Ce très beau roman graphique, adaptation du roman d’Ahmadou Kourouma (Prix Renaudot, prix Goncourt des lycéens, Prix Amerigo-Vespucci en 2000) raconte l’histoire de Birahima, un enfant orphelin qui est parti rejoindre sa tante, Mahan, au Liberia,
Ce fut une longue route semée d’embûches en compagnie de Yacouba, un personnage un peu étrange, marabout, escroc… Il devient enfant soldat.
La BD a été conçue comme un miroir du film Allah n’est pas obligéSorti en 2023, de Zaven Najjar, co-scénariste de la BD avec Karine Winczura et illustrateur. Les images toutes en couleurs disent aussi bien la beauté de l’Afrique que la violence des guerres civiles qui sévissent sur ce continent. Les auteurs ont choisi de conserver le choix d’Ahmadou Kourouma de mettre dans la bouche de son héros une langue brute, bousculée.
Le sujet abordé est important, celui des enfants soldats. Le récit, à la première personne, est celui de Birahima, né en Guinée entre une mère handicapée et une bienveillante grand-mère. Il décrit sa vie d’enfant des rues. Orphelin, il part avec cet homme étrange qui le protège, mais l’exploite. Ils tombent entre les mains de jeunes coupeurs de piste qui rançonnent les voyageurs. Puis c’est l’engrenage : devenu enfant-soldat, il vit la guerre civile au Liberia entre 1989 et 2003 qui fit 250 000 morts. Le lecteur revisite l’histoire de ce pays, la violence souvent gratuite, la drogue, les violences sexuelles imposées aux filles. Les hommes sont tiraillés entre l’espoir d’une vie meilleure, l’appât du gain, mais aussi la crédulité et la religion, entre guerre civile, brigandage et justice expéditive. Au milieu de ce chaos, des enfants, souvent très jeunes, le héros a environ 10-12 ans, rêvent de liberté, de manger à leur faim sans règles morales.
Fuyant le Liberia, Birahima, Yacouba et quelques enfants partent vers les mines clandestines de Sierra-Leone où les enfants sont employés comme gardes. Le lecteur découvre ici aussi la violence, la corruption et le détournement de l’aide humanitaire.
Ce roman graphique, mélange de violence et d’innocence décrit une réalité qui ne touche pas que l’Afrique et reste une réalité aujourd’hui2024 : une année tragique pour les enfants pris dans les conflits armés, l’une des pires de l’histoire de l’UNICEF, communiqué de presse. Ce récit est inspiré d’un rapport de l’ONU.



