Dès le début de la guerre en Ukraine, Christian Guémy (C215) a souhaité manifester son soutien au peuple ukrainien, ce dont témoigne le très beau livre de photographies Guerre en Ukraine, publié en 2023.

L’artiste a d’abord réalisé une fresque de quatre étages rue de Patay à Paris, le 10 mars 2022, à partir du portrait d’une petite fille couronnée de fleurs (Chiara, peint en 2010) et réinterprété aux couleurs du pays, en jaune et bleu (page 27).

Sa rencontre avec la porte-parole de l’ambassade d’Ukraine lui permet d’obtenir des autorisations pour se rendre dans le pays en guerre le 25 mars 2022. Il débute son travail en réalisant le portrait d’une enfant à Lviv, après qu’un missile ait frappé la cité (p.30). C215 reçoit un sauf-conduit qui lui permet de rejoindre Jytomyr, au sud de la frontière biélorusse. Dans un immeuble dévasté, il peint des portraits d’enfants, dont celui de son propre fils (p.39, 47, 54, 65, 70-71, 80). Il se rend ensuite à Kyïv alors encerclé par les russes. A son retour, il découvre, comme le reste du monde, l’horreur des crimes commis à Bucha.

 

 

C215 revient une deuxième fois en Ukraine et contacte l’ambassade de France alors en exil à Lviv. Il réalise une Liberté guidant le peuple dans les locaux de l’ambassade de France (aux couleurs de l’Ukraine) dans les locaux de Kyïv (p.22-25). D’autres fresques sont peintes dans la capitale, comme celle figurant Taras Chevtchenko (p.40) ou un couple d’amoureux (un soldat étreignant sa compagne, p.96-97). Christian Guémy, qui s’y était engagé, se rend à Irpin et à Bucha. Sur place, il peint des papillons, des oiseaux, un chat, un portrait de femme… (p.44-45, 58, 61, 62, 67) . Il déclare à cet effet (p.41): « je ne voulais pas dénaturer ce qui se trouvait là. Je ne savais pas ce qui allait être sanctuarisé. Je ne voulais pas venir profaner ».

Le journaliste Nicolas Hénin, auteur d’un texte intitulé « la guerre » inséré dans la publication, écrit (p.64) que « la guerre en Ukraine n’est pas une guerre de civilisation mais une guerre contre la civilisation. A ce titre, tout ce que l’humanité est capable de produire comme beauté, comme culture, comme émotion artistique est bienvenu pour répondre aux destructions. C’est pourquoi il fallait que Christian (C215) aille en Ukraine. C’était bien sa guerre ».

Les photographies prises en Ukraine par Christian Guémy, ont fait l’objet d’une exposition à l’Assemblée nationale (le livre est préfacé par la Présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet).

Un très beau témoignage de l’engagement d’un artiste contre la barbarie dont les exploitations pédagogiques pourront être nombreuses.

Grégoire Masson