Ce livre propose une présentation des principales théories contemporaines de la motivation dans les apprentissages sans jamais les dissocier des réalités de terrain. Anne Philippon enseigne depuis bientôt quarante ans et a toujours cherché à améliorer ses pratiques. Elle propose donc un ouvrage avant tout pratique comme en témoignent les nombreux extraits de travaux d’élèves présents.
Un peu de théorie pour comprendre
Il est important avant tout de se défaire d’une vision binaire de l’élève qui serait motivé ou pas. L’auteure définit ensuite le concept de motivation intrinsèque et extrinsèque. La première est à l’oeuvre lorsque l’action est menée dans le but du plaisir qu’elle procure. L’extrinsèque correspond plutôt à la situation scolaire. La recherche montre que cette dernière a tendance à tuer la première. A l’école, le facteur clé qui est le plus souvent à l’origine du manque de motivation scolaire est le sentiment d’efficacité personnelle ou SEP. Il s’agit d’une croyance de l’individu dans sa capacité à obtenir le résultat souhaité par sa propre action. Le SEP peut être positif dans une matière et négative dans une autre. Albert Bandura, qui est à l’origine de ce concept, considère quatre paramètres à l’origine du SEP. Parmi eux, il y a les performances passées ou les messages de l’entourage. Parmi les autres concepts à connaitre, il y a la résignation apprise qui fait que si un élève a échoué plusieurs fois il s’attend à toujours échouer.
Comment agir pour motiver un élève ?
L’auteure commence par souligner le rôle des émotions dans les apprentissages puis elle montre comment agir sur le SEP de l’élève. Il faut faire vivre des réussites mais pas n’importe comment. On peut proposer plusieurs niveaux d’accompagnement sur un même exercice ou alors laisser l’élève choisir entre deux exercices de niveau différent dont l’un sera donné comme expert. Ainsi, on signale implicitement que l’autre niveau d’exercice est celui qui est attendu. Il faut donner des feed backs aux élèves qui respectent certains critères : souligner les réussites, les progrès, pointer les difficultés comme des objectifs d’apprentissage et assurer l’élève de notre confiance en ses capacités d’apprentissage.
Il est important aussi d’enseigner le fonctionnement du cerveau aux élèves et, par exemple, la notion de plasticité cérébrale. Il est nécessaire d’expliciter les objectifs d’apprentissage pour chaque activité proposée aux élèves. A cet égard, l’idée de compétences est importante car elle peut être transférée à d’autres situations que celle de l’exercice donné.
Agir dans la classe
Anne Philippon souligne d’abord que toutes ses expériences l’ont conduite à la prise de conscience qu’avant tout il est essentiel qu’un lien de confiance soit créé. Cela peut se faire au moyen d’un questionnaire d’accueil lors de la rentrée. Dans un cadre bienveillant, un cerveau fonctionne et se développe de façon optimale. Il faut ensuite inciter les élèves à développer leur métacognition. Pour comprendre ses erreurs et se sentir en capacité d’agir pour apprendre, la métacognition est très utile. L’autrice indique ainsi des questions qui favorisent la métacognition comme inciter l’élève à se demander qu’as-tu fait ? comment as-tu fait ? dans quel ordre ?
Des questions spécifiques
Cette partie revient sur des questions qui ont pu être posées à l’auteure tout au long des formations dispensées. Il faut commencer par récompenser tout comportement positif de façon aléatoire puis on diminue la fréquence lorsque le comportement est acquis. Le sourire est aussi un moyen d ‘effectuer un renforcement positif pour l’élève. Pour le travail à la maison, il faut que l’élève en perçoive la valeur. Elle développe ensuite le cas du groupe-puzzle vue comme une modalité de travail qui soutient la motivation intrinsèque. Ce type d’activité peut permettre de développer le sentiment d’efficacité personnelle. L’ouvrage aborde la question de la motivation et des mathématiques. Beaucoup d’élèves peinent à identifier le sens des activités proposées. Quant au conseil de classe, il peut devenir un moment de renforcement ou de consolidation du sentiment d’efficacité des élèves. Le livre se termine par quelques cas élèves qui sont explicités.
En conclusion, Anne Philippon redit bien que tout ce qui a été exposé n’est pas magique et elle-même peut encore éprouver des difficultés à motiver certains élèves. Il faut mesurer aussi que ça n’a peut-être pas fonctionné sur le moment mais une graine est semée.




Merci pour cette recension qui présente les points essentiels de mon ouvrage.