Dans cette très belle édition, Jean-Yves DELITTEpeintre officiel de la marine belge et membre titulaire de l’Académie des Arts et Sciences de la mer, est le maître d’œuvre de la collection « les grandes batailles navales ». Certaines de ces grandes batailles navales ont d’ailleurs fait l’objet d’un compte-rendu sur le site de la cliothèque : Salamine (septembre 480 av. J.-C.), Les Cinq îles (août 1217), No Ryang (décembre 1598), Les Cardinaux (novembre 1759), Leyte (octobre 1944). se propose d’analyser 26 batailles navales les plus importantes de l’Histoire. Dans la préface du livre, l’Amiral François BELLEC invite le lecteur « à remonter le temps pour vivre ces batailles historiques comme les ont fiévreusement vécues leurs acteurs disparus« .
Dès l’ouverture de l’ouvrage, deux doubles pages nous permettent de localiser les batailles navales dont il sera ici question : soit sur une carte de l’Europe, soit sur un planisphère du monde. Chaque bataille navale est traitée en 8 à 12 pages. Prenons le temps d’examiner l’une d’entre elles : la bataille des Cinq îles.
Après une explication d’ordre générale sur le Moyen Âge (notamment pour évoquer les innovations techniques qui touchent l’Europe médiévale), l’auteur prend le temps de rappeler ce qu’est l’Angleterre du roi Jean sans Terre, au début du XIIIe siècle. Puis le dessinateur belge explique dans les détails les manœuvres et intrigues des différents protagonistes qui se trouvent des deux côtés de la Manche : le roi d’Angleterre, Jean sans Terre donc ; son principal rival, le roi de France Philippe Auguste et son fils Louis (future Louis VIII) ; les barons anglais, le Pape Innocent III, l’archevêque de Canterbury, etc. Avant d’évoquer la bataille en tant que telle, l’auteur se permet une dernière (et heureuse) parenthèse sur la marine de guerre au Moyen Âge. L’occasion de rappeler que « l’Homme du Moyen Âge demeure fondamentalement tourné vers la terre » et les rois préfèrent déléguer la guerre sur mer à des aventuriers ou à des armateurs privés.
Maintenant que le cadre est posé, la bataille peut commencer ! Au large du port de Sandwich, la flotte française, commandée par le noble Gui d’Athies et le mercenaire Eustache le Moine fait face à la flotte anglaise menée par le comte de Kent, Hubert de Burgh. C’est par un habile stratagème que les Anglais l’emportent : ils laissent passer la flotte française pour mieux l’attaquer en remontant le convoi par l’arrière. Si la bataille est très bien décrite, on peut néanmoins déplorer l’absence d’une carte qui aiderait grandement le lecteur à mieux appréhender le récit de la bataille.
Richement décoré et facile d’accès, ce très beau livre plaira à coup sûr aux amateurs d’histoire maritime et de stratégie militaire navale.


