À partir d’une question ordinaire, « nos téléphones nous écoutent-ils ? », une journaliste enquête sur la surveillance et décrypte la transformation de nos démocraties en kleptocraties autoritaires.
Nos téléphones nous écoutent-ils ? Une journaliste entame une enquête sur la surveillance. De Cambridge Analytica à Pegasus, Predator et Red Wolf, en passant par l’arrivée de la vidéosurveillance algorithmique et de la reconnaissance vocale, elle lance l’alerte sur cette surveillance de masse, ces logiciels espions et autres armes futures mettant en péril notre sécurité et nos vies privées.
Cette BD, publiée en collaboration avec Amnesty International, revient sur les différents scandales de surveillance numérique massive de ces dernières années.
Une enquête journalistique
L’héroïne est une journaliste qui mène une investigation approfondie, mêlant témoignages, explications techniques et analyses critiques des outils de surveillance actuels. Elle s’intéresse à plusieurs points :
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La collecte des données personnelles par les smartphones, applications et réseaux sociaux : des « aspirateurs à données » qui captent en permanence notre activité numérique.
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Les scandales majeurs comme celui de Cambridge Analytica – qui a exploité massivement des données Facebook – et l’utilisation d’outils espions tels que Pegasus et Predator, capables d’infiltrer des téléphones pour surveiller journalistes, activistes et responsables politiques.
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Les technologies émergentes : vidéosurveillance algorithmique, reconnaissance faciale et vocale, exploitation automatisée des données.
Big Brother n’est plus une dystopie
La BD met en lumière une réalité quotidienne et souvent invisible : chaque clic, chaque localisation ou interaction en ligne alimente des systèmes qui peuvent analyser, profiler et prédire nos comportements. Les algorithmes sont particulièrement visés dans le cadre de l’utilisation des réseaux sociaux.
La place de l’intervention des États dans la collaboration avec les entreprises privées est bien étudiée ; la place de la législation nationale et internationale y est bien abordée. Ainsi, les contradictions entre la protection des libertés privées et la protection et la sécurité de la société se mélangent allègrement, amenant le lecteur à réfléchir avec intérêt à ces questions. Le ton est sérieux, informatif, parfois alarmant : l’objectif est moins de divertir que d’alerter le lecteur sur les dérives possibles de la technologie et de la surveillance.
Un esprit critique à affiner
Bien loin de vouloir caresser le lecteur dans le sens du poil, cette BD lui permet de se rappeler que tout n’est pas bon à publier sur Internet et les réseaux sociaux, que les données sont majoritairement stockées sans que l’on sache vraiment à quoi cela peut servir. A travers des exemples concrets d’utilisation à des fins électorales, le lecteur pourra se rendre compte de la manipulation dont il peut faire l’objet sans en avoir conscience. De quoi rappeler, une fois de plus, l’intérêt de l’esprit critique à appliquer dans son quotidien et pas seulement en cours d’histoire, de géographie ou d’enseignement moral et civique.


