Un manuel pour préparer le concours de l’ENS-Lyon

Avec plus de 500 pages, de très nombreuses cartes et graphiques, ce manuel sur la question au programme pour l’épreuve de géographie du concours d’entrée à l’ENS Lyon est volumineux. Sous la direction de Laurent Coudrier (agrégé de géographie et enseignant en CPGE à Arras) et d’Erwan Le Goff (agrégé de géographie et enseignant en CPGE à Saint-Brieuc), l’équipe de 21 auteurs dresse un panorama quasi-exhaustif de l’ensemble des problématiques géographiques de la région.

La question sur les mondes indiens se caractérise par l’étude de 7 pays d’Asie du Sud : l’Inde, le Pakistan, le Bangladesh, le Bhoutan, le Népal, le Sri Lanka et les Maldives. Les diasporas indienne, pakistanaise, sri lankaise ou bangladaise ne sont pas étudiées dans ce manuel car elles sont considérées comme n’étant pas dans le programme selon la lettre de cadrage« Bien que l’expression « mondes indiens » puisse également désigner les diasporas sud-asiatiques, présentes bien au-delà des frontières de la région, ces dernières n’entrent pas dans la question. » https://geoconfluences.ens-lyon.fr/programmes/concours/mondes-indiens-ens-lyon-2026-ressources.

Le sommaire, très riche en matière de contenus, définit d’abord une série de repères permettant de caractériser la région. Ce « quasi-continent » (F. Durand-Dastès) est en mutation. A la fois fortement intégré dans la mondialisation et marqué par d’importantes inégalités socio-spatiales, les pays des « mondes indiens » mettent en place différentes stratégies d’émergence : renforcement de corridors de développement (China-Pakistan Economic Corridor), essor du tourisme (Maldives, Népal), profonde transformation des modes de production agricoles.

Le pluriel de mondes indiens ne doit donc pas, sous prétexte de prendre en considération la diversité de l’Asie du Sud, oublier de révéler que ses acteurs sont tout aussi cosmopolites, ouverts sur l’extérieur et ce, sur le temps long, ayant même initié des mondialisations distinctes des mouvement d’expasion, de colonisation et d’échanges des Européens.

Source : Extrait tiré du livre publié chez Atlande, 2025, page 45

Après une importante série de monographies régionales (Himalaya, fleuves, Sri Lanka, Maldives, Océan indien, et métropole de Dehli), l’ouvrage se termine par de nombreux zooms (le yoga comme outil de soft power, le Bonheur National (BNB) au Bhoutan, les Rohingyas réfugiés au Bangladesh, le trekking au Khumbu, le port sino-pakistanais de Gwadar, le quartier de Dharavi ou encore la stratégie de Tata à l’échelle mondiale).

Plusieurs mises au point peuvent être mobilisées par les professeurs de collège ou de lycée. Par exemple, le chapitre sur les Maldives, écrit par Damien Surget, aborde de façon simple les risques, les mobilités touristiques et les pressions engendrées sur l’environnement, ce qui serait adaptable en classe de Seconde.

Les Maldives sont constituées de plus de 1200 îles, réparties sur 26 atolls qui s’étirent sur plus de 800 kilomètres du nord au sud et une centaine de kilomètres d’est en ouest. Chaque atoll est constitué d’un anneau d’îles coraliennes qui enserrent un lagon central souvent peu profond. L’archipel est relativement éloigné du continent, à un peu plus de 600 kilomètres à l’ouest et au sud-ouest des côtes de la province indienne du Kerala. Il se situe cependant à proximité de la grande route maritime qui va de l’Europe et du golfe Persique vers l’Asie orientale, ce qui fait des Maldives un territoire stratégique pour les grandes puissances régionales que sont le voisin indien mais aussi la Chine. Il est par ailleurs caractérisé par son morcellement géographique, puisque les atolls sont disséminés sur d’importntantes distances et parfois mal connectés par les réseau de transport. Il faut parfois plusieurs heures de bateau pour rejoindre les iles situées dans les atolls les plus éloignés, peuplées de populations villageoises traditionnelles.

Source : Extrait tiré du livre publié chez Atlande, 2025, page 328

Les textes ont l’avantage d’être courts, relativement compréhensible à la première lecture pour un collégien ou un lycéen, et de reposer sur des exemples localisés. Le zoom sur la ville népalaise de Katmandou présente l’avantage d’être particulièrement synthétique pour le programme de Seconde ou de Première afin d’aborder les « paradoxes d’une métropole himalayenne en transition ». Les enseignants préparant l’agrégation interne d’histoire-géographie pourront s’appuyer sur le chapitre dédié à l’Himalaya pour construire des exemples solides dans une dissertation ou une étude de document à propos de l’environnement (forme des mises en valeur, pente, tourisme, ressources).  

Ce manuel solide s’appuie sur les références épistémologiques les plus récentes. Au-delà de la préparation à l’entrée à l’ENS de Lyon, ce volumineux manuel est un recueil précieux, sans équivalent en langue française, pour la conception de cours (collège, lycée) et la préparation de concours (Capes, Cafep-Capes, agrégations).

Pour aller plus loin :

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