Ce livre-jeu éducatif, puisque c’est ainsi qu’il s’intitule, propose à travers des dessins sur une double page de déjouer les pièges de l’histoire, c’est-à-dire en l’occurence de repérer ce qui n’a rien à voir avec l’époque décrite. C’est donc une façon de faire de la chronologie, sans forcément s’en rendre compte.

Des dessins, des époques

Des Egyptiens à l’époque contemporaine, il faut donc trouver les pièges, les anachronismes. A chaque fois, un petit texte introductif donne la date et donne quelques informations. La première double-page est consacrée aux Cro-Magnon. Ici, il est précisé qu’on se situe vers 18 000 avant JC et que les Cro Magnon sont nomades et peu nombreux sur la Terre.
Après ce passage par la préhistoire, les époques traitées sont le temps des pyramides, Athènes au Vème siècle avant Jésus-Christ, la Rome antique, le temps des châteaux forts au XIII ème siècle, Christophe Colomb, la cour du Roi Soleil, la conquête de l’Ouest, les tranchées et la Libération.
Il faut souligner un point très positif, à savoir que l’image ne se contente pas de glisser des erreurs, mais aussi des éléments qu’on ne pensait pas exister à l’époque.

Un défi : repérer les erreurs

Diabolique mission en tout cas de rendre compte d’un tel ouvrage, car toute information donnée est un mystère dévoilé ! Ouvrir une double-page, c’est embarquer pour la chasse aux indices ! Il y a, à chaque fois, huit pièges à débusquer. Chaque élément, qu’il soit un anachronisme ou une réalité, est ensuite expliqué en quelques lignes à la page suivante et sépare bien les anachronismes et les éléments véridiques. Il y a à la fois des points de détail comme le fait que le pain n’existait pas au temps des Cro-Magnon et des données plus générales par exemple sur l’écriture.

Au temps de la Rome antique

Pour la double page sur Rome, on aura comme erreurs à relever la mention d’une lampe à gaz, d’un fleuret ou encore d’une arquebuse. Au-delà des objets, il y a des points plus structurants comme le fait de repérer cette croix chrétienne qui apparait alors que l’on se situe à l’époque de Trajan. En revanche, l’enfant apprendra que les graffitis existaient déjà et le livre nous en livre quelques exemples. Les affiches pour annoncer les spectacles sont déjà aussi une réalité. On retrouve cette même alternance entre objets et idées plus générales avec par exemple l’époque de Louis XIV. Mais n’en disons pas plus car cet ouvrage fonctionne en partie sur le plaisir de la découverte.

Une limite qui n’en est pas une

Une limite pourrait être, qu’une fois lu, l’enfant connait les pièges. En même temps, s’il s’en souvient, cela signifierait qu’il est capable de repérer pas moins de quatre-vingts erreurs. De même, il serait capable d’identifier une quarantaine d’autres éléments qu’il saurait exister à telle ou telle époque. Les possibilités sont ouvertes, car on peut envisager de nombreuses autres époques à traiter, y compris parmi celles des programmes scolaires.

Cet ouvrage se révèle être une vraie réussite avec les enfants qui s’en emparent avant même leurs parents !

© Jean-Pierre Costille avec l’aide de Nina