Héroïnes et héros de la mythologie grecque
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Françoise Rachmuhl et Charlotte Gastaut

Héroïnes et héros de la mythologie grecque

Flammarion, Père Castor, 2016, 64 pages, 15,50 euros.

Jean-Pierre Costille
jeudi 24 novembre 2016

Françoise Rachmuhl, auteure pour la jeunesse de nombreux autres ouvrages, dont un consacré aux « Métamorphoses d’Ovide » déjà chroniqué sur notre site publie un nouvel ouvrage où elle continue de creuser le sillon de l’Antiquité. Elle s’intéresse ici particulièrement à quelques figures de la mythologie grecque. En compagnie de Charlotte Gastaut, elles ont déjà réalisé « Dieux et déesses de la mythologie grecque ».

Héros et héroïnes

L’ouvrage commence par une double page qui justifie le choix des auteures. Cela permet de savoir tout de suite sous quel angle le héros ou l’héroïne sera examiné. Ensuite, chacun et chacune a droit à onze pages qui alternent textes et illustrations. Le jeune lecteur dispose d’un peu de vocabulaire, sous forme de note de bas de page, mais ce n’est pas envahissant.
Françoise Rachmuhl rappelle la différence entre dieux et héros. Les premiers sont immortels tandis que les seconds sont « d’abord des hommes ». Mais « il y a en eux quelque chose de surhumain ». Beaucoup de héros sont d’origine divine. Néanmoins, les héros sont proches de nous par leurs faiblesses et défauts.

Cinq figures mises en avant, mais plein de références

Jason est le premier navigateur, Thésée est une autre sorte d’aventurier et Achille s’illustre à la guerre. Hélène incarne l’aspect fatal de la beauté et Atalante est une figure de femme indépendante. Dans chaque histoire, on rencontre forcément de nombreux autres personnages de la mythologie. Ainsi pour Achille, on croise Chiron, Thétis, Pelée, Patrocle, Hector forcément, ou encore Priam.

Texte et illustrations s’entremêlent

Comme les autres ouvrages de la collection, il faut souligner que l’ouvrage grand format permet de laisser une vraie place à l’illustration. Le jeune lecteur et l’adulte prendront plaisir à lire ce livre et à ménager des pauses dans la lecture en examinant les dessins. En plus de sa précédente collaboration avec Françoise Rachmuhl, Charlotte Gastaut a illustré de nombreux autres ouvrages dont « La flûte enchantée » ou « Poucette ». Parfois, l’illustration entoure complètement le texte. Elle transcrit une partie du texte, mais livre en même temps sa vision, comme ce moment où elle parle du bain initial d’Achille.

Un exemple : Achille l’intrépide

Le texte dit l’essentiel de l’histoire comme avec l’épisode où Achille choisit de se retirer et de laisser les Grecs se battre contre les Troyens. Après la mort de Patrocle, il « se couvrit la tête de poussière et s’arracha les cheveux ». On a ensuite l’affrontement entre Achille et Hector, puis l’auteure évoque la façon dont le vainqueur traita le corps du vaincu. Cet outrage du cadavre est bien rendu en quelques phrases : il « lui perça les talons pour y faire passer des courroies et l’attacher à son char …le corps ballotait et les cheveux noirs du héros balayaient la poussière ». Le dessin montre seulement Achille trainant Hector sans verser dans l’explicite. Le récit se termine avec la restitution du corps d’Hector à Priam et avec la mort d’Achille. On pourra prolonger cette lecture avec des exemples de vases grecs ou aller vers le texte de l’Iliade.

Atalante au pied léger

Parmi les deux figures d’héroïnes choisies par l’auteure, on peut s’arrêter sur celle d’Atalante et sur ce qu’elle incarne. Abandonnée à sa naissance par son père déçu d’avoir une fille, elle est recueillie et élevée par Artémis, déesse de la chasse. Plusieurs épisodes montrent combien elle a du mal à se faire accepter parmi les hommes malgré ses qualités. Finalement reconnue par son père Iasos, elle doit alors se marier. Pour éviter ce destin, elle propose une compétition avec les éventuels prétendants. C’est finalement Hippomène qui triomphe grâce aux pommes d’or et épouse Atalante. Tout à son bonheur, Hippomène oublie de remercier Aphrodite qui l’a aidé. Ils sont alors tous deux transformés en lions et attelés au char de la déesse. « Aurait-elle dû se méfier de l’amour et garder son indépendance ? » conclut l’auteure.

Cet ouvrage jeunesse permet donc de découvrir davantage que les cinq figures citées en introduction grâce au récit de leurs aventures. Cette synthèse de leur histoire est une porte ouverte pour aller plus loin dans la découverte de ces textes fondateurs.

© Jean-Pierre Costille pour les Clionautes.

Par Jean-Pierre Costille

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