Ce numéro commence par « le retour à la complexité de l’histoire », puis décrit l’évolution des manuels des pays de l’Est (Pologne Hongrie Tchécoslovaquie Roumanie) vous et, à part, de la Russie où l’histoire est restée instrumentalisante.
Je me bornerai ici à la vue d’ensemble et à ce qui est relatif et à la France et dirai deux mots de l’un des articles « hors thème » sur les relations entre Jean-François Revel et la gauche française, bien que ce numéro comprenne d’autres informations dont de nombreux comptes-rendus d’ouvrages en rapport avec le communisme.

Manuels scolaires et passé communiste

Bref historique à l’Est
Illios Yanakakis rappelle pour commencer que l’instauration des régimes communistes se traduisit par le renvoi de milliers d’instituteurs et professeurs remplacés par les « cadres ouvriers », et par un numerus clausus et une sévère sélection selon l’origine de classe pour les études secondaires et supérieures. Le marxisme-léninisme devint une épreuve éliminatoire. Je passe tous les changements de programmes qui eurent lieu au fur et à mesure des purges et des « variations » staliniennes. Les nouveaux
programmes, après tâtonnements dans les années 1990, sont maintenant normaux, sauf en Russie, même si quelques points désagréables, tel l’antisémitisme polonais, sont évoqués rapidement.

En France
Le chapitre sur l’évolution des programmes français intéressera plus directement les Clionautes. Il me rappelle bien des souvenirs : tout ce qui venait d’URSS était pris au pied de la lettre, y compris les statistiques pourtant « très officielles ». Je n’aurai pas la cruauté d’entrer dans le détail. L’auteur souligne que l’évolution des manuels français a pris de nombreuses les années de retard sur l’évolution des intellectuels de gauche et sur l’état de la connaissance, les premiers ayant « viré » dans les années
1990, alors que les seconds l’avaient largement fait dans les années 1970 (et bien sûr depuis bien plus longtemps, voir toujours, pour beaucoup). Mais c’est maintenant fait, et les manuels actuels sont « enfin très bons » pour ce qui concerne l’histoire de 1917 à 1990.

Revel et Miterrand
L’évolution vous des rapports entre Jean-François Revel et la gauche française est un écho la même époque. Revel et Mitterrand ont été réunis par l’antigaullisme, et l’écrivain avoue avoir été séduit par le futur président, qui le flattait (« votre oeuvre n’a pas le succès qu’elle mérite ») sans se dévoiler. Après une période de dévouement militant, notamment à l’occasion d’une campagne électorale très active, Revel fut de plus en plus réservé sur le programme économique de la gauche, et finit par être dénoncé comme « traître » ; l’évolution de Mitterrand quant aux pouvoirs du président, adoptant ce qu’il avait dénoncé éloigna encore davantage Revel.
(Les mémoires de Revel, « Memoires – Le Voleur Dans La Maison Vide », Plon 1999, donnent une version plus détaillée de ce mariage et de ce divorce, ainsi que bien d’autre infos … notamment sur la vie cachée du Tlemcen de l’après guerre … chut, les temps ont changé !)