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La nouvelle Russie.

Radvanyi, Jean.

Armand Colin, 2007. 462 pages.

CR de Catherine DIDIER – FEVRE, professeure au collège du Gâtinais en Bourgogne à Saint Valérien.

On ne présente plus Jean Radvanyi. Cet agrégé de géographie, docteur d’Etat, est professeur à l’INALCO et directeur de l’Observatoire des Etats Post-soviétiques. 2007 voit la parution de la quatrième édition de la Nouvelle Russie chez Armand Colin. Jean Radvanyi propose à intervalles réguliers un nouveau texte sur ce pays qui ne cesse d’interroger par les cheminements qu’il emprunte depuis 1991. Les Clionautes se sont faits l’écho des moutures précédentes. (Gilles Fumey en 2000, Jean Philippe Raud Dugal en 2006). Pour Jean Radvanyi, il apparaît impossible de fournir les mêmes grilles de lecture pour comprendre un pays en permanente métamorphose et de se limiter à réviser le texte précédent. La version 2007, au-delà d’être nouvelle, est enrichie avec des cartes originales, des statistiques et des photographies. L’auteur met, toutefois, en garde ses lecteurs sur la fiabilité des chiffres disponibles. Si leur accès est plus important que sous la période soviétique, cela ne signifie pas pour autant qu’ils soient fiables.

L’ouvrage, comme dans les éditions précédentes, s’organise en 2 grandes parties : géographie générale et géographie régionale. On trouvera ci-dessous le condensé de quelques développements clés du texte.

La Russie : un Etat continent en quête d’identité.

Depuis 1991 et l’éclatement de l’URSS, tout l’enjeu est, pour la Fédération de Russie, de prendre la mesure de son unité et de son identité. Les rapports de la Russie avec son « étranger proche » s’inscrivent dans le cadre de la redéfinition de son rôle en Eurasie. L’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir en 2000 s’est accompagnée d’une réaffirmation du patriotisme russe. Ce discours s’est rigidifié avec les Révolutions de velours entamées en 2004.

Atouts et contraintes d’un espace meurtri

L’auteur examine les traditionnels aspects de l’espace russe à la lumière du réchauffement climatique. Signataire de la Convention de Rio (1992), la Russie a tardé à ratifier celle de Kyoto (1997). C’est fait depuis 2004 même si son appareil industriel est peu adapté à une réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les héritages écologiques de la période soviétique sont d’autant plus lourds à gérer que dirigeants et simples citoyens sont peu sensibilisés à la problématique du développement durable.

Peuplement et peuples de Russie

La crise démographique russe ne date pas de la Perestroïka et de l’éclatement de l’URSS. Elle est bien antérieure en raison de la faiblesse des moyens sanitaires et techniques mis à disposition des populations. La baisse démographique est réelle malgré le retour des populations russes dans le giron russe et l’arrivée de clandestins venus de Chine, du Moyen Orient et d’Asie du SE. Les inégalités sociales, si elles sont criantes, ne doivent pas occulter l’apparition d’une classe moyenne nombreuse qui a su tirer son épingle du jeu depuis 1991.

L’expérimentation du modèle libéral en Russie

Après les balbutiements économiques et politiques de l’ère Eltsine, les 8 années des mandats Poutine amènent les observateurs internationaux à s’interroger sur la particularité du modèle libéral russe où l’Etat demeure omniprésent. Le système économique en place s’apparente à un système OPEP (contrôle des secteurs clés par l’Etat) et s’accompagne d’une grande méfiance vis-à-vis des IDE.
Longtemps parent pauvre des réformes économiques soviétiques, le secteur agricole a connu bien des difficultés depuis 1991. La privatisation engagée des terres n’a que peu bouleversé la donne. Le mode de gestion collective perdure avec succès dans les régions aux terres à haut rendement. L’essor de l’agriculture de lopins a permis aux Russes de faire face à la transition mais son maintien est une marque d’archaïsme. Le secteur agro-alimentaire a fortement souffert des importations de produits étrangers. Faute d’investissements, il ne réponds que partiellement à la demande.

Des contrastes régionaux accentués

Les évolutions économiques précédemment développées ont eu comme effet d’accentuer les contrastes géographiques. Les zones rurales sont de plus en plus enclavées et sous-équipées alors que les zones urbaines concentrent population et appareil productif. La Russie a mis fin à la politique de colonisation qu’elle avait engagée et se résout à abandonner certains espaces.
Pour analyser l’espace russe, Jean Radvanyi retient 7 ensembles régionaux, qui s’apparentent, au premier abord, aux districts fédéraux mis en place en 2000 par Poutine et qui sont dirigés depuis par des super-préfets nommés par ce dernier. Dans les faits, le découpage retenu n’est pas le même car ces districts manquent d’unité géographique et ont surtout été créés dans un but géopolitique (notamment pour mâter certains nationalismes). On regrettera l’absence d’une carte reprenant les découpages retenus par l’auteur et qui aurait du, comme annoncé plusieurs fois dans le texte, figurer en troisième de couverture ! Ainsi, il distingue :
– le Centre : région industrielle exceptionnelle organisée autour de Moscou, capitale tentaculaire mais dont la partie agricole peine à redémarrer après l’expérience des agro-villes.
– La région située entre la Baltique et la mer Blanche, objet de projets multiples visant à apporter à la Russie une façade maritime propre et dont le dynamisme est insufflé par Saint Pétersbourg.
– Les terres noires et le Caucase, qui ont en commun, au-delà du profil agricole de grandes exploitations, d’accueillir de nombreux réfugiés en raison de la proximité de points chauds (Tchéchénie, Ingouchie…)
– La double région Volga-Oural, vu par certains géographes (Bradshaw, Prendergrast, Treivish), comme le nouvel heartland russe même si elles doivent faire face au double défi de l’épuisement de leurs ressources et de la pollution de celles-ci.
– La Russie d’Asie, autrement appelée « usines à devises » qui peine à développer son territoire de manière autonome.
– La Sibériade structurée par le transsibérien. A l’écart de cet axe, l’occupation humaine ponctuelle est calquée sur l’exploitation des ressources minières et énergétiques.
– L’extrême Orient, comme la Sibériade, souffre de la suppression des tarifs préférentiels de transport qui permettait de désenclaver ces périphéries. Tentée par la Sécession, la région cherche des débouchés commerciaux chez ces voisins.

Cette somme sur la Russie est une lecture indispensable pour les candidats au CAPES – Agrégation 2008. On conseillera ce livre en deuxième approche après la lecture du livre de Denis Eckert (plus généraliste mais aussi plus court). Très documenté, l’ouvrage de Jean Radvanyi apporte une mine de renseignements sur ce pays et en donne les clés d’analyse. L’ensemble est très actualisé tant au niveau des chiffres que de l’édition. Ainsi, le livre de Franck Tétart consacré à Kaliningrad est non seulement cité dans l’une des bibliographies qui clôt chacun des chapitres mais fait l’objet d’un développement. La seconde partie du livre consacrée à la géographie régionale est la plus intéressante. L’auteur propose des descriptions très complètes des différents espaces régionaux et « fait voyager » son lecteur. De même, tout au long du texte, il compare la situation actuelle avec celle de l’époque soviétique, voire celle de Eltsine. Cela apporte beaucoup et permet de bien voir les évolutions.
Des encarts ponctuent l’ensemble. Ils sont très bienvenus pour approfondir certains points de détail. De nombreuses cartes ont été insérées au texte. Si leurs pictogrammes apparaissent au premier abord kitch (petits derricks), ils s’avèrent bien pratiques pour comprendre l’essentiel d’autant qu’ils sont semblables d’une carte à l’autre.
La lecture de cet ouvrage sera aussi très utile aux professeurs du secondaire, enseignant la Russie dans le cadre des programmes.

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A propos de l'auteur

Catherine  Didier-Fevre

Professeure agrégée d’histoire - géographie en classes préparatoires littéraires au Lycée Sainte-Marie Lyon (69005) Elle a soutenu une thèse de géographie à Paris Ouest Nanterre La Défense le 29/09/2015 : The Place to be ? Vivre et bouger dans "l’entre deux" : Mobilités et jeunesses dans les espaces périurbains. Mention très honorable. http://www.theses.fr/s75353 Activités dans l’association : - rédactrice de la Cliothèque de géographie - administratrice et rédactrice de Clioprépas

La nouvelle Russie

Jean Radvanyi,

Jean Radvanyi, La nouvelle Russie, Armand Colin, 5ème édition, 2006, 418 pages.

Compte-rendu de Jean Philippe Raud Dugal, professeur au Lycée E. Perrier à Tulle.

Jean Radvanyi est professeur des universités à l’INALCO et directeur de l’Observatoire des Etas postsoviétiques. Il a déjà dirigé l’ouvrage les « Etats postsoviétiques chez Armand Colin. Synthèse indispensable pour comprendre les changements de la Russie contemporaine, « La nouvelle Russie » en est à sa cinquième édition. Il est, avec Denis Eckert chercheur au CNRS et directeur de la revue M@ppemonde et auteur de l’ouvrage Le Monde russe (Hachette, Carré Géographie, 2004), un des principaux spécialistes géographes de la Russie.

L’auteur convoque, en introduction, l’analyse géo-histoirique pour évoquer la rupture de 1991. Cette date marque la fin de l’expansionnisme russe entamé au XVIIIème siècle qui s’est marqué par un gain moyen annuel de 55 000 km2. Les problèmes évoquées sont nombreux et apparaissent à première vue rédhibitoires comme les poussées nationalistes au Tatarstan et en Tchétchènie. La problématique centrale de l’auteur est axée sur la question de savoir si « La Russie a une mission spécifique en tant que carrefour unique des cultures occidentales et orientales ou bien n’est-elle en fait qu’un « Empire du Mal » ?
L’ouvrage est composé de deux parties, l’une comprenant un exposé sur la géographie générale de la Russie et l’autre sur l’approche régionale.

La première partie permet tout d’abord de s’arrêter sur les spécificités du territoire qui a connu une forte réduction depuis 1991( de 22,4 millions de km2 à 17,1 millions de km2) malgré la préservation de son accès à toutes les mers qui baignent cet Etat-continent. La Russie, avec ses réserves connues, ses accidents climatiques récurrents demeure le seul pays au monde à être autosuffisant. De plus, la société a été fortement bouleversée elle aussi avec une triple inversion. Tout d’abord un recul net de la croissance démographique qui a été en hausse jusqu’en 1992, mais aussi l’apparition de soldes migratoires positifs, une première dans l’histoire russe. La troisième mutation majeure concerne l’émergence d’une société à deux vitesses illustrée par un chiffre : en 2002, 25 % de la population (environ 36 millions de personnes) vivent au dessous du revenu minimum vital. Malgré tout, on assiste à l’émergence d’une classe moyenne qui représenterait, sur la foi des sondages, 49% de la population. Le troisième chapitre est particulièrement intéressant et démonstratif comme l’indique son titre « De la douloureuse expérimentation du modèle libéral en Russie ». Le débat fait rage aujourd’hui sur le degré d’intervention de l’Etat et sur les conséquences de la mondialisation sur la sécurité nationale du pays. La désétatisation a été particulièrement rapide avec des privatisations massives même si c’est encore lui qui aujourd’hui fixe les prix de plusieurs productions majeures. Le tournant de la crise économique de 1998 est parfaitement détaillé par l’auteur. Son constat logique est sans appel : « Des phénomènes qui se sont trouvés dilués en Europe Occidentale sur près de deux siècles, se télescopent en moins de quinze ans » (p.95). De même, le démantèlement de l’URSS n’est pas pour autant synonyme de recul définitif : « Pour le Kremlin, l’ensemble des pays issus de l’URSS constitue une sphère d’intérêt vitale » qui marque aujourd’hui une certaine crispation géopolitique de la Russie.

Jean Radvanyi expose ensuite les secteurs d’activités. .Il pose tout d’abord une question qui pourrait sembler surprenante mais que les images d’Epinal persistent à nier : La Russie peut-elle nourrir ses habitants ? L’indépendance de l’Ukraine lui a porté un coup dur. De plus, la réorganisation de ses exploitations n’a été que partielle. L’industrie, elle aussi connaît « une convalescence douloureuse ». Même si la désindustrialisation peut apparaître réelle avec un effondrement sans précédent des grandes structures, elle représente encore 32,6% de la population active en 2002 qui travaille dans des structures nouvelles pour le pays : les PME.
Mais, c’est au plan externe que les enjeux sont le plus décisifs, la Russie bénéficiant d’une double position de contrôle soit comme fournisseur principal de combustible (en Ukraine, Biélorussie…) soit comme le lieu de transit obligé. » (p.155). Parallèlement, le secteur tertiaire a « explosé » et est marqué par l’adaptation des services publics face au désengagement de l’Etat. Ces excellentes synthèses sont complétées par une analyse sectorielle qui complète la première approche mais qui peut s’avérer fastidieuse à la lecture.

Les deux derniers chapitres consistent en des mises au point très utiles sur les échanges intérieurs marqués par la prédominance du rail avec des insuffisances chroniques mais avec la problématique de ses débouchés extérieurs surtout dans sa marge méridionale. Mais, les échanges extérieurs sont en chute libre ; de 4,5 % des échanges mondiaux à la fin des années 1980, la Russie ne représente aujourd’hui que 1,3%. « Ces chiffres donnent la mesure de l’isolement dans lequel s’était replié l’URSS et que la Russie, si l’on en juge par sa politique récente, peine à rompre » (p.215)Ainsi l’auteur conclut cette partie en posant une question que la suite permettra d’éclairer : « La Russie est-elle réellement prête à s’ouvrir ? ».

La seconde partie insiste sur un découpage régional en sept grands ensembles avec des caractéristiques propres mais ou l’accessibilité, la prédominance de la question des transports et des relations centre-périphéries et Russie-Pays riverains sont des problématiques essentielles. Ainsi à l’exception des deux régions majeures autour de Moscou et de St Petersbourg qui ont su évoluer vers une meilleure accessibilité, les marges de la Russie « balancent » entre marginalisation et intégration. Jean Radvanyi évoque les raisons géopolitiques et géostratégiques aussi bien sur les flancs occidentaux qu’orientaux. Comment en est-on arrivé là ? L’auteur insiste dans son chapitre introductif sur le changement essentiel lié à la dislocation du territoire de l’URSS en 1991. L’agitation pour obtenir des privilèges aux nouvelles républiques accélère la prise de conscience des disparités ethniques. La crise économique et financière de 1998 a accéléré la volonté centrifuge de ces dernières. Néanmoins, depuis l’élection de Vladimir Poutine, on assiste au retour de la prééminence de la législation fédérale même si une redéfinition des pôles régionaux n’est pas à exclure vers la. Sibérie et l’Extrême-Orient. Cette partie, même si elle n’est pas exhaustive (quelques études de cas auraient été un plus incontestable), permet vraiment de saisir spatialement le bouleversement du territoire russe.

D’une lecture assez agréable malgré le nombre très élevé d’informations données, cet ouvrage reste une référence grâce au travail de recherche et de synthèse remarquable de l’auteur. Même si on peut regretter le manque de développements sur la vague nationaliste russe depuis l’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir et la volonté néo-impérialiste encore récemment affichée en Ukraine et en Géorgie, cet ouvrage apporte les informations essentielles et dispense des connaissances indispensables pour bien comprendre l’évolution de la Russie depuis une quinzaine d’années. On félicitera aussi l’auteur pour ses cartes parfaitement réalisées sur les différents espaces régionaux du plus grand pays de monde. Le choix de mettre une bibliographie à la fin de chaque chapitre s’avère très rapidement judicieux devant la masse de problématiques et de thèmes abordés. Ce manuel de base est à fortement recommander pour les enseignants du secondaire pour leur permettre de comprendre les changements encore en cours en Russie mais aussi aux étudiants en géographie qui se doivent de connaître l’organisation spatiale de cet espace. Plus généralement, ce livre s’adresse aussi aux personnes curieuses des évolutions politiques et économiques de la Russie contemporaine.

Copyright Clionautes

La nouvelle Russie

Radvanyi Jean

A. Colin, 2000, 418 pages 42 figures, 30 photos, 56 tableaux, index.

Par Gilles Fumey
Voici, pour clore ce XXe siècle qui aura été, à bien des égards, douloureux pour la Russie, un ouvrage de maître. La « nouvelle Russie » de Jean Radvanyi n’enterre pas la « transition » russe mais elle l’actualise en centrant le livre sur la recherche de l’identité.

Les citations américaines sur « l’Empire du mal » tout autant que la formule de Milan Kundera sur « l’anti-Occident » étayent cette thématique de l’identité. Quel pays pourrait absorber autant de crises violentes que d’évolutions toujours plus contradictoires entre un peuple qui s’appauvrit et des élites toujours plus riches ? L’auteur chasse les fantasmes et les passions des Occidentaux qui ne sont pas toujours à même de comprendre comment fonctionne ce pays atypique, en rappelant quelques évolutions fortes depuis l’éclatement de l’URSS du 8 décembre 1991 :

– dans le temps long, l’expansion territoriale russe est achevée. Pour en donner une idée, Radvanyi cite Anatoli Vichnievski ayant calculé que cette expansion avait atteint 55 000 km2 par an sur trois siècles ! L’assemblage qui en résulte est fragile aux frontières mais fait partie intégrante de l’espace vécu des Russes qui s’y étaient habitués.

– la difficile acceptation par les Russes des frontières dont ils ont hérité, notamment du fait que l’ancienne RSFSR était la république qui, au sein de l’URSS, était la moins pourvue en institutions, le relais fédéral étant censé jouer un rôle de premier plan.

– le durcissement des frontières avec les voisins qui sont nombreux à rétablir des contrôles, ce qui ne supprime pas les trafics en tous genres. – le maintien de 89 sujets (régions administrativo-nationales de la Fédération, territoires autonomes, etc.) dont certains, comme la Tchétchénie, contestent le modèle fédéral affaiblit sans doute le nouvel Etat qui souhaite bâtir une démocratie, mais qui garde des méthodes autoritaires et coercitives.

– enfin, ce que Radvanyi appelle « l’esprit d’empire » ne peut pas s’effacer tant que la Russie reste d’un poids trop disproportionné pour ses voisins très dépendants d’elle. Du reste, les Occidentaux reprennent pied dans une zone où, à l’instar de Zbigniew Brzezinski, ils souhaitent contrer un néo-impérialisme russe en affaiblissant le pays. D’où les luttes d’influence pour la redéfinition des réseaux qui ne sont pas sans conséquence sur l’attitude de Poutine vis-à-vis de l’Occident.

Toutes ces questions sont développés avec brio dans un ouvrage de facture très classique (géographie générale, géographie rgionale) mais dont les sources de première main donnent une qualité toute en finesse à l’argumentation. Comment faire la part de l’éclatement, de la dépendance vis-à-vis des pays de l’Europe de l’Ouest et des Etats-Unis, comment comprendre les désastres écologiques, les crises démographiques, la déliquescence des filières industrielles, le « brain drain », les mafias sans voir aussi que l’atmosphère change en Russie ? Radvanyi pose la question de l’aveuglement du peuple russe qui reconstruirait son unité sur le sang des Tchétchènes, du rôle de Poutine dont le volontarisme politique est encore neuf.

Le succès de librairie de Radvanyi lui permet de réactualiser son ouvrage. Il n’y a sans doute aucun pays au monde qui soit à ce point suivi dans la géographie française. En cela aussi, ce livre est aussi une grande référence pour les géographes.

Décembre 2000.

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