Présentation de l’éditeur. « Une nouvelle Reine de sang convoite le trône de la maison Delcourt. Issue d’une famille non moins terrible, elle est certainement la plus redoutée de toutes : Catherine de Médicis. Prenez garde, l’agneau de Florence a des crocs !

6 mai 1527, les Lansquenets font le siège de Rome. Non loin de là, sur la colline adjacente, Charles III de Bourbon attend le moment propice pour lancer ses forces dans l’attaque. C’est le point d’orgue d’une croisade antipapiste. Les gardes suisses font tout leur possible pour mettre le pape Clément VII à l’abri. Mais le très saint père est rattrapé par les assaillants ».

 

En septembre 2018 est sorti le premier volume d’une trilogie sur Catherine de Médicis, intitulée « La reine maudite » chez Delcourt. Ce titre appartient à la collection « Les reines de sang », démarrée en 2012 avec Aliénor d’Aquitaine (6 volumes déjà parus depuis) et Isabelle de France (2 tomes). Cette collection s’est enrichie depuis de nombreuses figures féminines de notre histoire au sens large, de Cléopâtre à Tseu Hi, en passant par Jeanne de Bourgogne. Il est intéressant de noter que cette trilogie centrée sur Catherine peut s’inscrire dans la suite ou en parallèle des BD parues sur la famille Médicis chez Soleil (5 tomes). Mais, évidemment, c’est dans cette collection particulière de chez Delcourt qu’elle prend place aujourd’hui.

Il faut dire évidemment car la figure de Catherine de Médicis est incontournable de l’histoire de la France moderne. Fille de Laurent II de Médicis et de Madeleine de la Tour d’Auvergne, nièce de Léon X, cousine de Clément VII, elle grandit dans  l’Italie du début du XVIe siècle, région en proie aux luttes intestines et aux influences extérieures. À la mort de ses parents, elle hérite du titre de duchesse d’Urbino et de la fortune familiale des Médicis. Puis elle devient comtesse d’Auvergne à la mort de sa tante Anne d’Auvergne en 1524. Devenu un parti intéressant pour un royaume de France aux abois financièrement, mais aux prétentions impérialistes de son jeune souverain François 1er, elle est mariée avec le futur Henri II, et devient reine de France en 1547.

Ce paragraphe d’introduction historique est la trame de ce premier tome écrit à 4 mains par Simona Mogavino et Arnaud Delalande. Simona Mogavino et Arnaud Delalande sont les auteurs des 6 volumes de la collection des Reines de sang sur Aliénor d’Aquitaine. Ils sont à l’origine de la création de cette série avec l’éditrice Marya Smirnoff. Arnaud Delalande avait auparavant publié chez Grasset plusieurs romans comme La Musique des morts et participé à l’écriture de scénarii, au cinéma (Krach de Fabrice Génestal) et en bd (Le dernier Cathare chez 12 Bis). Les auteurs sont accompagnés depuis le début de cette aventure chez Delcourt par le dessinateur argentin Carlos Gomez, connu avant ce travail pour son personnage de Dago chez Aurea.

Les auteurs démarrent ce tome en 1527 avec le sac de Rome et la fuite traumatisante de la petite Catherine de Florence. Dès cet événements, plusieurs éléments apparaissent sur la personnalité de Catherine qui transparaît dans ce tome. Tout d’abord, l’idée qu’elle subit son destin. Catherine est au milieu d’intrigues qui semblent la dépasser, mais elle prend conscience, par la force des choses, de ce qu’elle est, de ce que sa famille représente et elle essaie de s’en montrer le plus digne possible. Y compris à son arrivée, raillée, à la cour de France, car issue d’une famille de banquiers et non de « vrais » aristocrates. Elle démontre une force de caractère et une intelligence politique qui vont être des atouts non négligeables lorsqu’elle devient reine, de manière soudaine, à la mort de François Ier, sur laquelle cet oeuvre s’arrête.

A l’instar de ce que ces auteurs ont fait sur Aliénor, ce tome est indéniablement parfaitement réalisé, tant le choix des couleurs, la qualité des dessins que dans la trame scénaristique et la plongée dans les tourments de l’époque. Catherine est au centre de l’oeuvre, même quand elle semble subir les choses. Les auteurs nous transcrivent un personnage très humain, conscient de ses défauts, découvrant au fur et à mesure ses qualités et son rôle. Une trilogie qui démarre ainsi sous les meilleurs auspices.