Ce premier tome de Mea Culpa inaugure un diptyque fascinant scénarisé par Jean-Christophe Brisard, dessiné et mis en couleurs par Michael Malatini, et publié chez Glénat en 2026. L’auteur est déjà reconnu pour sa trilogie Hitler est mort !, qui explore les derniers jours du Troisième Reich.
Dans ce nouveau diptyque, Jean-Christophe Brisard s’intéresse à un sujet sensible et peu vulgarisé : le rôle de l’Église catholique et du Vatican face au nazisme. Entre collusion, neutralité diplomatique et actes de résistance héroïque, la bande dessinée propose un récit historique documenté tout en laissant une large place à la fiction, donnant ainsi au lecteur un thriller immersif et passionnant.
L’Église sous surveillance : les ombres de Walkyrie
L’histoire se déroule dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, à la suite de l’échec du 20 juillet 1944, l’attentat manqué contre Hitler connu sous le nom d’opération Walkyrie. Le régime nazi, secoué par cette tentative de coup d’État, recherche impitoyablement des responsables. Dans ce climat de paranoïa, l’Église allemande et le Vatican deviennent suspects d’avoir soutenu les conjurés, plaçant l’institution religieuse au centre d’enjeux politiques et de dangers mortels.
Nous suivons Karl Neuhaus, officier SS fictif mais inspiré de faits historiques, chef d’une section spéciale de la Gestapo chargée des affaires religieuses. Sa mission : infiltrer et surveiller le clergé allemand, depuis les curés de campagne jusqu’aux évêques influents, en passant par les ambassades du Vatican et l’entourage du pape Pie XII à Rome. Le récit mêle espionnage, pressions politiques et traque impitoyable des résistants catholiques. Chaque décision, chaque manœuvre est lourde de conséquences et met en lumière les dilemmes moraux auxquels furent confrontés les membres du clergé et les fidèles. Le scénario révèle aussi comment le régime nazi a su infiltrer et influencer les institutions religieuses pour asseoir son contrôle, offrant au lecteur une vision à la fois précise et haletante de cette période complexe.
Histoire, action et suspense : un premier tome captivant
Ce premier tome est une réussite totale. Le scénario parvient à maintenir un équilibre subtil entre fiction et histoire, porté par un rythme soutenu et nerveux qui ne relâche jamais la tension jusqu’au dénouement, et qui laisse le lecteur impatient de découvrir la suite. Jean-Christophe Brisard s’appuie sur ses recherches historiques solides pour conférer au récit une crédibilité exceptionnelle, notamment l’accès à des archives soviétiques, qui permettent de tisser un contexte historique précis et documenté. A ce titre, un dossier regroupant les travaux et archives consultés à la fin du deuxième et dernier tome serait particulièrement apprécié.
Graphiquement, Michael Malatini signe un travail remarquable : les visages sont très expressifs, le découpage dynamique épouse parfaitement le rythme effréné de l’action, et les couleurs vives renforcent la tension et l’intensité dramatique. La couverture, sobre et élégante, tranche avec l’explosivité des planches intérieures, créant un contraste visuel très efficace qui attire l’œil tout en laissant le récit se déployer avec force.
En somme, ce premier tome de Mea Culpa pose les bases d’un diptyque captivant, où l’histoire et la fiction se rencontrent avec brio. Jean-Christophe Brisard et Michael Malatini offrent un récit et des illustrations intenses et subtiles, plongeant le lecteur au cœur des dilemmes moraux et politiques de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Un deuxième et dernier tome attendu avec beaucoup d’impatience !


