Après s’être consacré à la France, au ciel ou encore au Moyen-Orient, Christian Grataloup, propose un atlas historique de la mer. Il est structuré en quatre parties et, comme à chaque fois, un code est associé aux cartes et peut permettre de le retrouver sur le site de l’Histoire. Des renvois existent aussi à l’intérieur de l’atlas entre les différentes parties. S’il ne fallait rappeler que quelques chiffres pour prendre conscience de l’importance des mers et océans, on peut dire que 60 % de la population mondiale vit à moins de 100 kilomètres d’un littoral et que 95 % des flux internet mondiaux passent par les câbles sous-marins.

Un seul océan pour une seule humanité (avant le III ème millénaire avant notre ère)

L’océan, c’est 70 % de notre planète. Dans cette première partie, les auteurs rappellent quelques fondamentaux sur l’histoire de la vie marine ou sur les glaciations. Des aspects plus culturels ne sont pas oubliés comme le mythe du Déluge. L’atlas rappelle que la Méditerranée est sillonnée depuis le Néolithique. Une carte très intéressante fait le point sur les navigateurs du Pacifique entre 3500 et 1500 avant notre ère.

La connexion maritime des anciens mondes (IIIe millénaire avant notre ère – XVème siècle)

On trouve une double page sur Athènes comme puissance maritime au V ème siècle avant notre ère, avec notamment le détail de l’équipage d’une trière. Les auteurs retracent également l’ascension puis la domination de Rome. A la fin du I er siècle avant notre ère, Rome compte environ un million d’habitants et la stabilité de la mégalopole dépend d’un approvisionnement lointain qui est acheminé par un vaste réseau de routes maritimes. On peut suivre l’histoire de la Méditerranée jusqu’à l’époque de Justinien. L’atlas invite le lecteur à se tourner du côté de l’Océan indien appelé « mer du milieu » au IIe siècle. On navigue ensuite avec les Inuits, les Vikings et aussi les Normands. Une double page sur Venise pourra s’avérer très utile pour le programme de Seconde.

L’Europe tisse les routes du monde ( XV-XVIIIe siècle)

A cette époque, face à l’Europe, un nouveau monde apparait, qualifié par les auteurs d’Outre-mer. La carte permet de visualiser cette effervescence. L’Océan indien est au coeur des échanges au début du XV ème siècle et le voyage nous entraine jusqu’en Chine et au Japon. Une carte très utile résume les mondes connus des Européens au XV ème siècle. Là encore, le programme de Seconde est abondamment alimenté, par exemple, par une synthèse de l’exploration européenne du monde du XVe au XVIIe siècle. Parmi les autres documents importants, on note une carte sur la mondialisation des plantes et des animaux. Parmi les autres thèmes traités, la question des traites ou encore celle des instruments de navigation.

Industrialisation et occidentalisation des océans (depuis le XIXe siècle)

Cette dernière partie est la plus volumineuse et témoigne ainsi du poids croissant des mers et océans. On retrouve des cartes de synthèse comme celle sur la domination britannique au XIXe siècle et des focus également sur des conflits comme la guerre de Crimée ou la Grande guerre sur mer. Par ailleurs, il faut se souvenir qu’entre 1820 et 1940, près de 40 millions de migrants européens ont traversé l’Atlantique en direction de l’Amérique. Peu à peu, les pôles et les profondeurs sont explorés, même s’ils restent tous deux parfois mal connus. Les ressources sont de plus en plus convoitées, que ce soient celles de la pêche ou des hydrocarbures. Concernant la première, la FAO estime qu’en 2025, 35 % des stocks mondiaux sont surexploités. Les angles se multiplient avec la révolution du transport maritime grâce au conteneur ou encore au développement des croisières. Une double page synthétise la question de la mondialisation et de la maritimisation des économies entre 1990 et 2020. La dimension environnementale n’est pas oubliée tout comme la question des migrants en Méditerranée avec environ 44 500 morts par noyade entre 2014 et 2024.

Cet ouvrage de synthèse fournira de très nombreux documents pour plusieurs questions d’histoire et de géographie dans nos enseignements. Un instrument de travail essentiel.