Qui est Homo Sapiens ? Comment vivait-il ? Pourquoi cet hominidé dont nous sommes les seuls représentants a-t-il survécu jusqu’à aujourd’hui ? En dix chapitres, François Bon plonge le lecteur à l’époque préhistorique pour mieux saisir la spécificité de Sapiens au sein de la lignée des hominidés et les raisons de son succès. Il s’agit d’une réédition augmentée d’une synthèse qui permet donc de connaitre et mieux comprendre Sapiens et Néandertal.
Dernier de cordée
Sapiens est un Erectus évolué, rien de plus, rien de moins. Et Erectus lui-même est un Habilis évolué. Par ailleurs nous savons aujourd’hui que les premiers outils de pierre taillée apparaissent il y a peut-être 3,3 millions d’années entre les mains des Australopithèques. Par conséquent, lorsque les premiers Homos apparaissent, Habilis puis Erectus, ils héritent de comportements élaborés par leurs prédécesseurs. L’ouvrage contient également des entretiens sous forme de questions-réponses pour préciser par exemple une notion comma la co-évolution.
Qu’est-ce qui fait courir Sapiens ?
On peut retenir l’existence de deux types de milieux : ceux qui sont toujours demeurés propices au peuplement humain et les autres. Il faut donc imaginer que tout au long des millénaires qui nous occupent ici, les populations humaines se sont tantôt massées au Sud ou ont eu tantôt l’opportunité de se déployer au Nord. A partir de 100 000 ans, les techniques tendent à évoluer et sans que la dimension collective de la chasse soit abandonnée, des armes plus complexes commencent à voir le jour. Plutôt qu’une éradication des Néandertaliens de la surface de la Terre au profit de Sapiens, il faut plutôt imaginer une dilution des gènes des uns et des autres. Néandertal est plus petit et plus trapu que Sapiens.
Débat : la modernité au passé
Il s’agit d’un entretien entre François Bon et Isabelle Crevecoeur, paléontologue, spécialiste de l’anatomie de Sapiens. On s’aperçoit que les définitions des critères d’une espèce sont différents entre un paléontologue et un biologiste. Souvent, on décrit les espèces comme étant grégaires ou individualistes. Or ce qui est intrinsèque à Sapiens, c’est que nous sommes un peu les deux. On a besoin de s’identifier à un groupe et en même temps d’exister en tant qu’individu dans ce groupe.
Portraits au coin du feu
Nos Sapiens et Néandertaliens du paléolithique moyen ont connu trois glaciations majeures et autant de phases tempérées de plusieurs millénaires voire dizaines de millénaires chacune. L’auteur essaye de rendre compte du quotidien d’un campement. Il s’interroge sur le rôle des hommes et des femmes pour la chasse. Il envisage aussi les changements en comparant à 50 000 ans d’écart.
Un pied dans la tombe
Les premières sépultures avérées apparaissent autour de 100 000 ans avant notre ère. Cependant, il faut noter aussi que deux sites datés d’environ 300 000 ans livrent des accumulations de vestiges humains qui ne paraissent pas le fruit du hasard.
L’air des bijoux
Depuis 40 000 ans environ, nous avons vu que dans l’immense majorité des cas les sépultures que nous connaissons contiennent des individus parés.
Dis, dessine-moi un mammouth
L ‘art préhistorique n’est pas un balbutiement mais c’est un langage accompli. Il faut toujours avoir l’esprit que ce que nous connaissons de l’art de l’époque n’est qu’une partie de ce qui a été alors réalisé. De plus, comment interprêter ce qu’on voit ? Anne-Rose de Fontainieu discute avec François Bon de l’organisation des groupes de l’époque.
Le Sapiens des steppes et le Sapiens des champs
Longtemps on a pensé que la sédentarité était fille de l’agriculture et que c’était le début de la production alimentaire de plantes domestiques qui l’avait entrainée, le village poussant sur le terroir. Et puis l’on s’est rendu compte que c’était l’inverse.
Une collection
La collection « A l’oeil nu » a pour but de transmettre les savoirs de manière simple et vivante. avec un chercheur et une illustratrice. François Bon est professeur de préhistoire à l’université de Toulouse. Aurore Callias, dessinatrice, réalise des livres pour la jeunesse et a illustré en BD de petites biographies archéologiques. Il faut souligner le travail de l’illustratrice de l’ouvrage qui est très créatif et très agréable à regarder. Il agrémente aussi bien les chapitres que les parties entretien.
Cet ouvrage de François Bon organisé par thématiques permet de faire le point de nos connaissances mais laisse surtout la place à la discussion, à l’échange autour d’un thème qui permet de s’interroger aussi sur ce qui fait notre humanité.



