Invitations est le dernier roman graphique de Jirô Taniguchi aux éditions Casterman.

Conçu comme une sorte de diptyque, Invitations met en scène, dans sa première partie intitulée Quelque part, Lafcadio Hearn (alias Yakumo Koizumi).

Patrick Honnoré, traducteur de Jirô Taniguchi, indique que Lafcadio Hearn (1850-1904) a été journaliste et, qu’après des travaux à la Nouvelle-Orléans et à la Martinique, il s’est rendu au Japon .

Il devient, écrit P. Honnoré, « l’un des tout premiers introducteurs de la littérature populaire japonaise dans une langue occidentale ». Il s’intéresse aux histoires de Yokai (fantômes) et, à titre d’anecdote, il est l’introducteur du judo aux États-Unis.

De Yokai, il est question dans les deux chapitres de Quelque part.

Le premier d’entre eux met en scène Sekinai, un jeune samouraï qui rencontre le seigneur Shikibu Heinai, d’abord sous la forme d’une vision dans une tasse de thé, ensuite sous la forme d’une apparition qui s’estompera au premier coup de katana…

Le second chapitre évoque le spectre d’une femme qui, chaque soir, vient acheter un sucre d’orge avant de se rendre dans le cimetière du temple Daiôji.

Dans le deux cas, Hearn, qui a perdu son œil gauche, sert de vecteur et plonge littéralement dans l’univers de ces esprits. Cette quasi cécité homérique lui permet un contact privilégié avec un monde que nul autre ne perçoit, un monde inquiétant et fascinant à la fois.

La seconde histoire, intitulée Feux d’artifice, est adaptée d’une nouvelle de Hyakken Uchida.

Il s’agit de la toute dernière production de Jirô Taniguchi. Elle met en scène un homme qui traverse une longue digue de terre en direction d’un port. Il y croise une femme qui l’intrigue et avec qui il choisit de cheminer mais sur une route qui se fait de plus en plus angoissante…

Comme à l’accoutumée, le trait de Jirô Taniguchi est magnifique et sa capacité à nous faire voyager demeure intact. Les différents chapitres d’Invitations se savourent avec un immense plaisir.