Alain Surget est un prolifique auteur de la littérature jeunesse, car il a publié pas moins de 150 romans. Il a notamment écrit deux séries à succès « Pavillon noir » et « Les enfants du Nil ». Il propose dans cet ouvrage d’aider les jeunes lecteurs, mais pas qu’eux finalement, à se repérer dans le dédale de la mythologie grecque et romaine.

A elles deux en effet, elles forment un immense réservoir de références culturelles, mais il n’est effectivement pas toujours facile d’attribuer le bon dieu à la bonne civilisation.
Pour s’y retrouver donc, Alain Surget propose quatre entrées qui vont, en quelque sorte, des divinités les plus importantes et les plus connues jusqu’à celles bien moins célèbres.

Face à face

Les dieux sont présentés sous forme de paire « gréco-romaine ». Ainsi, on trouve une approche sur Arès et Mars, ou Athéna et Minerve. L’ouvrage comprend de nombreuses informations complémentaires dans la marge qui correspondent à l’explicitation d’un mot de vocabulaire, ou d’une idée repérée dans le texte principal. Soulignons également l’effort iconographique du livre qui offre de très nombreux exemples de ces dieux et déesses dans leur représentation picturale par exemple. Il possède également un lexique, une généalogie, un quizz, et ses réponses à la fin, et de quoi prolonger la lecture en indiquant au jeune lecteur une bibliographie et une sitographie. Il faut aussi noter une double page pratique qui récapitule les attributs des principales divinités.

Titans et dieux olympiens de la première génération

Alain Surget commence par évoquer la création du monde. Certains dieux sont davantage connus que d’autres. Ainsi, entre Gaia et Tellus, la première domine incontestablement en terme de notoriété. Le rapprochement permanent entre Grèce et Rome est l’occasion de souligner différences et ressemblances. Chronos et Saturne partagent bien un destin commun à savoir être détrônés par leur fils, mais Saturne se distingue car, loin d’être condamné à se morfondre dans les Enfers, il se réfugia dans le Latium où il rencontra le dieu du commencement Janus. Ensemble ils inventèrent l’Age d’Or.
Entre Zeus et Jupiter, on apprendra que les fonctions de ce dernier étaient plus larges que celles de Zeus. Alain Surger se consacre ensuite à Héra et Junon, Poséidon et Neptune, Hadès et Pluton, ou encore Déméter et Cérès. Dans ce dernier cas, l’auteur développe le cas de Démeter car comme il le souligne, « la légende de Cérès ne fit que reprendre celle de la déesse grecque ».

La deuxième génération et les divinités mineures

On apprendra peut-être qu’Apollon est la seule divinité à avoir conservé son nom grec à Rome. Hermès, lui, patronnait tout ce qui circulait, qu’il s’agisse de biens volés ou achetés ! Dans la mythologie il est présenté comme celui qui inventa les poids et mesures, histoire de favoriser le commerce. Il excellait aussi dans l’art de manier la parole. Parmi la large galerie proposée, on peut citer le cas d’Eros et de son frère moins connu, Antéros. Ce dernier était « son adversaire attitré » et incarnait l’aversion. La naissance de Pan permet de prendre conscience d’une caractéristique importante de la mythologie, à savoir son aspect très variable et malléable. En effet, les traditions ne s’accordent pas pour présenter un récit commun de cet épisode.
Parmi les découvertes, signalons Salus, une ancienne divinité sabine de la guérison que les Romains invoquaient pour protéger leur cité des épidémies. On trouvera également une présentation des Muses. Il en manque souvent une ou deux quand on veut les citer et l’auteur y ajoute les Camènes. Il s’agit de nymphes au nombre de quatre en Italie. « Quand l’hellénisme se répandit en Italie elles furent assimilées aux Muses grecques. »

A la grecque ou à la romaine

A l’issue du livre, l’auteur donne une rapide conclusion qui dit l’essentiel et qui est la bienvenue après ce jeu de miroirs. En effet, Alain Surget note : « les Grecs élaboraient leurs mythes autour de personnalités divines, ils se rattachaient à l’histoire de façon épisodique. Les légendes romaines, elles, présentaient tout de suite une unité car elles s’appuyaient sur des fonctions sociales bien établies et non sur une personnalité évoluant au gré de ses émotions ». Il poursuit en opposant donc des dieux grecs plus impulsifs à des dieux romains « plus sérieux en somme », le temps ayant fait son oeuvre pour polir telle ou telle divinité.

Ce tour d’horizon très illustré propose un angle un peu différent plutôt que de refaire éternellement le même livre autour de la mythologie grecque et romaine. On pourra le garder à proximité en cas de doute sur l’identité et les attributions de tel dieu ou telle déesse.

© Jean-Pierre Costille pour les Clionautes.