Ce petit roman est écrit dans une langue très poétique que l’auteur de la préface Alioune -B Biané professeur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar associe aux grands poètes français Hugo, Mallarmé…

Des personnages attachant entraînent le lecteur à la découverte de la forêt casamaçaise, si menacée aujourd’hui par la contrebande de bois vers la Chine via la Gambie, l’âme d’un peuple, les Diolas, blessée par une longue crise évoquée ici par l’intermédiaire des mines mais aussi un Sénégal pluriethnique où la modernité côtoie le modernisme. L’intrigue offre un va-et-vient entre Saint-Louis la grande ville du Nord et la Casamance profonde de Tandiem, Baïla…

Le héros, Farba Diop est un journaliste en vue de la télévision nationale qui quitte tout, sa famille à Saint-Louis et Madické le griot des Diop, les honneurs et les moyens financiers, pour faire découvrir la culture de la Casamance et œuvrer pour la paix au côté de Laok, homme des bois et diplômé de La sorbonne et d’Harvard. Son voyage qui se prolonge lui fait rencontrer, et en même temps au lecteur, Diémé le chauffeur de taxi-brousse la tête près du bonnet mais ami fidèle, Ousmane Sène le médecin chef-de l’hôpital de Ziguinchor pris entre sa science et les croyances de la vieille Maa, guérisseuse et devineresse. Les villageois de Tandiem, les danseurs de Tobor…

L’auteur magnifie dans ce texte la beauté, les mystères et la place primordiale de la forêt mais aussi les manifestations culturelles, les danses des masques à Thionck-Essyl.
La rencontre cruciale avec la victime des mines Segunda qui devient l’épouse de Farba est marquée pat la magie des cuisinières sénégalaises qui donne le pouvoir aux femmes

Un petit livre envoutant, bonne introduction à un voyage en Casamance.