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MONOT Alexandra (dir.)

L’Afrique : du Sahel et du Sahara à la Méditerranée

Amphi Géographie, Bréal éditions, novembre 2017, 264 p., 18€

Ouvrage de géographie pour les concours du CAPES et agrégation
L’ouvrage s’adresse principalement aux candidats préparant le concours du CAPES d’Histoire-Géographie et l’agrégation de géographie, mais il peut également s’adresser aux professeurs souhaitant approfondir leurs connaissances sur l’Afrique et enrichir leurs cours.
Sous la direction d’Alexandra Monot, les auteurs suivants ont contribué à l’écriture de ce livre :

– Farid Benhammou, agrégé et docteur en géographie. Enseignant de géopolitique et de géographie en classes préparatoires au lycée Camille-Guérin à Poitiers. Il est chercheur au Laboratoire Ruralités à l’université de Poitiers.

– Alexandra Monot, professeur agrégée en géographie à l’université de Strasbourg et docteur. Ses recherches portent sur le développement durable, les loisirs périurbains et la géographie économique.

– Franck Paris, professeur agrégé en géographie et enseignant en classes préparatoires. Il travaille sur la notion d’habiter et sur les îles tropicales.

– Dominique Roquet, agrégée et docteur en géographie. Elle a travaillé et vécu dans plusieurs pays africains et enseigné en classes préparatoires. Sa thèse et ses travaux de recherche portent sur le monde paysan et la géographie de la santé au Sénégal.

– Antonin Tisseron, consultant international et chercheur associé à l’institut Tomas More (Paris) et au GRIP (Bruxelles).

L’ouvrage est divisé 3 parties appelées successivement « Comprendre », « Rechercher » et « S’entraîner ». Ces différentes parties sont elles-mêmes divisées en plusieurs chapitres. Chaque partie est composée d’une courte page d’introduction. La lecture de cet ouvrage est fluide, mais les chapitres ne sont pas clairement indiqués. Pour savoir que l’on passe d’un chapitre à un autre, il faut se référer au sommaire ; les titres au fil de l’ouvrage ne suffisant pas toujours. Malgré cela, on se laisse porter par la lecture car l’ouvrage est agréable et clair à lire.
Le livre est ponctué de cartes, de photographies, de tableaux de statistiques, de schémas et de croquis : éléments essentiels pour spatialiser le sujet (et rendre attractif le livre) !

La 1ère partie « Comprendre » débute en rappelant l’introduction du volume de la Géographie universelle consacré aux Afriques au sud du Sahara (1994) ; les difficultés auxquelles la majorité continent africain est confrontée. « Le continent connaît, dans la douleur, le malheur, les conflits, des mutations profondes. », se pose alors cette question : « Qu’en est-il près d’une génération plus tard ? »

La question au programme des concours externes de l’enseignement est expliquée dans les pages suivantes. Tout d’abord il s’agit de définir les mots-clés de l’intitulé de la question (Sahara, les limites spatiales externes liées à la pluviométrie, à la végétation, à l’hydrographie ; mais aussi des limites internes). Il est important de relever cette phrase : « l’essentiel dans les épreuves, tant écrites qu’orales, sera de discuter des limites spatiales du sujet en s’appuyant sur des critères précis, afin de proposer une délimitation la plus appropriée possible au sujet donné. » (page 15)
Les auteurs précisent les thèmes principaux que les étudiants au concours devront maîtriser : les mutations sociales économiques et territoriales, unité et différenciation au sein de cet espace africain, l’environnement et ses évolutions, les recompositions politiques et géopolitiques en cours.
La première partie propose un élément important qui est la place de l’espace africain au programme dans la géographie française : cette partie est scindée en plusieurs sous-parties qui permettent une lecture claire et assez aisée. Tout d’abord est abordé un temps sur la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 1930 notamment par la colonisation, puis un temps « entre maintien et évolutions » du vidalisme. Il faut souligner qu’il y a une évolution de la pensée géographique et non une rupture concernant les travaux sur les Afriques, il y a également la prise en compte des indépendances des Etats africains dans la deuxième moitié du XXe siècle qui, sans bousculer les travaux de recherche, modifie leur approche en s’associant avec des universitaires locaux mais aussi en allant enseigner et exercer leurs travaux de recherche dans le pays concerné. Par ailleurs, des équipes de recherche se spécialisent et amènent à la création de laboratoires marqués par une régionalisation. Exemples : l’université de Tours est tournée vers l’Afrique du Nord, Bordeaux III est liée au monde tropical et se consacre au Sahel…Peu à peu on arrive à un espace géographique expliqué par la religion et d’autres traits culturels, laissant la géographie vidalienne de côté. Progressivement, le glissement vers la géographie sociale dans les années 60/70 ouvre la voie à des travaux sur les groupes sociaux et leur pratique des lieux, leur ressenti face aux réalités spatiales. Dernière évolution avec la géopolitique (Y. Lacoste).

La dernière sous-partie de la première partie « Comprendre » concerne l’intitulé de la question dans les programmes scolaires : élément que tout candidat doit maîtriser aussi bien pour les écrits que les oraux. Elle est alimentée par des extraits de la fiche Eduscol, d’un tableau faisant la synthèse du programme par niveau avec thèmes et notions/vocabulaire à mobiliser. De plus, les compétences pour chaque niveau que doivent maîtriser les élèves sont listés.

La 1ère partie se termine par 5 pages de bibliographie qui sont utiles pour quiconque souhaite approfondir sa lecture. Les auteurs indiquent que le Bréal est conçu (au même titre que l’Atlande) comme une entrée dans la question de programme (mettre en place les idées, vocabulaire et connaissances de base à acquérir), ils renvoient vers les ouvrages Armand Colin et Dunod qualifiés de « plus complets et [devant] permettre une approche plus approfondie de la question et sont davantage à destination des agrégatifs ».

La deuxième partie intitulée « Rechercher » constitue le cœur de l’ouvrage avec près de 200 pages. Une courte demi-page est consacrée à quelques définitions, donnant alors aux candidats une indication claire et concise de ce qu’il faut retenir. Néanmoins, on retrouve régulièrement des points de définition ce qui n’est pas négligeable. Tout au long de notre lecture, des explications de mots sont faites, des définitions précises sont données et des renvois sont faits à différentes parties de l’ouvrage, ceci permettant un jonglage facile à effectuer pour retrouver des informations.
L’hydropolitique est une notion introduite qu’il faut retenir pour comprendre la région d’étude.
Cette longue partie se termine par une bibliographie assez riche « pour aller plus loin ».

La dernière partie « S’entraîner » a pour but de confronter les candidats à des sujets de la question ; une partie qui commence par des conseils méthodologiques et qui se poursuit par un sujet corrigé. Ainsi les candidats peuvent s’entraîner au sujet proposé, et revenir lire le livre pour voir comment traiter la question de façon méthodologique (étape par étape dans une introduction avec la définition des termes du sujet etc). Un plan détaillé est proposé et se termine par un croquis de synthèse. Ceci répondant alors aux exigences du concours. Il est intéressant de trouver à la suite de cet exercice une bibliographie d’ouvrages de méthodologie.
Un autre sujet est proposé pour l’exercice du commentaire de documents, correspondant en tout point à l’épreuve. Suite aux conseils et aux 6 documents est proposé le corrigé avec la problématique, un plan détaillé pour répondre à la première partie de l’épreuve ; puis est proposée la correction de la deuxième partie de l’épreuve (exploitation adaptée) avec une production graphique justifiée.

Pour conclure, l’ouvrage correspond entièrement aux attentes de tout candidat aux concours de l’enseignement. Le propos est clair, facile à lire, bien structuré et avec des définitions courtes et précises ainsi que des documents qui ponctuent l’ouvrage de façon bienvenue ; deux sujets pour s’entraîner aux épreuves de l’écrit des concours, une riche bibliographie : cet ouvrage rempli pleinement sa mission !

Cependant, une nuance est à apporter : malgré le fait que l’ouvrage réponde aux objectifs donnés par ses auteurs, nous pouvons regretter l’absence d’un chapitre traitant des migrations. Un thème pourtant essentiel dans la région étudiée. Une lecture à compléter donc (comme le précisent les auteurs) par les ouvrages des autres éditions.

Brigitte Dumortier (Dir.)

L’Afrique : du Sahel et du Sahara à la Méditerranée

Armand Colin, Coll. Horizon Histoire Géographie, 2107, 287 p., 25€

Directrice de cet ouvrage, Brigitte Dumortier s’est assurée la collaboration d’auteurs aux horizons divers. Elle-même est agrégée de géographie, ancienne élève de l’Ecole normale supérieure, ancien membre du jury d’agrégation et est actuellement maître de conférence à l’université Paris-Sorbonne où elle participe à la préparation aux concours ; elle est membre du CESSMA (Centre d’Etudes en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques, université Paris Diderot, INALCO, IRD).
Dix auteurs ont contribué à cet ouvrage dont Ali Bensaâd, Florence Brondeau, Philippe Cadène, Jacques Charlier, Marc Côte, Gérard-François Dumont, Florence Fournet, Pascal Handschumacher, Roland Pourtier et Souleimane Takarli.

L’ouvrage permet pour les enseignants en exercice d’actualiser les connaissances sur ce tiers de l’Afrique septentrionale et couvre différents thèmes abordés en tant que tel ou de manière transversale dans les programmes scolaires de la sixième à la terminale. Il s’agit par exemple en sixième, d’aborder la notion d’habiter une métropole en utilisant l’exemple du Caire développé dans l’ouvrage, en cinquième de rattacher les thématiques développées à la question démographique et l’inégal développement, ou celle des ressources limitées, à gérer et à renouveler, en quatrième d’étudier la ville au regard du développement durable, en terminale l’Afrique face au développement et à la mondialisation et plus particulièrement l’étude du Sahara entre ressources et conflits..

Il sert également de base à la préparation des concours du CAPES histoire-géographie et de l’agrégation externe de géographie, mais se doit d’être complété par des ouvrages plus ciblés dans les thématiques.

Dès l’introduction, Brigitte Dumortier explique que la lettre de cadrage du jury du CAPES a guidé le développement des différents thèmes abordés. Elle fait part des difficultés liées à l’écriture du livre en raison des sources parfois indisponibles ou difficilement accessibles, en raison également des impératifs temporels de collecte des données, de leur synthèse et d’écriture de l’ouvrage dans un laps de temps court.
Le livre se découpe en quatre grandes parties et correspond aux problématiques soulevées par les attentes du jury du CAPES.

Le premier thème se charge de montrer ce tiers septentrional de l’Afrique jusqu’à une ligne fictive allant de Dakar à Djibouti, comme un ensemble oscillant entre unité et diversité. Il ne s’agit pas alors de séparer ces deux idées mais de les mettre en relation au travers des trois chapitres traités et de remettre finalement en cause l’idée d’une césure constituée par le Sahara entre l’Afrique du Nord et l’Afrique Sahélienne. L’ensemble est traité par Roland Pourtier, professeur émérite à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialiste de géographie tropicale et du développement, de géopolitique de l’Afrique centrale. Puis par Brigitte Dumortier et enfin par Florence Fournet et Pascal Handschumacher, respectivement entomologiste médicale à l’Institut de recherche pour le développement au sein de l’Unité mixte de recherche maladies infectieuses et vecteurs : écologie, génétique, évolution et contrôle et géographe de la santé à l’IRD au sein de l’Unité mixte de recherches SESSTIM. Les auteurs s’attellent à développer des problématiques transversales, reliées aux populations, aux ressources et au développement économique (chapitre 1), aux multiples facettes de cette aire de civilisation (chapitre 2) et à la santé humaine (chapitre 3).

La seconde partie s’interroge à différentes échelles sur l’intégration et la fragmentation de cet espace géographique. Elle est traitée d’abord par Ali Bensaâd, professeur des universités à l’université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis et membre de l’Institut français de géopolitique et par Brigitte Dumortier. Les liens entre Sahel et Méditerranée sont abordés au prisme des circulations migratoires qui font du Sahara le connecteur entre ces deux sous-ensembles. Intégration par les flux mais fragmentation par les nombreux conflits interétatiques et intra-étatiques qui secouent la région étudiée et la multiplication d’organismes régionaux qui témoignent d’une volonté de coopérations diverses (économique, militaire, alimentaire…) mais de leur manque de cohésion pour réellement attester d’une intégration régionale.

Même si les chiffres à l’échelle du continent révèlent une Afrique peu urbanisée, à l’échelle de l’ensemble géographique traité, ils montrent que le fait urbain et les dynamiques urbaines sont en recomposition. Cette troisième partie est traitée d’abord par Philippe Cadène, associé à Brigitte Dumortier. Il est professeur de géographie du développement à l’université Paris Diderot et membre du CESSMA. Jacques Charlier qui s’intéresse aux façades portuaires, est professeur de géographie à l’université de Louvain-la-Neuve, spécialiste de géographie des transports maritimes et des ports. Florence Brondeau, maître de conférences en géographie à l’université Paris-Sorbonne et membre du laboratoire de recherche UMR8185 ENeC Espaces, Natures et Cultures, traite des mutations des systèmes agricoles et de l’évolution des politiques de développement au cœur des grandes vallées alluviales sahéliennes très convoitées.

L’inégale répartition des villes est liée au contexte géographique et historique. La présence de grandes agglomérations, de villes moyennes et de petites villes montre que les hiérarchies urbaines sont globalement complètes. Ces villes présentent des profils économiques divers qui leur permettent de rayonner à différentes échelles. Enfin, la croissance urbaine est un fait, même si elle est ralentie en Afrique du Nord, elle se poursuit à un rythme soutenu dans les villes sahéliennes.
Pour les Etats côtiers, les ports, plus ou moins développés, constituent des portes d’entrée de la mondialisation mais pour beaucoup le faible lien avec leur hinterland constitue un handicap et rend cette intégration au processus inachevée.
Enfin, les grands fleuves allogènes, leur vallée et delta prouvent que la ressource en eau et sa maîtrise est au cœur des défis. Elles conditionnent l’activité agricole assurant particulièrement la sécurité alimentaire. Les stratégies développées à différentes échelles montrent des succès mitigés et limités. Reliée au fait urbain, l’eau révèle des tensions, des conflits d’usage et d’appropriation, exacerbés par l’ouverture aux investisseurs étrangers entraînant alors des spéculations sur le foncier.

La dernière partie est traitée par Gérard-François Dumont, économiste, démographe et géographe, Professeur à l’université Paris-Sorbonne et par Souleimane Takarli, titulaire du master de géographie « Culture, Politique et Patrimoine » de l’université Paris-Sorbonne et qui poursuit ses recherches portant sur la recomposition politique de l’Algérie et l’impact des réformes territoriales. Cette partie est consacrée au développement de deux exemples, l’un à l’échelle nationale avec le Tchad, l’autre à l’échelle régionale avec l’exemple du Mzab (600 km au sud d’Alger).

Depuis l’indépendance jusqu’aux années 1990, le Tchad a connu de nombreuses guerres civiles qui ont empêché tout développement. Après une période d’accalmie et de relative stabilité jusqu’en 2000, dans un contexte frontalier poreux, les interférences géopolitiques font que le pays reste fragile. D’autant plus que, comme dans beaucoup de pays où le pouvoir s’acquiert par les coups d’Etat militaires, la rente pétrolière sert aujourd’hui à financer le budget militaire plus qu’à financer celui du développement du pays.

Les conflits dans la vallée du Mzab trouvent d’autres facteurs d’explications que ceux médiatisés. Vallée riche en ressources minières, elle connaît une urbanisation galopante et un enjeu foncier considérable au cœur des rivalités et des tensions originellement religieuses. Les aménagements étatiques ont bouleversé les structures traditionnelle et religieuse de la ville de Ghardaïa, par exemple. Une intégration nationale aux forceps à laquelle les sociétés traditionnelles répliquent en mettant en place des stratégies (achat commun de terres, de biens immobiliers, intégration politique via la constitution d’un parti local…) qui témoignent de leur recomposition tout en conservant et en réhabilitant leur tradition.

En somme, cet ouvrage présente un réel intérêt. Les thèmes développés permettent de sortir du déterminisme d’une Afrique « miséreuse », marginalisée, en montrant par l’étude de sa partie septentrionale, combien les potentialités sont réelles mais fragiles et fragilisées. La lecture est globalement aisée et répond aux problématiques soulevées.

Sous la direction de Julien Andrieu

L’Afrique : du Sahel et du Sahara à la Méditerranée

Ellipses édition CAPES/AGREG, 2017, 300p., 28€

« A côté de l’automobile, deux autres modes de transport sont également passés par les marges pour s’imposer à la ville sénégalaise : les deux roues motorisées et les véhicules hippomobiles. » C’est dans cet article que Dr Papa Sakho explique les différents types de mobilités, villes et transports de l’Afrique Subsaharienne. Cet ouvrage s’appuie sur de nombreuses connaissances de Terrain de la part de certains auteurs ce qui lui confère une saveur « anthropo-géographique » très appréciable.

Julien Andrieu, maître de conférences à l’Université Nice Sophia-Antipolis, propose avec cet ouvrage un manuel destiné d’abord aux étudiants souhaitant obtenir le CAPES d’histoire-géographie, ou aux agrégatifs de géographie. Spécialiste de la géographie africaine et notamment des questions qui concernent le paysage et l’environnement, Julien Andrieu coordonne ici un ensemble de chercheurs de cultures et de domaines différents autour d’un sujet commun : la question de géographie des territoires aux programmes des concours de l’enseignement. Le manuel s’articule ainsi en cinq parties.

La première partie intitulée « Comprendre l’organisation zonale de l’Afrique pour mieux critiquer son découpage» débute en rappelant les chiffres-clés du plus grand désert du monde. Le premier chapitre donne lieu à clarifier les limites étatiques mais aussi physiques du territoire concerné. L’enjeu est de comprendre que le territoire du sujet ne s’entend pas en pays mais en zones. Cette partie propose aussi une étude climatologique claire qui est agrémentée par de nombreux documents visuels (cartes, tableaux…) Les notions de biogéographie, de pluviométrie, de paysage spécifiques à cette région du monde sont abordées de façon très compréhensible pour les néophytes (tel est mon cas). Le troisième chapitre se pose la question du Sahara comme barrière ou trait d’union entre la Méditerranée et le Sahel. Lien est fait entre la période néolithique et le développement de l’agriculture au sud du Sahara. Enfin une contextualisation historique mais aussi actuelle des trois espaces du sujet (Sahel, Sahara, Méditerranée) est posée et discutée. Pour conclure cette première partie une dissertation est proposée à propos des fleuves qui structurent l’Afrique du Sahel à la Méditerranée.

La deuxième partie «Suivre les évolutions des villes et des campagnes du Sahel à la Méditerranée» débute avec une étude complète des dynamiques territoriales de l’espace en question. L’évolution des phénomènes de métropolisation, d’urbanisation et les formes urbaines spécifiques sont analysés au travers de des modes de gouvernances, des réseaux de transport et de tous les classiques axes d’analyse de la géographie urbaine. A noter que j’ai particulièrement apprécié le schéma les différentes structures urbaines des grandes métropoles mondiales (Fig.2 page 77) qui permet d’un coup d’œil de comparer les caractéristiques urbaines des différents types de métropoles mondiales. Par ailleurs, des études de cas (Alger, Tunis et Le Caire) sont proposées, je regrette juste que certaines des cartes qui les illustrent (surtout en ce qui concerne les densités de population) soient quelque peu datées. Un chapitre propose une étude sur l’oléiculture en Afrique du Nord, tandis qu’un autre traite de l’agriculture irriguée. Cette question agricole met en œuvre une gestion de l’eau particulière et l’apport de l’hydraulique moderne est détaillé. Enfin, les systèmes agropastoraux sahéliens, leurs caractéristiques (transhumance, organisation spatiale…) ainsi que leur vulnérabilité concluent cette partie.

La troisième partie «Se saisir des enjeux sociaux de l’Afrique» pose un regard de géographie humaine sur le continent. Difficile de comprendre les nouvelles dynamiques africaines sans prendre en compte l’évolution démographique particulière de cet espace. C’est Jean-Marc Zaninetti (spécialiste de la géographie des peuplements) qui se propose d’appréhender, pour l’aire concernée, la « Révolution démographique ». Les principaux indices sont analysés, tenant compte des mobilités et des enjeux de l’aide au développement. Par ailleurs, toujours dans cette partie, les inégalités et politiques de lutte contre la pauvreté sont expliquées voire démythifiées. Le système D de la mobilité est abordé donc par une étude du « bricolage des transports » au Sénégal. Enfin l’enjeu touristique est présenté via la correction d’une dissertation qui a pour sujet : Le tourisme en Afrique du Sahel à la Méditerranée.

La quatrième partie propose d’ «appréhender la reconstruction d’un territoire complexe autour de ses crises récentes et des mutations géopolitiques mondiales.» Trois thématiques émergent de cette partie de l’ouvrage. Tout d’abord les relations et le développement des relations Chine/Afrique (plus particulièrement le territoire concerné par le sujet du concours) sont analysés. Les impacts, causes et conséquences des printemps Arabes sont aussi mobilisés avec notamment une reprise en plusieurs études de cas (la Tunisie, la Libye, l’Egypte…) et enfin une analyse spatiale des manifestations est présentée. En dernier lieu, une explication du conflit soudanais permet de poser les jalons de base de cette guerre qui fait voler en éclat les frontières issues de la colonisation.

La dernière partie, «S’approprier les enjeux de l’environnement» propose une perspective sur les rapports nature-société, l’environnement et les ressources. La question de l’eau dans le Sahara permet un bilan physique, mais aussi une étude de l’eau en tant que ressource dans différents milieux (urbains…) et enfin comme vraisemblable facteur de conflits dans la région. Les causes et conséquences de la désertification sont indiquées, tout comme les retombées des changements climatiques sur les sociétés. Enfin, conclusion est faite avec une étude comparée des paysages (et leurs dynamiques) du Bas Saloum et de la Western Division par le directeur de publication.

Pour finir, cet ouvrage oublie, à mon sens, certains points des différentes lettres de cadrage des concours, d’ailleurs quelques articles sont à la limite des bordures spatiales du sujet. Néanmoins, il constitue globalement un ouvrage introductif de qualité. Agréable à lire et proposant des schémas pertinents, il permet de se familiariser au sujet avec des exemples concrets et des bibliographies, par thèmes, étoffées.

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