Jeseong est un lycéen atteint d’hyperacousie, de misophonie et de phonophobie, trois troubles de l’audition qui le rendent hypersensible au bruit. Ces pathologies sont amplifiées quand il est stressé ou en colère. Au quotidien, cette particularité est souvent un handicap mais elle lui permet d’entendre ceux qu’il appelle les “biscuits”. Ce terme qu’il a inventé, et qui lui vaut régulièrement des séjours en hôpital psychiatrique, désigne toutes les personnes qui, à cause de la négligence des autres ou à cause d’une perte de confiance en eux, deviennent peu à peu transparentes aux yeux de tous. Jeseong, lui, arrive à les repérer et s’est donné pour mission de les sauver avant qu’elles ne disparaissent totalement.
S’inspirant de son expérience personnelle de se trouver ou d’être désignée comme “manquant de présence” l’autrice, Kim Sun Mi, s’empare du sujet de la confiance en soi et de l’attention portée aux autres. Elle montre qu’une simple main tendue, un sourire, une parole, peuvent redonner confiance à une personne et la rendre moins “transparente”. Pour cela, elle a choisi la métaphore des biscuits, qui petit à petit s’émiettent. Le récit montre notamment des situations de perte de confiance en soi dans le cadre professionnel et dans le cadre familial. Les relations décrites sont d’ailleurs plutôt sombres : question de culture ou choix pour le récit ? Les relations parents-enfant sont froides et distantes, ce qui ne favorise pas l’empathie. Quant aux comportements des autres personnes rencontrées dans l’histoire, ils sont facilement agressifs. Ils n’ont aucun mal à agresser verbalement ou physiquement la personne en face alors qu’il semble quasiment impossible d’espérer un comportement calme et mesuré. Jeseong et ses amis, eux, ont décidé de mettre leur énergie ailleurs. Ils ne reculent devant rien pour mettre en sécurité les biscuits, quitte à se battre ou à se mettre en danger.
Finalement, entre réalité et illusion, le combat de Jeseong et sa bande offre un message d’espoir où la solidarité et l’empathie triomphent.



