Valse avec Bachir
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Ari Folman et David Polonski

Valse avec Bachir

2009 Casterman, 2009


dimanche 10 mai 2009

CR d’Antoine Tresgots

La bande dessinée Valse avec Bachir d’Ari Folman et David Polonski, publiée en 2009 chez Casterman fait suite au film d’animation éponyme des mêmes auteurs sorti en 2008, présenté en compétition au Festival de Cannes et l’année suivante pour l’Oscar du meilleur film étranger.

Le récit se présente sur la forme de la quête d’une mémoire perdue. Le narrateur n’est autre que l’auteur, Ari Folman, qui part à la recherche de ses propres souvenirs. En Janvier 2006, il reçoit l’appel d’un de ses amis qui lui raconte les cauchemars qu’il fait et qu’il associe à ses souvenirs de l’opération « paix en Galilée » menée par l’armée israélienne au Liban en 1982. A cette occasion, Ari se rend compte que lui-même n’a aucun souvenir de cette période et commence à chercher d’où lui vient cet « oubli ».

Entre rêves, souvenirs confus et « trauma dissociatif », il reconstitue peu à peu son parcours et se rend compte qu’il était présent au Liban lorsque les milices chrétiennes libanaises massacraient des civils palestiniens dans les camps de Sabra et Chatila après l’assassinat de Bashir Gemayel. La narration fonctionne par allers-retours entre le présent de la recherche, le passé des souvenir, parfois interrompus par des rêves plus ou moins marqués par le traumatisme qui se révèle. Dans les dernières pages, la réalité revient en force puisque le dessin laisse la place à des photographies prises sur place après la tuerie. Se pose alors la question des responsabilités individuelles et collectives des soldats israéliens restés passifs pendant les évènements.
La construction des pages de la bande dessinée renvoie au film d’animation. La plupart des cases occupent toute la largeur de la page. Celles qui échappent à cette règle présentent des effets de zoom, d’enchainement ou de basculement qui rappellent le montage cinématographique.

Ce choix permet de rendre compte des impressions d’accélération ou de ralentissement sur des images fixes. La dernière partie de l’ouvrage comporte un appendice sous forme d’une interview de David Polonsky, directeur artistique du projet, qui présente justement ce travail de transformation du film d’animation en roman graphique.

L’idée de passer du film d’animation à un autre médium, la bande dessinée est intervenue au cours de la réalisation du premier. Si en apparence, les deux techniques se ressemblent, elles sont en fait profondément différentes. Les notions de temps et de mouvement sont évidentes dans le cas de l’animation alors qu’elles doivent être suggérées ou traduites dans les images fixes. Il en est de même pour la bande son dont l’absence dans la bande dessinée demande un important travail d’adaptation pour ne pas faire perdre d’informations au lecteur. Par ailleurs, l’image fixe demande un dessin plus détaillé que l’animation.

Il a également fallu s’adapter aux contraintes de l’image fixe dont nombre et format des pages. Pour cette raison, certaines séquences du film ont été modifiées voire supprimées, mais en gardant toujours à l’esprit l’objectif n°1 : maintenir la force et la cohérence du récit. Un certain nombre de croquis présentés en regard des planches de la BD témoignent de ces recherches. Au final, l’auteur juge que cette transposition est « l’un des boulots les plus difficile qu’il ait eu à assurer ».

En classe cette bande dessinée peut sans doute être utilisée en ECJS sur les thèmes de la responsabilité ou pour travailler, justement, sur les différences entre les média.

Antoine Trégots Clionautes

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