Au bout du rouleau, au bout du piano
Les musiciens qui l’accompagnent expriment différemment, tantôt leur exaspération face à la mise en danger de la dernière représentation, tantôt de la compassion car eux même vivent les frustrations d’un vie dédiée à la musique. La future soirée s’annonce bouleversante pour l’orchestre comme pour le public.
Un one-shot choral qui s’écoute comme un chant mélodieux.
La première de couverture donne le LA. Une pianiste formatée et prévisible, versus une interprète qui compose et s’inspire d’un ailleurs fantasmé. Les bédéistes ont su traduire les doutes, les fanfaronnades ou la bienveillance qui émanent de chaque protagoniste. Les couleurs éclatent et les surprises abondent. Des cases se couvrent de zelliges quand la pianiste improvise sur une musique orientale et marocaine ou au contraire une obscurité totale quand les plombs sautent au sens propre comme au sens figuré.
Les dialogues chantent les prises de bec retentissants et les jeux de mots fusent pour le plus grand plaisir du lecteur.
Il est rare d’être à la fois touchée par le texte et les couleurs et de rire autant à la lecture d’une bande dessinée. Les auteurs ont su trouver les mots justes parfaitement en harmonie avec la mise en page étonnante. Une partition à trois mains particulièrement réussie.



