Ce roman graphique Hazara blues – Téhéran – Kaboul – Paris est une porte ouverte à la rencontre de la communauté hazara et à son histoire de l’Afghanistan à l’Iran. C’est un roman autobiographique, son auteur Reza Sahibdad raconte sa vie d’éternel errant à Yann Damezin.

Sans fausse pudeur, le jeune Reza raconte à la fois à Yann, en bleu et à la dame de l’OFPRA, en rouge, la vie plutôt chaotique d’un jeune Hazara, il appartient à une communauté chiiteUn quart de la population afghane, méprisée et même persécutée par l’ethnie majoritaire pachtoune, dans un pays en guerre depuis 1979 d’Afghanistan, un pays sunnite. On suit l’errance de la famille exilée en Iran. C’est l’occasion pour le lecteur de (re)découvrir l’histoire complexe de l’Afghanistan comme de l’Iran depuis les années 1970 (guerre Iran-Irak, intervention russe en Afghanistan, divisions parmi les moudjahidines – Mazari– MassoudPeut être moins respectable que dans la vision occidentale. L’auteur évoque le massacre d’Afshar en 1993., difficultés économiques, répression dans l’Iran des mollahs, travail des enfants, racisme …).

Le récit de la vie de Reza en Iran est riche d’informations sur la vie des Afghans à Mashhad et sur l’envers de la vie iranienne.

Malgré une vie chaotique, Reza commence un apprentissage de cinéaste. Son court-métrage Talib, puis le prix reçu pour La Brique et le coeur des mains du conservateur Ahmadinéjad, furent sa bouée de sauvetage, lui permettant de découvrir l’Afghanistan, lui qui est né en Iran, après la chute des Talibans, puis d’être invité au Vatican.

Sur les conseils de son frère, conscient des dangers à Kaboul pour un Hazara, il gagne Paris. C’est alors la vie d’un sans-papiers avant sa régularisation. Une histoire d’exil qui finit bien.

L’alternance des couleurs vert : pour la vie en Iran et en Afghanistan, rouge dans les bureaux de l’OFPRA et bleu pour le dialogue avec Yann, permet de suivre ce récit foisonnant qui mêle l’histoire, la vie quotidienne, la religion, la politique.

 

Un roman graphique qui a reçu de nombreux prix. C’est un témoignage utilisable avec des élèves.