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Elisabeth Combres

L’ISLAM


Gallimard jeunesse. Collection Les Clés de l’info, septembre 2007.

CR d’un ouvrage présentant l’islam de manière très simple et didactique
Yves Montenay, géographe travaillant sur le monde
musulman

L’ISLAM

« Les Clés de l’info » se présentent comme une collection de « poche » qui donne aux jeunes les clés pour décrypter les grands sujets d’actualité, développer leur sens critique et donner du sens à l’information. Les livres sont brefs (64 pages format 14 x 19), peu denses et très illustrés. Ils ont pour ambition de dire l’essentiel très simplement.
Ils comprennent trois parties : « décrypter », « comprendre », « chercher ».

« Décrypter »

Ce livre s’ouvre sur un rappel de chiffres utiles et pertinents, et sur une définition de l’islam et des islamistes, simple mais correcte. L’affaire des caricatures ouvre le débat suivi l’un historique de l’islam, un peu édifiant mais sans erreur factuelle ou d’optique. De même « l’islam dans l’espace européen » renvoie chacune des parties à ses devoirs d’acceptation et de tolérance. Les fondements religieux, la vie sociale, le statuts de la femme sont correctement décrits ainsi que leurs variations géographiques. « L’islam en France » décrit les péripéties de la construction des divers courants et les influences étrangères. La page « les Frères musulmans » et l’islamisme, traitant de la violence et des relations entre la religion et l’Etat, dit également l’essentiel, toujours d’une manière un peu artificiellement « balancée »

Cette partie se termine par une carte de l’islam dans le monde (et son chiffrage). Elle est simple et claire, même si les chiffres datent un peu (les populations augmentent vite) et si les moyennes nationales occultent les conflits internes entre régions plus ou moins islamisées.

« Comprendre »

Ces pages définissent les principaux termes d’Achoura à Wahhabisme. Il est très heureusement précisé que le port du voile n’est pas prescrit par le Coran (qui insiste seulement sur « la pudeur »)

« Chercher »

Cette partie présente des textes et documents : photo de la mosquée de Cordoue pour l’âge d’or (idéalisé) de l’Andalousie, photo d’une madrasa indienne au dénuement total assortie d’un commentaire « équilibré », les « cinq piliers de l’islam », la constitution saoudienne (extraits faisant ressortir les mots « sunna » et « charia »), le credo des Frères musulmans, un texte moderniste, la réglementation française, parfaitement orthodoxe, de l’abattage rituel … Elle se termine par une liste de sites et un index.

On l’a senti, ce petit livre se veut simple, apaisant et équilibré ; il sépare soigneusement les extrémistes de la masse des musulmans. Ces objectifs sont atteints sans trop d’artifices et sans erreur.

Copyright Les Clionautes

Guellouz Azzedine

L’Islam

Fayard, Bibliothèque de culture religieuse, 2004, 137 p.

Petit ouvrage de la collection le fait religieux dirigé par Jean Delumeau, l’Islam du professeur de l’Université de Tunis Azzedine Guellouz, se révèle parfaitement adapté à tous les lecteurs qui souhaitent découvrir rapidement mais de façon très rigoureuse la seconde religion du monde et sans doute celle dont les adeptes progressent le plus rapidement, sous le double effet de la poussée démographique, et d’un prosélytisme qui rejoint des interrogations fondamentales sur l’homme et la Foi.
Bruno Modica
La division en parties de ce petit livre est à la fois chronologique et en même temps logique du point de vue du dogme. C’est d’ailleurs les dogmes et les croyances qui ouvrent cet ouvrage, avant que ne se pose le double problème, historique et théologique, de la transmission de ce message.

La division de l’Islam, des kharedjites, la première des scissions de l’Islam, à la grande rupture du Chiisme, permettent au lecteur de s’initier aux arcanes des différents courants de cette religion. En quelques pages, cela permet de se retrouver un minimum dans les arcanes des différentes obédiences du chiisme, des ismaïliens aux zaydites en passant par les duodécimains, majoritaires en Iran et en Irak. Par contre, les affrontements entre les uns et les autres, les persécutions des sunnites sur les courants minoritaires sont rarement évoquées.

On regrettera d’autant plus que certains courants sans doute très minoritaires mais en même temps importants au niveau local, ne soient pas mieux explicités. Cela aurait pu être le cas des druzes du Liban et des alawites de Syrie.

Finalement, et paradoxalement, le moins bien connu des courants de l’Islam, à la fin de cette partie reste le sunnisme, qui est quand même largement majoritaire. Ce courant est divisé en écoles, dépendant sans doute de points précis de l’interprétation de l’Ecriture.
On apprendra à cette occasion que les différentes écoles juridiques de l’Islam, malékites, hambalites, hanéfite et shahéfites peuvent se visualiser au moment de la prière. Les malékites, contrairement aux hambalites gardant leurs bras le long du corps.

L’absence de clergé officiellement constitué est tout de même spécifique à ce courant, tout comme son rapport particulier à la politique. De ce point de vue, l’ouvrage reste totalement muet, et en tout cas, insuffisamment explicite pour intéresser un historien.

La vie religieuse est déclinée du point de vue des cinq piliers, de la profession de foi au jeune, en passant par le pèlerinage. C’est sans doute dans cette partie que se trouvent le informations les plus intéressantes. Malheureusement, elles ne sont pas forcément précisées dans leur contexte, ni dans leur origine, par rapport aux deux monothéismes précédents. La référence à Abraham, Ibrahim, est à peine explicitée, et seul le ramy al-jimar, le jet rituel de trois fois sept cailloux en direction des idoles est expliqué du point de vue des divinités anté-islamiques auxquelles les fidèles se doivent de renoncer.

La fin de l’ouvrage traite en quelques pages de religion et de société et la question qui se pose ci est de savoir si ces quelques feuillets peuvent éclairer l’historien quand à la perception que l’Islam peut entraîner du point de vue du changement social. Le rappel utile d’un Livre qui ne prétend à aucun moment dispenser la communauté d’une construction juridique sert en effet une évolution visant à séparer le religieux du politique.

Les deux cent versets qui traitent de questions de société, et dont une partie seule intègre des notions juridiques, sont associés à des considérations d’ordre moral et spirituel. De ce fait, la tendance à prendre certains points de dogme et à les ériger en lois, est souvent favorisée et fait le lit des interprétations simplistes de l’Islam.

De la même façon, le lecteur restera sur sa faim en découvrant les lignes consacrées aux droits de l’homme et à la place du politique dans le religieux, qui restent essentiellement théoriques.

Le rappel final à la tolérance, sur la déontologie du dialogue est sans doute aussi la marque d’une volonté d’apaiser les consciences, en insistant sur le fait que la contrainte de conversion n’appartient qu’à Dieu. Pourtant, à partir des hadith, les statuts particuliers, et discriminatoires, des gens du livre en terre d’Islam, sont aussi une réalité.

Ce petit livre est en effet d’avantage consacré au Coran et à la foi qui en découle qu’à l’Islam. Utile sans doute pour une première approche sur les fondements du dogme, il a d’avantage de chances de séduire le philosophe et le théologien que l’historien.

Bruno Modica Copyright Clionautes.

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