bien sûr évoqué tout comme celui de Malala Yousafzai que l’on a tenté d’assassiner alors qu’elle se rendait à l’école.

Le système PISA est performatif et ne mesure que ce que les Etats sont prêts à mesurer. C’est le paradoxe d’une école célébrée comme solution globale mais contestée dans ces fondements.

Une synthèse claire et accessible qui aidera à nourrir la réflexion des futurs programmes de CM1 dont un volet sera consacré aux inégalités d’accès à l’éducation et du thème « connaissance » de l’HGGSP pour les Terminales.