Jhen est un personnage inventé par Jacques Martin à la fin des années 70. Plongé dans le XVe siècle et le contexte de la Guerre de Cent Ans, Jhen est un jeune artisan sculpteur et peintre qui est pris au milieu des évolutions de son temps et des manigances politiques. Depuis les années 2000, le titre a été repris par différents scénaristes et dessinateurs, tout en gardant le style de l’école Jacques Martin, de la conception de la maquette de la BD à la manière de dessiner.
Ce tome 20 de la série principale part d’une tentative ratée d’assassinat du pape Eugène IV à Rome. Jhen en est accusé et va devoir trouver les ressources pour se défendre et se faire innocenter. A travers cette aventure, apparaît en filigrane la volonté pontificale de rapprochement avec l’Église byzantine.
L’un des points forts de cette BD est de vouloir retranscrire l’atmosphère des sociétés médiévales. Rome est particulièrement mise en avant dans les décors et la richesse de son architecture. Si le cœur de la BD est placée sous le signe de l’aventure, on explore aussi les croyances, les superstitions, le poids des rumeurs, bref, ce qui fait le quotidien de ces époques. Le scénario reste quant à lui accessible et l’intrigue se résout assez facilement.
D’un point de vue graphique, il faut clairement aimer le style de l’école Jacques Martin et Alix. Les couleurs, les planches verbeuses, les couleurs, l’attitude rigide des personnages, tout respire un côté old fashion qui peut clairement rebuter le jeune ou le nouveau lectorat. Ce parti pris est assumé depuis des années et l’éditeur sait parfaitement qui est sa cible.
Au final, une BD qui continue d’explorer un personnage qui a son public, sans grande nouveauté ni prise de risque, mais ravira les amateurs du genre.



