MIGRATIONS INTERNES ET ATTRACTIVITÉ DES TERRITOIRES
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POPULATION & AVENIR - La revue des populations et des territoires

MIGRATIONS INTERNES ET ATTRACTIVITÉ DES TERRITOIRES

n°734 - Septembre-Octobre 2017

Nicolas Prévost
mardi 5 septembre 2017

"Population & Avenir, revue indépendante alliant rigueur et pédagogie, vous présente une analyse originale des enjeux actuels. Vous y trouverez une source d’informations, de réflexions et d’argumentaires amplement illustrés par des cartes, des graphiques, des tableaux, des schémas..."

EDITORIAL par Gérard-François DUMONT
EVOLUTION DES MENTALITÉS ET CHANGEMENTS DÉMOGRAPHIQUES
Les deux plus importantes mutations de la démographie de ces derniers siècles sont la hausse de l’espérance de vie et l’effondrement de la mortalité infantile dus aux progrès sanitaires, hygiéniques et techniques. Elles ont des conséquences politiques, économiques et influent sur les mentalités.
L’attitude des sociétés vis-à-vis des personnes âgées a par exemple changé. La "gérontocroissance" est maintenant vue comme un coût. Parallèlement on assiste à un phénomène de jeunisme et à une survalorisation des enfants. Pendant des millénaires, plus d’un nouveau-né sur quatre décédait avant son premier anniversaires ; et, un autre enfant, parmi les quatre, décédait avant d’atteindre l’âge adulte. La seule attitude était alors de conserver une certaine distance affective vis-à-vis de l’enfant en gestation. Les progrès qui ont permis d’abaisser la mortalité infantile et infanto-adolescente de 99% ont donc fait évidemment évoluer l’attitude affective des parents vis-à-vis de l’enfant, dès avant sa naissance.

DOSSIER par Pierre GRAPIN
LES MIGRATIONS INTERNES EN FRANCE : UN MARQUEUR ESSENTIEL DE L’ATTRACTIVITÉ DES TERRITOIRES
Les changements de lieu de résidence impriment très fortement la géographie de la population des territoires. L’évolution des taux annuels de migration interne permettent de tirer quelques enseignements. Les années 1980 correspondent aux prémices de la moindre attractivité du sud-est. Les années 1990 voient le début de la désaffection pour l’Ile-de-France. Depuis les années 2000, la hausse de l’apport migratoire interne au sud et à l’ouest est significatif. A l’inverse les départements du grand quart Nord-Est voient leur déficit migratoire interne s’aggraver.
Les facteurs explicatifs sont l’âge, le taux de croissance annuel moyen de l’emploi, la pollution atmosphérique, la proximité du littoral ou de la montagne, la part des maisons individuelles et la proximité des commerces. Le bien-être des enfants et le cadre de vie sont des facteurs de plus en plus importants dans la migration interne. Pour les seniors de 55 à 64 ans, une proportion significative de retraités souhaite vivre dans une région autre que celle de leur vie professionnelle. Pour les jeunes actifs, la recherche ou l’attente d’une offre d’emploi reste cependant la préoccupation première dans leurs choix migratoires.
A l’horizon 2025, un tiers des départements pourrait connaître une baisse de leur nombre d’habitants contre seulement 6 au cours de la décennie 1999-2008, surtout au nord-est et au centre de la France. On peut distinguer trois types de départements, montrant la permanence des fractures territoriales : les départements de la façade Atlantique attractifs (la Gironde bénéficierait du plus grand nombre de migrations internes), les grands perdants répulsifs en Ile-de-France, les Hauts-de-France ou le Grand Est et les départements avec une évolution moyenne en terme de migration interne dans la "diagonale du vide" (qui s’efface petit à petit en raison de l’augmentation du peuplement dans sa partie sud-ouest).
En conclusion, l’impact des migrations internes sur la dynamique démographique des départements est réel. La projection de la population à un horizon de 10 ans permet de prendre en compte les migrations qui s’opèrent au sein d’un territoire, indiquant une priorité plus marquée pour des territoires offrant une meilleure qualité de vie.

DOCUMENT PEDAGOGIQUE (libre de droits) :
TYPOLOGIE DES DÉPARTEMENTS DE FRANCE MÉTROPOLITAINE SELON LES MIGRATIONS INTERNES DE DEUX GROUPES D’ÂGE CLÉS : PROJECTIONS 2010-2020

EXERCICE PEDAGOGIQUE par Alexandre DUCHESNE
COMPRENDRE LA CHINE DE MAO EN ANALYSANT DES AFFICHES DE PROPAGANDE
Cette proposition s’inscrit dans le programme d’histoire des Terminales ES-L et S dans la partie concernant "La Chine et le monde depuis 1949". L’objectif est de voir comment la Chine s’affirme comme une puissance politique à partir de 1949 puis économique après les réformes postérieures à 1976 pour devenir une puissance complète aujourd’hui. Une étude de 3 affiches différentes (au début des années 50, en 1967 et en 1969) est proposée.

LE POINT SUR...par Laure SEMPLE
DUBAÏ 2020 : EXPOSITION UNIVERSELLE ET FABRIQUE DE LA VILLE MONDIALE
Petite ville dans les années 1960, Dubaï est devenue une métropole multimillionnaire. Elle accueillera une exposition universelle du 20 octobre 2020 au 10 avril 2021, ce qui doit lui permettre d’assurer une reconnaissance internationale et ainsi d’accéder au rang de ville mondiale. L’exposition doit non seulement attirer les touristes (25 millions de visiteurs prévus) pendant les six mois mais aussi avoir des effets durables. Le site couvre 438 hectares sur 4 km de long et 1,8 de large, à environ 35 km du centre-ville de Dubaï. L’Exposition est perçue comme un "levier urbanistique" pour créer une nouvelle centralité urbaine et intégrer Dubaï et plus généralement les Émirats Arabes Unis dans la mondialisation. "Le site servira donc de base à un projet d’usage mixte, habitations et espaces commerciaux, constituant le legs de l’exposition." Le village de l’Exposition universelle servant à accueillir ceux qui animent l’évènement, sera maintenu comme quartier résidentiel et commercial autour d’un nouvel aéroport. L’émergence du nouveau quartier doit donc participer au rayonnement mondial de la ville. Mais l’auteur pose à juste titre la question de savoir si l’Exposition Universelle sera un "stimulateur temporaire ou durable" ?

ANALYSE par Olivier DA LAGE
L’INDE : QUELLES GÉOPOLITIQUE RÉGIONALE POUR UN GÉANT DÉMOGRAPHIQUE ?
"Géant démographique, comment l’Inde se situe-t-elle et évolue-t-elle dans son contexte géopolitique régional ?", telle est la problématique de cet article. L’Inde indépendante entend jouer un rôle régional et mondial depuis sa participation en 1955 à la conférence de Bandung, réunissant 29 pays asiatiques et africains décolonisés.
Mais pour asseoir sa crédibilité à l’échelle de la planète, l’Inde doit d’abord maîtriser son environnement. Pourtant, ses relations avec ses voisins sont tendus : conflit ancien avec le Pakistan, "paternalisme étouffant" avec le Népal ou le Bhoutan...
L’autre défi, et le plus important, est sa rivalité avec la Chine. Cette dernière possède pour l’instant de plus importants moyens financiers pour mettre en place ses projets : "nouvelles routes de la soie", "collier de perles" et se poser comme la puissance régionale et mondiale qui devrait dominer la fin du XXIème siècle. L’Inde essaye donc d’étendre sa politique régionale à partir de l’ensemble océanique qui l’entoure et porte son nom : l’océan Indien. Elle essaye ainsi de nouer des relations de plus en plus profondes avec l’Iran ou les pays arabes du Golfe par exemple.

Par Nicolas Prévost

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