Cet ouvrage, rédigé par Gérard Bacconnier agrégé de géographie et professeur en classes préparatoires HEC à Lyon, poursuit la collection des mises en fiches de l’éditeur (thèmes précédents : la mondialisation, l’Union européenne, les Amériques, la France, l’Afrique et le Moyen-Orient). Une formule qui vise à apporter des réponses rapides et synthétiques (comprendre et intégrer, rappelle la 1ère de couverture) aux questions que peuvent se poser les étudiants préparant les concours.
L’Asie est ainsi découpée en 83 fiches de 2 à 5 pages selon les thèmes, accompagnées, parfois de documents complémentaires (tableaux statistiques) et toujours d’un lexique.
Cependant, l’ensemble répond à une organisation en 8 parties distinctes pour présenter ce continent dont sont exclus les Proche et Moyen Orient, et la Russie.
Les 3 premières parties présentent l’espace asiatique sous l’angle de sa diversité, ses mutations durant le XXe siècle, son insertion dans la mondialisation ; une 4ème partie sur la géoéconomie d’un continent mondialisé multipolaire sert de transition avec 3 parties sur les « puissances » : le Japon, la Chine et l’Inde ; en guise de conclusion, la dernière partie pose la question de l’unité de l’Asie.

Le contenu de chaque fiche est très structuré, synthétique, concis, agrémenté du vocabulaire spécifique. Cependant, on y entre plus par une approche descriptive que problématisée, même si quelques questions tentent d’émerger ou si le texte est centré sur les questions sensibles.
Le géographe y trouve t-il son compte ? Il ne pourra que s’irriter du pot pourri que présente la partie 1 sur L’Asie diverse où la fiche sur les séparatismes jouxte celle de la fécondité et le planning familial, ou bien celle sur le terrorisme en Asie suivie par une fiche sur les valeurs asiatiques et la mondialisation.
Il déplorera aussi une présentation-tiroir à peine masquée (aspects physiques/ démographiques/ agriculture/industries/ commerce et mondialisation…) qui limite une compréhension plus fine des espaces concernés et des thèmes traités.

Les sujets présentés sont actualisés et touchent les dynamiques récentes et essentielles en Asie : organisation urbaine de la Chine littorale, développement des classes moyennes en Chine ou en Inde, développement des districts industriels… ; certains thèmes méritent cependant plus de nuances : par exemple, la révolution verte en Inde n’est pas une réussite pour tous et partout ; le texte note seulement l’appauvrissement du patrimoine génétique agricole mais rien n’est dit sur les disparités socio-économiques, géographiques et les effets environnementaux.

Le géographe regrettera bien sûr l’insuffisance de cartes ou schémas (5 cartes générales en début d’ouvrage et une carte sur la mégalopole japonaise : c’est bien peu) mais il appréciera l’approche économique, appuyée par des chiffres récents, que justifie la préparation des concours commerciaux.
Le chapitre qui décrit la géoéconomie d’un continent mondialisé multipolaire est particulièrement intéressant : il présente une situation pyramidale dominée par le Japon et dont la base est constituée par les NPIA de la 2ème génération et les pays émergents. Ce schéma classique est à nuancer du fait du poids croissant de la puissance chinoise qui joue un rôle de plus en plus structurant à l’échelle régionale modifiant la distribution des activités, des investissements, les jeux de concurrence et de complémentarité. La fiche sur les pays encore en marge de la mondialisation (Etats représentatifs de l’internationalisation mais pas de la mondialisation car exclus des circuits de sous-traitance qui pourraient les insérer dans l’espace mondial) mérite un plus long développement : sont distingués les Etats qui cherchent à s’intégrer (Pakistan, Mongolie), le Myanmar boycotté par Washington, et la Corée du Nord, camp retranché à l’échelle mondiale mais terrain fortement convoité et partagé par la Chine et la Corée du Sud à l’échelle régionale.
Même si la problématique générale de l’ouvrage est centrée sur l‘Asie et la mondialisation, le choix du découpage, du fait de la contrainte éditoriale qui est celle des fiches mais aussi des thématiques dégagées ou de leur organisation, rend confuse l’appropriation de lignes de force pour répondre au sujet.

En fait, il ne faut pas chercher dans cet ouvrage autre chose qu’un outil aisé de manipulation pour obtenir des informations sur des thèmes précis, un manuel utilitaire dont les 83 fiches répondent à des questions plus qu’elles n’en posent. La présentation autorise aussi la lecture en diagonale avec de nombreux titres et sous-titres, des mots clés en caractère gras.
Un outil que pourront consulter les étudiants pour les concours très certainement, mais aussi les enseignants pour y prélever des informations nécessaires et complémentaires à une lecture géographique de l’espace asiatique.

Janvier 2006, Copyright Clionautes